N-Y, OCT / NOV 2018
MÉTÉO : La neige s'est installé sur la ville. Tout comme le froid, une légère brise fraîche. De temps en temps un peu de pluie ou un peu de soleil au travers des nuages blancs. L'hiver s'est installé.

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We Fall to Rise...[Dane Whitman]

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Dim 7 Oct - 2:57
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Things aren't as pretty on the inside. - NIN

La mer déferlait sur les berges de sable avec férocité. Attirées par la pleine lune, l’eau sombre accourait sur les parois rocheuses qui entouraient le pont. Une vingtaine de saules pleureurs bordaient le récif qui avait connu plus d’un suicide. Cet endroit possédait la réputation d’être hanté par des dames blanches et des démons. Une fois le zénith éteint, la population craignait de s’approcher de cette localisation. Toujours en rénovation, les surfaces métalliques craquaient par moments : comme n’importe quel pont. Certes il demeurait très célèbre. D’une hauteur terrifiante, le pont de Verrazano-Narrows qui unissait New York à Staten Island était bordé d’un chemin piétonnier qui déversait sur un parc moderne – inspiré du courant nouveau gothique. Cinq structures en pierre permettaient aux passagers de s’émerveiller, et d’y organiser des randonnées ou des promenades.

Éclairées par des lampadaires en marbre blanc, la nuit s’annonçait splendide : aucun nuage, des vents forts et colériques, une pleine lune opalescente – perle des cieux. Personne n’y circulait. Minuit était l’heure morte. Une Audi S5 rouge se stationna près du pont, à moins d’un kilomètre, et une silhouette champêtre en sortit. D’une fierté écrasante, sa grâce perçait le seuil de la nuit avec son apparence fantomatique. Le conducteur décolla aussitôt la passagère sortie – ses yeux hypnotisés témoignaient de la frayeur pure. Un baluchon sous le bras gauche, et une cage dans la paume droite; Kara traîna des pieds jusqu’au fameux pont. Son masque de soie blanche y incrusta ses prunelles un long moment. L’hésitation et la terreur y trônaient.

Agenouillée devant la rambarde du pont, elle prépara le matériel de son nouveau rituel: une cinquantaine de chandelles longues sur la balustrade, des rubans égarés sans compter ceux de sa robe satinée, la cage en métal argentée ouverte et prête à libérer son contenu, ses chaussons en place, l’ambiance classique d’un duo violon-piano sur un mini-stéréo portatif, et moult accessoires romantiques. Une fois tous les éléments à leurs places respectives, ses mains se joignirent afin de formuler une prière. Un simple murmure dans le vent, sa voix s’effaça doucement. Relevant son masque vers la lumière lunaire, elle fronça ses yeux voilés de dentelle : parmi leur indigo puissant séjournait une poussière d’émeraude – semblable à des pépites fluorescentes. Cette douleur la pétrifiait depuis l’entrée de drogues étrangères dans son organisme. Les effets secondaires commençaient à être nombreux. Provoquant une peur éternelle chez elle, la mutante se contenta de taire son cœur. Promenant son faciès de gauche à droite, Kara franchit la bordure de la balustrade en tenant ses habits de ses deux mains.

Une colombe blanche sautilla hors de la cage, vint sur le bras de la jeune dame blanche qui lui donna une miche de pain. Prenant un quart d’heure pour fraterniser avec l’animal, le cajoler, même l’embrasser au vol.
« Prend ton envol, Mignonne! » chuchota-t-elle afin de ne pas briser le silence splendide qui prônait cette occasion. Debout sur la rambarde, la jeune femme releva sa jambe droite jusqu’à son crâne puis recommença du côté gauche. Les bras étendus, elle fit la roue parmi les petites flammes – son foulard de soie claire prit feu, y comprenant plusieurs filaments de sa robe. La silhouette se transforma bien assez tôt en une toupie de dentelles enflammées. Portant plusieurs épaisseurs, elle avait encore une dizaine de minutes avant de prendre feu complètement. Ses membres dansaient sans relâche, ne savant que s’exprimer par leur gestuelle mille fois exécutée. Un tour sur elle-même devint rapidement des triplées, des arabesques risquées accompagnées de sauts angéliques. Ses boucles mouillées glissèrent au cœur de l’incendie qui la vêtit. Ne cachant guère sa nature de danseuse, ses jambes caressèrent la pierre, parfois d’une brûlure supplémentaire, d’autres d’une énième éraflure dont le sang violet colorait les lieux. D’un rythme ahurissant, son profil dessina une partie du pont avant de s’immobiliser. Sa main droite libéra son poids de source inconnue, pendant que son corps se plaçait déjà pour

le coup de grâce.

Concentrée sur les échos marins, la mutante prit son envol à son tour : un triple tour lui valut de sentir une brûlure vive au niveau de son bras gauche. La mutante, en belle chute libre, se libéra de son enveloppe champêtre. La robe-emballage s’ouvrit des deux côtés de la jeune femme avant de la quitter d’un bond. Le tissu voleta un instant avant de chuter à son tour. Kara Killgrave fixait les vagues, se laissant bercer au cours de ces nanosecondes rares et précieuses. Ouvrant ses bras pour enlacer l’eau en furie, ses récifs et sa fureur déchaînée, la jeune mutante libéra des larmes en closant ses paupières l’espace d’une seconde. Elle arrivait bientôt au milieu de son manège : toutefois, la pensée de sa mère lui déchira le cœur une autre fois avant de craquer en sanglots pendant sa descente intensive et perpétuelle. Or, sa fin approchait à grands pas.      



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Lun 8 Oct - 9:22
La nuit est froide et humide.
Il aime ça.

Les ténèbres règnent, les gens sont loin. La zone n’est guère connue, et encore moins appréciée. Les new-yorkais fuyaient généralement cet espace, notamment quand le Soleil se couche, et que les mauvaises rencontres sont de plus en plus probables.
Lui ne les craint pas ; cela fait des années qu’il ne craint plus.
Peut-être parce que, au fil du temps, il est devenu l’une de ces mauvaises rencontres.


« Hrm. »

Il grogne, et grimace.
Puis rabat le col de son long manteau noir, pour le protéger du vent ; fichu vent, pense-t-il. Mais au moins n’est-il pas rongé par le sable, c’est déjà ça.

Lentement, ses pas le guident le long des berges, au pied du pont ; qu’il regarde à peine.
Le regard fixé vers le sol, il avance. Les mains dans les poches, il avance. Les chaussures qui traînent au sol, entre l’herbe et la plage, entre les quelques constructions et l’eau… il avance.
Sans un coup d’œil en arrière. Sans une attention aux alentours.
Il avance, point.


« Humf. »

Il soupire, et secoue la tête.
Fichu vent. Fichue soirée.
Alors qu’il s’est établi dans un hôtel, alors qu’il a commencé à reconstruire… non, à construire son existence, une nouvelle existence, après que les deux précédentes aient été anéanties ; bref, alors qu’il essayait de se remettre et de passer une bonne soirée… il n’a pas pu. Il n’a pas pu supporter.

Il n’a pas pu supporter de rester à l’intérieur ; il a dû sortir.
Il a dû sortir – ou alors, il aurait tranché la tête de ses voisins trop bruyants ; littéralement, tranché.

Il est sorti, alors. Il avance.
Il se sent mal.
Car il se sent seul ; et il sait que cela ne changera pas.

Dane Whitman, le jeune génie en électronique plein d’avenir et employé de Stark Industries, est mort ; il a disparu, quand il a hérité d’un château et d’une lame maudite, qui l’a propulsé directement dans le Passé.
Le Chevalier Noir, le guerrier sombre et violent affrontant autant les Croisés que les Arabes à la fin du XIIe siècle en Terre Sainte pendant six ans, est mort également ; il a disparu quand ses six années d’exil ont pris fin, et qu’il a été ramené ici.

Tous deux sont morts. Tous deux avaient des vies, qui ont disparu.
Ne reste que lui.
Lui… et un vide, absolu, qui règne dans son cœur. Qui hante son âme, et le pousse à se couper de tout – de tous.

Il n’est pas bien, clairement. Il souffre de stress post-traumatique, et ne s’en remet pas.
Il n’est pas bien. Il souffre. Il est une âme en peine.
Et, s’il a besoin d’aide… il n’en veut pas ; il n’en veut plus. Il veut juste être seul – seul ici, seul face à cette eau si pure, si belle, si sombre, si solit…


« Hein ?! »

Par hasard, il tourne sa tête pour voir le fleuve ; par hasard, il la voit.
Elle.


« Mais. »

Une forme – féminine, il peut en jurer.
Une forme, qui se jette du pont. Une forme, qu’il voit bien tout en haut – et qu’il voit se jeter ; du pont. Devant lui.
Elle. Se. Jette. Du. Pont. Devant. Lui.


« Putain. »

Il fallait que ça arrive ; il fallait que ça lui arrive.

« Putain de merde. »

Il grogne, jure, l’insulte en son for intérieur – en arrachant son long manteaux noir, et en filant vers les flots.

« PUTAIN ! »

Il enlève ses chaussures, et plonge dans l’eau ; puis nage.
Jadis, il n’était pas bon nageur – mais six années en Terre Sainte l’ont changé. Ont tout changé.

Il nage, alors. Il se précipite. Il va aussi vite qu’il le peut.
Il arrive vers elle. Il arrive vers le lieu d’impact.
Et il plonge.
Il plonge, pour filer vers elle. Il plonge, pour la récupérer. Il plonge, pour s’emparer de ses bras – et battre des pieds, et la ramener.
Il plonge, il la prend, il la ramène ; à la surface.
Et nage, encore, pour l’amener vers le sol, vers la terre ; vers la terre ferme.
Et il y arrive, pour la rabattre dessus… et commencer le massage cardiaque. Qu’il pensait avoir oublié, mais dont les gestes reviennent.

Il jure. Il peste. Il l’insulte.
Mais… il a nagé, il a plongé, il l’a prise, il l’a ramenée à la surface, et l’a amenée sur la terre ferme ; et la masse, et lui fait du bouche-à-bouche.
Il la sauve. Il essaye.
Et il espère, franchement, la ramener ; pour pouvoir l’engueuler, comme il le faut, pour ce qu’elle lui impose !

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Mar 9 Oct - 7:57
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

I'm running from demons that won't let me sleep. - Sia

Noyée dans les yeux de l’océan.
L’entité de Sa Liberté.
L’entière allure de Sa Sainteté.
L’encre berce ses rêves,
Ses sombres vérités.

Au milieu de l’eau sombre et opaque, la jeune femme perdit vie lors de la deuxième vague. Ses lèvres burent l’eau salée pour remplir ses poumons. La paix l’envahissait lors de ce laxisme si simple, si naturel. L’âme quitta son vaisseau, pendant que ses bras demeuraient enlacés sur sa propre personne. Soudain, Kara ressentit l’empreinte de Mélanie Killgrave qui la berçait tous les soirs en lui tressant les cheveux. Une crinière rousse qu’elle n’avait jamais eu la permission de colorer ou même de couper d’un seul pouce…Son esprit quitta ce doux souvenir avec un regret amer lorsqu’elle sentit une poigne forte s’emparer de ses bras, la tirer. Une telle force l’impressionna sur l’instant avant de s’abandonner entièrement.  

Ce fut sa dernière sensation physique avant de retrouver ses matins infernaux en prison : son masque qui l’empêchait de respirer, de parler, les mains baladeuses des gardiens, les coups de fouets, leurs tests, leurs mutilations, l’isolement auquel elle avait dû survivre pendant un mois à son arrivée, les drogues utilisées pour la faire obéir et tant d’autres que Kara n’osait plus se nommer à elle-même…L’eau qui coulait en elle devenait son sang, et se jumelait à ses parois. Son âme refusait d’être sauvée. Le dernier désir qui hantait chaque fibre de son corps fut de rejoindre toutes les âmes qu’elle avait blessées – et davantage; accidentellement assassinées. Au sein de toute cette détresse psychologique, des bras la tiraient des ténèbres maladroitement. Tels des sables mouvants, les vagues aspiraient sa tête sous l’eau. Glacée, la peau violette de la jeune damoiselle devint d’un lilas argenté. Le masque qui recouvrait son visage coula au fond du fleuve, tandis que Monsieur Whitman ramenait Kara en direction de la rive tant bien que mal.

C’est alors que le faciès d’une autre fillette se profilait au sein de sa pensée. Une énième vague avala la jeune femme qui faillit quitter l’emprise du Chevalier Noir quand il put la rattraper au dernier moment. Sans souffle depuis un moment, son cerveau perdait peu à peu le sens des images. La voix de Laoghaire WinterBottom revint la hanter – celle qui s’était jetée d’un pont pendant qu’elle le thé nonchalamment avec ses amies. Une colère pré-adolescente issue d’une dispute ridicule l’avait privée de sa meilleure compagne de danse. Sa malédiction frappait tout le monde, et les amenaient à une mort éventuelle. Lorsque son sauveur l’abattit sur la rive, le corps de la jeune mutante craqua au niveau du thorax – spécifiquement près de la région costale. Cette silhouette de moins de cent dix livres semblait des plus fragiles une fois à proximité. Tout laissait deviner une alimentation d’eau fraîche et de liberté. Son thorax arborait deux cicatrices notoires : la première étant une ligne profonde sur le côté gauche d’environ douze centimètres de long – une blessure d’arme blanche – la seconde étant celle d’une chirurgie cardio-thoracique qui était délicate, mais démarquait nettement tout le pourtour de sa poitrine et son milieu.

Des mains pressèrent son soi-disant cœur, et toutes les histoires oubliées qui entouraient sa surface. Longtemps, le vaisseau de Kara Killgrave ne répondait pas. Les tentatives du Chevalier Noir s’avéraient infructueuses devant l’inanition de la jeune femme à l’épiderme étrangement violacé – et variable au niveau des tons. De l’air est soufflé par sa voie buccale, maintes fois et sans succès. Or, une fois de plus, au compte de trente pressions qui éveillèrent ses poumons, sa bouche se détourna de la sienne afin de renvoyer l’eau salinée hors d’elle. Le souffle commença par sifflements puis ses yeux demeurèrent clos. Une migraine la saisit. Mademoiselle Killgrave se croyait ailleurs, loin de Sa réalité : son superhéros favori était présent– cette saveur de métal l’attendait au cours de cette même minute. Kara embrassa celui à ses côtés d’un bond, sans daigner ouvrir ses yeux pour confirmer l’identité de ce dernier. La douleur au cœur de son crâne et de sa poitrine persistait – avec un élancement au niveau de ses côtes aussi. L’instant suivant, damoiselle Killgrave ouvrit ses paupières spontanément. Un élément différent provoqua son éveil.

Un être humain. Un étranger. Un inconnu. Dont la colère semblait colorer tout son visage. La jeune femme recula. La timidité vint hanter ses tempes, et détourner son regard sur la terre renversée. Le goût du sang sur sa bouche interrompit sa gêne. Sa main droite vint en cueillir quelques gouttes. La colère de l’individu se manifesterait probablement de manière verbale, tandis que la céphalée de la jeune femme s’intensifia. L’ensemble des attraits de cette situation fit flancher ses nerfs, et sa tête vers l’arrière. Une dizaine de pensées fusèrent sans son consentement, pendant sa pensée reprenait le contrôle de son vaisseau. Dès lors, Kara éclata en sanglots. Une main sur le cœur, et l’autre lui permettant de se redresser avec maladresse. N’arrivant pas à prononcer un seul mot, la mutante se détourna. Un dos lacéré d’autres cicatrices se dévoilait, une chair dévastée à coups de fouet et épicée de rage humaine – le tableau s’avérait décoré d’une boucle blanche au niveau des reins et de dentelle en encadrement.

Des citoyens se tenaient en troupe, une trentaine, au sommet de leur horizon. Dans le clair-obscur des lampadaires du parc, Kara les regarda tous avec désarroi. Chacun, homme et femme, garçon et fillette, tenaient des lames de toutes les grandeurs. Une douzaine montrait clairement leurs armes à feu. Sans bouger d’un centimètre, Kara se concentra sur tout le monde. Des larmes coulaient sur ses tempes, alors que les tremblements de ses mains cessèrent. Cette apparition dura moins de cent vingt secondes, et chaque victime de la malédiction Killgrave rentra doucement chez soi. Ils choisirent tous de déposer leurs moyens de défense et de quitter les lieux. À la suite de ce fâcheux accident, la mutante perdit toute son énergie en s’effondrant sur ses genoux. Tant de contrôle l’avait éreintée. Tremblante, la jeune damoiselle écouta le son des vagues avec calme en estompant l’hémoglobine qui coulait toujours de ses lèvres.



Sans réussir à formuler un seul mot, ses larmes témoignèrent à sa place. Derrière ses pupilles indigo terrassées d’émeraude se cachait une anxiété généralisée, une détresse puissante et une fatigue immense devant l’exigence de son propre pouvoir. Toujours soumise à sa migraine, Kara regarda le Chevalier noir longuement – et la couleur fluorescente de ses pupilles commença à percer le voile nocturne. Il résidait une intensité rare au sein de ce regard. Cependant, une once d’hésitation la traversait. Le prototype et les copies du vaccin Anti-Killgrave étaient complets. Prêts à l’emploi. Approuvés par cinq personnalités populaires du monde de la science en secret. La continuité était assurée. La seule menace laissée; elle-même.

« Monsieur, veuillez me pardonner. » Des mots, enfin. Des cadeaux délivrés avec calme et douceur dans cette situation étrange et cette température torrentielle. Une voix piétinée mille fois, brisée et violée qui formulait chaque syllabe avec une misère percutante. Sa droiture n’en demeurait que davantage terrifiante. Elle avala sa salive, repoussant ses longues bouclez violacées derrière son épaule. Ses côtes se soulevaient avec difficulté, pendant que ses jambes se rapprochaient du fleuve. Le vent soulevait son châle champêtre cousu à ses poignets et à ses coudes. Sa robe en lambeaux couvrait à peine son corps maculé d’un passé outrageant et unique. « J’ai rempli mon rôle. Ma vie est une menace à autrui. J’ose m’offrir un présent : celui de quitter le nôtre. Je veux la paix, la vraie paix. » La mutante s’approcha du Chevalier noir, et retira une croix de son cou. Il s’agissait d’un collier en argent de sa mère – lourd et massif. Ses mains violacées aux ongles rouges insistèrent pour le déposer au creux de la paume de l’homme devant elle.

« Je suis une menace pour tout le monde. Je ne veux plus me battre pour une vie que je n’aurai jamais. » Une répétition. Sur ces adieux, Kara Killgrave se détourna de l’inconnu afin de courir en direction du fleuve. Déjà, elle s’y trouvait engloutie jusqu’aux genoux – et ce, telle une colombe se précipitant vers la liberté ultime.  



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Mer 10 Oct - 14:04
Il ne se contrôle pas ; il ne se contrôle.
Il agit, il fait.
Et ne réfléchit même pas à ce qu’il fait.


« Hrm. »

Il grogne, souvent, et beaucoup. Il s’acharne, et ça n’est ni agréable, ni plaisant.
Car ça se passe mal.

Jadis, Dane Whitman a été un étudiant appliqué du campus de Stark Industries, décidé à devenir un employé fidèle après avoir été un petit génie de l’électronique. Il a alors appris beaucoup de choses, et a notamment suivi de nombreux cours de secourisme – lancés par prévention, et devenus désormais indispensables, après toutes les agressions et toutes les crises subies par le monde depuis des années.
Jadis, donc, il était très doué dans ce domaine, et capable de réaliser ces actes sans difficulté.
Mais… c’était jadis.


« Humf. »

Depuis, les choses ont changé.
Depuis, il a changé.

Depuis, il a plongé six années dans l’enfer de la fin du XIIe siècle, en plein cœur des Croisades, et l’homme sachant comment sauver une vie, a appris comment en prendre ; beaucoup, efficacement, et même avec un certain détachement.
Evidemment, de tels actes, de tels apprentissages sont inscrits profondément en lui – comme le vélo, l’on n’oublie jamais cela.
Cela revient, donc. Mais difficilement. Lentement. Douloureusement.


« Allez. »

La nuit est sombre. Les rebords, les berges également ; il ne voit pas vraiment ce qu’il fait, ce qu’il se passe. Il s’en tient surtout à ses sensations, aux relevés du touché et des quelques visions fugaces, qu’il entrevoit au fil des minutes qui s’écoulent.
Et, en soi, il n’aime pas non plus ce qu’il voit.

Des traces ; des cicatrices.
Certaines réalisées suite à des opérations ; certaines subies suite à des agressions. Toutes violentes. Toutes brutales. Toutes désagréables, au touché – il n’ose, alors, imaginer ce qu’il en a été de les subir.
Il voit, donc. Il les voit, il les sent.
Il continue, bien sûr.
Mais il sait.


« Grum. »

Il sait qu’elle a des soucis – plus, encore, que ceux qui justifient de se jeter dans le vide ; il sait qu’elle a été abusée, qu’elle a été agressée, qu’elle a été maltraitée.
Il sait, oui. Et s’il continue… s’il continue, il le fait encore plus fort, encore plus vite.
Les vêtements ont été arrachés, non pas dans un but lubrique, mais pour aider ; ils le seraient d’avantage, s’il le pouvait. Il sait. Il a vu. Il a senti.
Il sait.
Et ça l’énerve.


« Hrm. »

Mais.
Mais alors qu’il continue. Mais alors qu’il s’acharne. Mais alors que les gestes sont plus durs, plus forts, presque plus agressifs.
Alors qu’il s’énerve.
Il s’arrête.
Car elle… reprend.


« Ho. »

A peine la jeune fille se glisse-t-elle sur le côté, pour régurgiter, que lui recule ; bondit en arrière.

« Ha. »

Elle reprend ; elle respire. Elle crache. Elle respire.
Elle vit.
Il a réussi.


« Ha… ha… ha… ha… »

Et il halète.
Il reprend sa respiration, difficilement. Il se rend compte, après le shoot d’adrénaline, qu’il est exténué ; au-delà de la fatigue.
Il a mal, dans les bras. Ses muscles sont endoloris. Il respire difficilement.
Il vient de réaliser un effort intense – terrible. Extraordinaire. Qui n’était absolument pas prévu.
Il halète, il perd pied… et a besoin de plusieurs longues secondes pour se reprendre.

Ce qui justifie sa quasi-absence. Ce qui explique le blanc, qu’il vit, avec ce bourdonnement dans les oreilles, ces vertiges, ce malaise.
Ce qui, en soi, lui permet de se dire que… non ; non. Il a dû se tromper. Il n’a pas bien vu. Il n’a… pas pu voir, non, là-haut, des gens armés.
Non. Non, non, non, non.
Ce n’est pas possible. Ce n’est pas vrai. C’est… une erreur. C’était… c’était pas ça, vraiment.


« P’tain. »

Son souffle revient, le contrôle aussi ; sa vue également.
Il redresse le visage, lui qui est à genoux, et file la jeune fille. Il la fixe, oui ; et l’entend.
Mais n’aime pas ce qu’il entend.


« Mais… »

Elle s’excuse.
Elle présente ses excuses, avec un vocabulaire riche et des manières ; de bonnes manières.
Mais, si la forme convient, c’est bien le fond qui le gêne ; l’énerve.


« Mais qu’est-ce qu… »

Il ne comprend rien. Il ne veut rien comprendre.
Mais s’empare, malgré tout, du collier transmis par la jeune fille – qui, néanmoins, se redresse ; se relève.
Et se met à courir !


« P’tain. »

Dane se relève, aussi. Malgré les douleurs, les vertiges, la fatigue, le malaise.
Il se relève, alors que la fille se précipite directement vers… les flots ; encore. Toujours, les flots.


« Mais p’tain ! »

Il ne comprend pas, ce qu’elle a dit ; et, là, il s’en fiche.
Il court.
Il force son corps fatigué, endolori, exténué – et court. Il force son corps, s’acharne, serre les dents, et… lâche les chevaux. Littéralement.

S’il est revenu blessé, avec quelques douleurs par-ci et par-là, il… est néanmoins revenu différent, d’avant son départ.
Dane Whitman est, littéralement, l’exemple-type de la condition physique optimale, pour un Humain normal ; vraiment. Il est au top de ses niveaux, de ses capacités, de ses forces, de son endurance, de son potentiel.
Il court, alors, oui.
Mais il court… vite. Et bien.
Et vite, vraiment.


« HEY ! »

Au point de la rejoindre, quand l’eau monte aux genoux de la fille.
Au point de s’emparer de son bras, sans douceur.
Au point d’utiliser sa force, pour la rejeter en arrière – et la projeter, comme une poupée de chiffon, plusieurs mètres en arrière.


« ÇA SUFFIT ! »

Serrant toujours le collier dans ses mains, Dane arrête difficilement sa course dans l’eau ; puis se tourne vers elle, désormais dans le sable, sûrement les fesses dedans, troublée et peut-être courbaturée.
Il s’en fiche. Elle l’a énervé.
Mauvaise idée.


« TU RESTES ICI ! OKAY ? »

Difficilement, du fait du courant, Dane s’approche des berges ; il remonte, et s’approche d’elle.
Il est énervé – mais il la voit ; et se souvient, ce qui arrive.
Puis se calme, bien sûr.


« Je… pardon. Je suis désolé. Je… je suis Dane. »

Il soupire, et parle soudain tout doucement.

« Et si… et si on s’posait, juste deux minutes ? »

Il vient s’arrêter, devant elle ; exténué, dégoulinant d’eau.
Mais debout.
Et, franchement… prêt à reprendre la course, si elle recommence.

Elle ne mourra pas, ce soir.
Quoi qu’il arrive, elle ne mourra pas !

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Ven 12 Oct - 9:59
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

I'll keep getting up the ground when you let me down. - Sia


La liberté l’envahit avec une simplicité qui lui donnait un sourire splendide. Or, l’inconnu la suivit – et brisa son seul instant de bonheur. La colère exhalait de sa personne, et une fois arrivé à proximité, la jeune femme ne sentit plus son bras droit. Elle se retourna vers un être humain colérique : prêt à l’attaque, agressif, avec le Syndrome d’Invincible. Une poigne de fer oppressa son avant-bras qui commença à prendre une couleur turquoise, rosacée et bleuâtre. La séquence de sa vue coupa, mais son atterrissage fut digne d’une invertébrée. La meilleure qui puisse être. Elle virevolta, dut rouler dans le sable plusieurs fois et finir à plat ventre. Lorsque ses paupières embrassèrent les grains blonds, sa tête se secoua de gauche à droite. Sans succès. Son visage restait décoré d’une couche très épaisse de sable mouillée.

Kara écouta l’eau et son courant, le vent qui s’était calmé, l’humain qui lui ordonnait de rester là, un être qui se déplaçait dans sa direction. Pendant ce temps, la jeune femme n’osait pas ouvrir les yeux ou la bouche. Elle tâta les alentours à quatre pattes. Des excuses provoquèrent la surprise chez la mutante qui craignait d’utiliser son pouvoir à son insu à tout moment. Il formula d’autres phrases que Mademoiselle Killgrave écouta Dane attentivement afin de ne pas le choquer – oui, cet homme avait trouvé le contexte idéal afin de se présenter. Ses mains se posèrent sur des pieds humides vêtus de chaussettes. Aussitôt, Kara se mit à genoux et indiqua son visage immaculé de sable au trentenaire. Elle attendit une bonne minute avant de se remettre parterre pour chercher la rive. Pendant ce temps, elle songea au Chevalier noir et à sa colère étonnante. Il mériterait de méditer pendant un quart d’heure afin de calmer ses nerfs – se dit-elle à son propre insu. Le redoutable pouvoir de suggestion venait d’affecter le Chevalier noir.
La jeune femme prit de longues et interminables minutes à rincer son visage, et chaque région de ce dernier avec une minutie remarquable. Elle en profita aussi pour retirer le sable, ennemi juré du sexe féminin, de son corps. Une fois ses téguments rafraîchis, la mutante releva son regard troublé en direction de Dane. C’est alors qu’elle remarqua sa gaffe. Il méditait, assis et les jambes croisés. Il avait une respiration très profonde.

Tout son être la suppliait de retourner se noyer, mais la bonté de son cœur la contrit à aider son prochain. Elle observa l’étranger furtivement, se permit d’esquisser un sourire dont la disparition fut immédiate. Se relevant sur ses genoux, la jeune Killgrave passa sa main droite devant lui – ce qui lui causa un gémissement de douleur assez intense - et comprit qu’il  semblait perdu à l’intérieur de lui-même. La mutante lui intima d’arrêter, en usant de sa pensée simplement – sans un seul mouvement. Une alchimie bizarre et inconfortable s’installa entre les deux personnages, tandis que la violette négligeait pour la première fois son plan initial de mettre fin à ses jours lors d’une pleine lune succulente.


« Je suis Killgrave…Kara Killgrave. »

Des mots : remplis de douleur, saignants à vif et prononcés d’un ton tranchant et sec. Sans une once d’humanité et d’une froideur semblable à la fraîcheur nocturne. La jeune femme croisa ses bras, plaçant ses mains sur ses épaules déjà recourbées à la pensée d’utiliser sa malédiction. Toutefois, la mutante redressa ses yeux dans sa direction : chaque iris commençait à scinder des couleurs distinctes d’un mélange incroyable. Lorsque l’émeraude rencontrait l’indigo, un mur de gris se dévoilait. Et à l’auréole de son œil droit, la couleur du sang qui croissait à la minute. Déposant une paume sur ses yeux qui la brûlait, Kara secoua sa tête pour se concentrer. Des sons lui revenaient : des grognements. Ce fut de cette façon qu’elle comprit sa douleur costale et thoracique, un brûlement persistant depuis son nouveau réveil. Elle frôla ses côtes pour s’assurer que chacune fut en place avant de tomber sur deux os brisés. La jeune femme les sentit en place, mais cette région si sensible lui confirma ses craintes. Sa main droite bougeait, mais elle sentait une micro-fracture sur son avant-bras droit ou encore une ecchymose gigantesque en forme de main qui prendrait deux mois à quitter son épiderme en raison de son anémie. La mutante garda ses bras croisés, et respira lentement pendant quelques secondes.

« Vous avez un visage de guerre…» trancha-t-elle afin de rompre le silence. Mademoiselle Killgrave planta ses yeux dans les siens, penchant son faciès neutre d’un côté puis de l’autre. Elle songea aux soldats, à son Amour et à son ancien beau-frère qui adoraient partir au combat jusqu’à un accident grave qui leur causèrent un état de stress post-traumatique permanent. Telle Kara qui peinait à sortir dans la ville pour ses commodités, contrôler chaque mot à l’intérieur de sa pensée et de sa gorge depuis le dernier drame qui avait mis à terre sa réserve d’espoir de vivre simplement avec ceux qu’elle aime. « Vous aidez les autres avant de vous aider vous-même… » À cet instant, la jeune femme sursauta. Elle se détourna de l’être humain pour regarder le parc qui longeait le fleuve au  plus haut. L’héritage des Killgrave ne cesserait jamais de la surprendre.

Des citoyens vêtus d’ombre s’y trouvaient. Armés, fébriles, de tous les âges et de tous les sexes, chacun pointait une arme au ciel. Ils étaient tous revenus à partir de l’instant ou la jeune femme fut jetée dans le sable. C’est d’un seul clin d’œil que la jeune femme ordonna  son interlocuteur de rester immobile, et à tous les autres de reprendre leur chemin en direction de leur demeure. Une répétition; une fois de plus, ils quittèrent leurs postes et retrouvèrent leur propre personnalité. Des applaudissements fusèrent même des hauteurs – des innocents atteints de l’héritage des Killgrave. Kara se releva, sans libérer sa victime de son immobilisme. Un tour autour de lui puis deux suffirent à créer une ambiance morbide. Son regard devint d’une tristesse sans précédent : le gris prit un jaune iridescent, semblable à l’or – pendant que l’émeraude continuait d’envahir son indigo
. « Est-ce agréable? Est-ce une sensation unique que de voir son corps être contrôlé par une autre personne? Est-ce une soirée adorable en bonne compagnie? Êtes-vous seul ou avec une Killgrave? Qu’en pensez-vous? » Un ton sec qui se voulait sadique, une troisième tournée interrompue par sa silhouette maigre qui trouva aisé de s’accroupir près de son tympan gauche, y mordant la chair jusqu’au sang : « Écoutez. Je peux faire n’importe quoi à n’importe qui. Une pensée. Une parole. Tout le temps. Comment puis-je trouver la paix? »

Ce même ton détestable dont l’humanité s’annonçait absente. Le silence. Les sanglots. Une larme qui quittait les paupières de Kara et longer la tempe du Chevalier noir lorsqu’elle se relevait avec un soupir de douleur. La mutante fixa le fleuve un long moment avant de réussir à libérer l’être humain de son pouvoir, y prenant siège. Kara alla s’asseoir devant le fleuve, et y déposa ses pointes glacées. Elle délaça chaque ruban avec précaution avant de révéler des chaussons ensanglantés.  La ballerine déplia ses talons et ses orteils vêtus de cuir dans l’eau froide avant de prendre l’un de ses souliers et d’y chercher la semelle : du métal. Une pièce de métal rectangulaire épaisse et redoutable par ses côtés aiguisés.

Sa main droite jeta l’outil dans le sable : face à Dane dont l’expression valait tout l’or du monde en cet instant. Damoiselle Killgrave observa la nuit magnifique et dont les vents torrentiels l’enivraient avant de redonner son attention au Chevalier noir.
« Parlez-moi de vous! Avant ma Fin...» La mutante dont le jeu valait la chandelle, essuya ses larmes d’une main gauche avant de ressentir davantage de ces dernières. Elle s’allongea dans le sable, prête à embrasser la souffrance de dévorer son âme.



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Lun 15 Oct - 11:44
Il ignore ce qui lui arrive, ce qui lui est arrivé, mais…
Non.
Non, c’est faux.

Il n’ignore pas ce qui lui arrive, ce qui lui est arrivé ; il sait.
Il sait, depuis qu’il n’a plus maîtrisé son corps. Il sait, depuis qu’il a senti ses muscles, ses membres agir sans son accord. Il sait, depuis qu’il a été forcé à se placer en position de méditation, de paix – un comble, une injure pour lui, presque plus forte encore que ce qu’il se passe.
Il sait, depuis qu’elle a lâché puis repris puis relâché le contrôle ; il sait.

Elle le contrôle. Elle le gère. Elle le mène.
Elle le contrôle, oui.

S’il n’a pas l’expérience des Avengers, s’il ne sait rien des Killgrave, Dane Whitman a vu et fait beaucoup, aux Croisades ; il a fait énormément, mais il a vu encore plus.
Des horreurs. Des abominations. Des massacres.
Du surnaturel.

A sa grande surprise, les surhumains ne sont pas uniquement apparus aux XXe et XXIe siècle : le Passé disposait également d’êtres aux capacités dépassant la normale… et il en a vu ; même si, à l’époque, ils étaient considérés comme des Djinns.
Il en a vu. Beaucoup.
Des bons. Des mauvais. Des neutres. Des ambivalents.
Mais, surtout… des perdus ; des paumés. Des terrorisés, par ce qu’ils font, ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils font sans le savoir.

Comme elle.
Ou presque, en fait.

Dane grogne, lutte, conteste, rejette ; rage.
Mais rien n’y fait.
Il ne réagit pas. Il ne bouge pas. Il reste, sous son influence… sous son contrôle. Il reste à elle.

Ho, évidemment, elle relâche la bride ; elle module le contrôle. Elle le libère, et il halète comme un assoiffé, un asthmatique, un marathonien après l’effort… mais cela ne dure pas.
Elle reprend ; elle lâche.
Puis reprend. Puis relâche.

Sa pensée se trouble, sa vue aussi. Il ne suit plus, ne comprend plus ; ne sait plus combien de fois elle l’a repris, puis relâché.
Il est perdu. Mais une chose demeure.
Elle le contrôle.
Elle est perdue, évidemment. Elle a peur, elle est paumée, elle a voulu se suicider à cause de cela, et doit lutter contre elle-même pour éviter que tous, autour, soient sous son contrôle – ainsi perdu, ainsi abandonné en lui-même, Dane serre les dents et se concentre sur l’ailleurs, pour ne pas devenir fou. Il voit, alors, tous ceux qui approchent, puis s’en vont.

Il sait, alors.
Elle est perdue, paumée, terrorisée.
Mais. Elle. Le. Contrôle.

Alors.
Alors, quand elle le libère. Alors, quand le contrôle s’évapore. Alors, quand elle a terminé ses explications qui ne sont, hélas, pas limpides pour lui. Alors, quand elle a fini de le décrire, plus précisément qu’il ne le pensait. Alors, quand elle lui demande de parler de lui, après s’être emparé d’éléments pour acter cette fin qu’il évoque…
Il se lève.
Il parle, car elle l’a demandé ; mais il se lève.


« Je suis Dane Whitman. J’étais un génie de l’électronique, qui devait devenir un cadre de Stark Industries quand j’ai dû aller en Europe, pour un héritage. »

Il ne peut s’empêcher de parler, car elle l’a demandé.
Mais il s’est levé et, cahin-caha, s’approche de son manteau, laissé à quelques mètres.


« Par une nuit sombre, j’ai erré dans le château que j’avais obtenu, et je suis touché sur une épée ancienne. Je l’ai touchée, et j’ai été transporté à la fin du XIIe siècle, aux Croisades. J’y ai passé six ans, à combattre pour survivre, puis à essayer d’aider les civils et innocents dans cette guerre abominable. »

En tremblant, car toujours troublé, il ouvre le manteau, et cherche avidement à l’intérieur.

« Je suis revenu il y a peu, sans comprendre pourquoi ou comment. J’ai sollicité de vieux contacts, et je suis parvenu à revenir en Amérique parce que Vision, des Avengers, a confirmé mon histoire. Les Avengers m’ont accueilli parmi eux. »

En serrant les dents, il relève encore le manteau d’une main – et pose, alors, ses doigts libres sur quelque chose.

« Je suis maintenant membre des Avengers. »

L’effet est immédiat.
Un signal d'appel, une demande d'aide est formulée.


« Et je viens de les appeler au secours. »

Il sort l’objet du manteau – un boîtier électronique classique, portant le design de Stark Industries.

« Ils pourront sûrement vous aider, autant qu'ils m'ont aidé moi-même. »

Dane pousse un profond soupir, et secoue la tête.
Il ne se maîtrise pas, ne se contrôle pas ; est entièrement sous sa coupe. Il déteste cela, autant que de s'être livré ainsi... mais cela pourrait peut-être bientôt changer.
Il l'espère de tout coeur.


« En attendant, à quelles autres questions puis-je répondre ? »

Le cœur plein d'espoir, bien sûr.
Mais ignorant, hélas, que son boîtier a été endommagé par la chute de la veste, quand il a couru pour la sauver ; le signal n'est pas envoyé.
Il demeure seul. A sa merci.
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Jeu 18 Oct - 8:21
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

I was born in a thunderstorm. I grew up overnight. I played alone, I played on my own. I survived. - Sia

Toute sa tête lui criait de ne pas le croire, mais son cœur savait discerner les gens. Toutes ces années à les observer en retrait, en attendant de voir qui possédait une âme bonne ou méchante. Certes bien des cas naviguaient dans les eaux grises – tel avait toujours été le sien. Kara Killgrave écoutait attentivement – et ce qu’elle observait lui indiquait que ces aventures héroïques n’étaient pas des mensonges. L’impact de sa maladie sur lui, ses gestes et son ton ne pouvaient pas être responsables d’un état de monomanie aussi riche dans le domaine du fantastique.

Dane Whitman affirmait faire équipe avec les Avengers, et les avoir rejoint avec une boîte métallique qu’il tenait en main depuis les dernières minutes. La majorité des Killgrave aurait probablement utilisé leur pouvoir de suggestion afin de le contrôler. Et sa famille biologique avait un talent particulier d’utiliser tous leurs moyens afin d’arriver à leurs fins. Or, il y avait du nouveau dans l’âme de la violette. Et elle refusait de se l’admettre. Des phrases simples, expéditives qui témoignaient d’une histoire qu’elle n’aurait jamais dû connaître. Le visage de l’homme qui s’était approché de son manteau était éclairé par un lampadaire à proximité. La mutante se retourna en direction du voyageur du temps de jadis, et le regarda.

Vraiment.

La relâche fut immédiate. Sans un ordre lancé, sans une pensée vagabonde. Le pouvoir de suggestion ne pouvait plus atteindre Dane Whitman. Les tempes de la mutante continuaient de se glacer avec des pleurs silencieux, alors que son visage semblait prendre d’autres couleurs – d’autres sentiments. Peut-être était-ce du regret, de la culpabilité, de l’admiration. Peut-être était-ce son passé tragique, horrible qui lui évoquait le sien. Peut-être était-ce cette idée folle de voir une figure paternelle idéalisée en cet homme qui n’avait aucun attrait de son géniteur : c’était avec certitude l’acte de lui avoir sauvé la vie, de lui offrir de l’aide sans attendre quoi que ce soit en retour qui la fascinait – des gestes qu’aucun être humain ne lui avait offert auparavant depuis sa mutation.

Et elle, ses seuls remerciements furent d’utiliser son pouvoir par accident puis volontairement, de lui dénouer la langue sur des secrets professionnels et avant tout, personnels – tout en recommençant un deuxième tour de carroussel. Kara l’ignorait, et conservait ses distances en attendant avec un calme exemplaire malgré le fait qu’elle était plongée dans ses propres pensées.

D’un pas lent, elle s’avança en direction du Chevalier noir. Sa silhouette maigrichonne se dessina sous la lumière soudainement. Une chair violette décorée de cicatrices épouvantables et d’ecchymoses se profilait. Un regard en mosaïque dont la couleur de soulait indéfinissable. À trois mètres de son interlocuteur, elle se plaça à genoux. Sa faiblesse devenait évidente, tandis qu’une seconde ecchymose en forme de main plaquait sa zone cardiaque. Son avant-bras droit, agrémenté de la même symbolique repoussa des boucles derrière son oreille. Seulement, la tristesse détaillait maintenant son faciès d’un mauve très pâle – de plus en plus pâle. Des tremblements parcouraient ses doigts glacés. Un regard furtif à l’horizon montrait l’étonnement vis-à-vis de l’absence de renforts. Depuis cinq minutes, la mutante n’avait plus porté préjudice à l’homme qui se tenait à quelques mètres de sa personne.


« Vous présenter des excuses ne sera pas suffisant. » Une voix douce qui pataugeait pour formuler ses idées correctement. « Je vous promets de ne plus jamais vous infliger ‘’ça’’ de nouveau. » Ses yeux regardèrent l’humain en posant ses mains pourpres sur ses cuisses nues. Sans oser affronter un contact visuel continu, elle détourna son visage avant de s’obliger à lui faire face de nouveau. Le ruban sur son épaule gauche lâcha, l’obligeant à retenir sa robe de tomber malgré son milieu déchiré avec ampleur. Des mains timides en refirent le nœud d’une rapidité fulgurante tout en essuyant ses joues.

« Monsieur Whitman, je vous présente mes excuses les plus sincères. » Chaque mot appuya un sentiment de vérité bel et bien présent. Le regard fixe, incrusté dans celui de son interlocuteur, Kara attendit davantage en ne bougeant pas d’un fil. Elle finit par déposer une paume sur la terre avant de se tourner vis-à-vis du fleuve.

Blessée, ses doigts cueillirent le sang qui bordait ses lèvres avant d’en révéler la couleur bleutée. Son thorax se déplaça vers l’avant, pendant que la jeune Killgrave utilisait ses mains pour se redresser debout en tenant ses côtes des deux côtés. Chaque membre de cette femelle semblait composé d’os et de muscle – au minimum comme si sa vie n’était qu’éphémère. Sa tenue dévastée laissait présumer à un passé de danseuse classique. Des chaussons ensanglantés quittèrent la clarté des lieux, alors qu’une chevelure lilas et pêche ondulait vers les flots de nouveau. Debout, pour quelques secondes, le temps d’un pas suivit de l’autre avant de s’effondrer parterre. Elle roula sur le ventre pour avancer à quatre pattes. L’un des rubans blancs qui figuraient au cœur de sa chevelure violette perdit son nœud avant de choir au sol avec une seringue à son bout. La mutante arrêta son mouvement en recevant ce son. La vitre résonna sur le sol, roulant, saine et intacte. Kara Killgrave prit la peine de se relever une fois encore, une fois de trop avant de poser un genou parterre devant ses vertiges.


« Vivre dans une cage…pour ne blesser personne. »
Un silence, un gloussement à mi-chemin entre un sanglot étouffé et du sang ravalé. « Et ce couteau dans mon cœur… Il y a tellement de mal dedans et dehors… » Des phrases entrecoupées de pleurs silencieux, pendant que ses mains repoussèrent ses longues mèches violacées. « Comment faîtes-vous pour trouver l’espoir? » À cet instant, Kara se releva d’un pas chancelant. La jeune femme rouvrit ses yeux illuminés dans la pénombre. Leur indigo se perçait d’or enflammé d’azur.

« Je suis un démon! Personne ne peut m’aider… » L’air sérieuse, un brin délirante, la jeune Killgrave embrassa la noirceur de nouveau – ne pouvant supporter la proximité d’un être humain plus longtemps- elle devait s'isoler. Le souffle anxieux, elle tenta de se calmer en griffant son avant-bras jusqu'au sang.



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Jeu 18 Oct - 14:39
« HUUUUUUU ! »

Un beuglement guttural s’échappe de la gorge de Dane Whitman ; similaire à la première respiration, bruyante et douloureuse, d’un homme échappant à la noyade.
La comparaison est plutôt bonne – il se sentait bien submergé, oui. Moins par l’eau, que par une volonté extérieure et surtout supérieure à la sienne.


« Han… han… han… »

Sans s’en rendre compte, il chute au sol – et halète, difficilement.
Grimaçant à chaque respiration. Sentant son corps toujours crispé, rongé par la douleur et le déplaisir absolu d’être mû par un autre que lui ; une autre, plutôt.
Une autre, plutôt proche.


« Ha… ha… haaa… »

Ses poumons lui brûlent ; ses yeux lui piquent, et il se sent mal.
Mais il s’en occupera… plus tard.


« Pu… p’tain. »

Il redresse le visage, et plonge son regard sur le visage… sur son visage.
Elle.
Celle qui l’a contrôlé. Celle qui l’a possédé. Celle qui a fait ce qu’elle voulait de lui.
Celle, donc, qu’il regarde.
Mais… sans haine. Sans rage. Sans violence.


« A… arrête. »

Sa voix est faible, étouffée ; il le remarque. Ça ne lui plaît pas.

« C’est… stop. Stop. S’il… te plait. »

Mais elle parle, encore ; Kara Killgrave parle.
Elle présente ses excuses. Elle s’engage à ne plus réutiliser ses pouvoirs sur lui, ainsi.
Puis, elle se détourne.
Puis, elle cache la nudité et les formes qu’il pourrait entrevoir, mais qu’il n’a même pas remarqués ; il s’en fiche. Non pas à cause de la douleur, du sentiment si étrange qui règne en lui depuis qu’il a retrouvé le contrôle de lui-même – depuis qu’il est redevenu lui-même.
Mais parce qu’il s’en fiche.


« C… c’est pas… »

Elle se détourne de lui, elle se cache, elle se protège ; elle rampe. Pathétique, évidemment, mais on le serait à moins – et lui-même est brisé, anéanti par l’événement.
Mais il continue. Il rampe. Il se redresse, puis chute ; puis se relève. Et s’avance.
Vers elle.


« Put… »

Son pied dérange la seringue, et il grimace ; il n’aime pas ça. Il n’aimait déjà pas, avant le voyage ; il n’aime toujours pas. Mais il s’en détourne, ne s’en occupe plus.
Il s’avance. Il s’approche.
Il la rattrape.


« A… arrête. »

Il pose sa main sur son épaule et, d’un geste, force la jeune fille, similaire à une petite chose fragile, à se tourner vers lui ; dans un mouvement si fort, qu’il craint de la blesser.

« Arrête. Vraiment. »

Dane respire mieux, se contrôle mieux ; bien.
Ça va être très utile.


« T’es pas un démon. T’as pas à vivre dans une cage. T’es… »

Lentement, son regard va du visage de la jeune femme, à ses pieds ; détaillant chaque aspect, chaque élément.
En s’attachant non pas à ses charmes, mais à ses spécificités. Cicatrices, blessures, éléments qu’elle veut cacher, mais que la situation a révélés ; il voit tout. Et il choisit, alors, d’agir en conséquence, en connaissance.


« L’espoir s’trouve pas seul. Il s’trouve… chez les autres. »

Sa main sur l’épaule glisse ; dans le dos de Kara. Et, d’une pression, l’approche de lui.

« T’es pas un démon, p’tite. »

Il esquisse un sourire, rendu difficile par les événements et la douleur ; mais sincère, dans l’objet et le geste.

« T’es… t’es quelqu’un qui s’est excusée, et s’est arrêtée ; souviens t’en. Tu t’es arrêtée. Tu es quelqu’un qui s’arrête. »

Son autre main se lève, et vient se poser dans le dos de Kara ; ils sont encore plus proches.

« T’es pas un démon, p’tite. Ou alors… »

Il presse, encore – et leurs corps se rejoignent ; se collent l’un à l’autre.
Dans une étreinte, inattendue mais forte. Intense.


« … un type possédé par une épée extraterrestre l’est, aussi. »

Dane force le crâne de Kara à glisser dans son cou, et tente de la caresser, doucement, pour la calmer ; l’apaiser. La rassurer.
Lui montrer, enfin, que quelqu’un peut l’aider. Et même l’accepter, si elle le permet.


« Et les démons s’entraident alors, p’tite. »

Même si ça fait peur. Même si ça fait mal. Même s’il ne sait rien d’elle – mais il s’en fiche ; il sait ce qu’elle doit savoir.
Kara Killgrave a un pouvoir extraordinaire, qui la dévore, et la pousse à plonger dans des dérives… mais elle s’arrête ; elle est quelqu’un qui s’arrête, et est hantée par ce qu’elle fait. Ça lui suffit.
Elle a besoin d’aide ; il est là. Le reste n’a pas d’importance.

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Dim 21 Oct - 7:17
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Well, I've got thick skin and an elastic heart. But your blade - it might be too sharp. - SIA

L’âme envolée, la jeune Killgrave fixait ses ongles crever son épiderme qu’elle aberrait tant. Du sang y coulait déjà, alors qu’une main plaquait son épaule afin de la détourner des flots et lui faire face de nouveau – à son sauveur. Elle résista, refusa de se laisser mener. Certes sa force physique était grandement supérieure à la sienne, de même que toutes ses capacités d’attaque probablement. La jeune mutante virevolta et manqua de faire trois tours s’il ne l’avait pas retenu de cette même poigne.

Ses deux mains tentèrent de dégager la sienne, mais rien ne put l’aider. Dépourvue de toute compréhension envers son geste, Dane Whitman prit la parole pour lui intimer d’arrêter…Il devait faire mention de ses actes autodestructeurs certainement ou de son comportement en tant que tel. Les bras croisés et le regard détourné sur le côté, son intuition sentait que l’être humain la voyait – elle. Elle le sut en jetant un regard terrifié dans sa direction. La respiration de la violette devint rapide, cherchant à s’éloigner lorsqu’il se rapprochait et essayant de le repousser de ses avant-bras. L’instinct de survie, de contrôle tentait d’utiliser son pouvoir de nouveau, mais son âme refusait – son émotion le lui interdisait.

La main qu’elle sentit dans son dos la laissa de glace, tandis que des yeux blessés dans leur orgueil et leur détresse en fixèrent le responsable. Et bientôt, ce fut pire encore. Sans pouvoir exprimer un mot, Kara buvait ses paroles sans le vouloir : il affirmait être un démon, car une épée avait volé son âme, et entre eux de la même espèce; ils devaient s’entraider. Prisonnière d’une étreinte dont l’intensité la surprit, damoiselle Killgrave cessa de répliquer. D’autres larmes coulèrent sur ses tempes, pendant que son visage était contraint de se nicher sur son cou. Son souffle redevint calme. Kara sentait ses côtes, mais n’en dit rien. Des mains ballantes qui n’avaient fait que repousser le trentenaire osèrent se poser sur son dos à lui. N’ayant connu que la proximité de deux personnes au courant de sa vie, la jeune Killgrave se remémora le visage de Mélanie Drake, de son nom de jeune fille, qui la fit frissonner de terreur et d’adoration.

Le fantôme de l’homme de métal rendit son cœur frigide rempli d’émotions qu’elle détestait. Ses doigts se décrispèrent et vinrent enlacer le Chevalier noir contre sa volonté. Quelques tressautements surgirent de sa cage thoracique, alors que sa silhouette tremblait légèrement. Kara sentit une main frotter ses boucles d’un geste lent, d’une douceur qu’elle n’avait plus connu depuis son dernier jour avec sa génitrice. Depuis ses douze ans. Elle avait arrêté de compter son âge depuis cette époque de madeleines, de chaussons et d’amour maternel.

En tournant son visage vers ce dernier, une voix trahie de détresse reteint ses pensées. Un silence lourd s’ensuivit sans même prendre en considération la jeune femme qui semblait de plus en plus légère par rapport à son ton :
« Penser, parler sans se soucier… » Une hésitation à poursuivre sa déclaration : « De blesser, de tuer, de manipuler.  » Ses premières paroles commençaient à prendre du sens lentement. La jeune Killgrave baissa son regard tout en laissant d’autres larmes rejoindre leurs sœurs : « Ça, cela ne s’est jamais arrêté avant aujourd’hui. Vous devez être immunisé à ma maladie. »

Cette dernière phrase virulente de vérité à moitié, tandis que l’autre avait le parfum du mensonge. Cela se voyait dans ses yeux complexes qui se détournèrent. Kara n’oserait jamais donner des explications à ce phénomène. Ceci la paralysa après s’être s’éloignée du Chevalier noir d’un pas soudain. Elle regardait le coupable des yeux, probablement un trentenaire d’après les traits de son visage. Ses yeux en mosaïque fluorescentes parcoururent les cieux puis l’horizon sans apercevoir aucun mouvement suspect. Elle soupçonna son manège être faux, mais s’abstint d’en porter une seule mention. Un frisson la parcourut, alors que la nuit froide, forte faisait battre les saules pleureurs au gré de son tempérament.

N’ayant pas dormi ou mangé depuis quatre jours, car planifier sa mort avait été aussi complexe qu’organiser une pièce de théâtre et chaque détail l’avait obsédée au point de la rendre malade, elle notifia son pas plus chancelant et léger qu’à l’habitude. Déposant son regard sur Dane, qui avait mis fin à son manège, elle tenta de cacher son état de faiblesse d’un silence courtois. La jeune Killgrave s’empêcha de se détourner, et s’obligea à rester à proximité de l’être humain. Quelque chose semblait la tracasser de rester à une distance si minime d’une autre personne. Toutefois, ses lèvres formèrent un sourire figé par sa discrétion. Son désir devenait de faire diversion.
 

« Vous possédez un château magique et une épée extraterrestre… Avez-vous un Pégase qui vous accompagne, Monsieur Whitman? »  

La jeune Killgrave avait pourtant formulé sa question avec un sérieux sidérant. Sa curiosité semblait flagrante, pendant que ses mains se posèrent sur ses épaules en raison de la nuit tendancieusement glacée. Des nuages cachèrent la lune ronde et splendide. Une bruine vint bercer le parc et se déposer sur la suicidaire et le héros.


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Lun 22 Oct - 9:55
Kara Killgrave a cessé de fuir ; elle s’est arrêtée.
Au moins physiquement.
Car, Dane le sent, elle est loin d’avoir cessé sa fuite mentale, psychique, psychologique – mais qu’importe. Chaque quête commence par un premier pas, une première décision.
Celle de s’arrêter, ici ; de lui laisser une chance, d’aider.


« Bien. »

Sa voix est rauque, un souffle à peine ; réminiscence d’instants récents, terribles, de possession, mais déjà oubliés. Il essaye, en tout cas.
Sans attendre, il prolonge l’étreinte, le moment. Il la colle à lui.
Et se surprend, aussi, à soupirer ; d’aise, de soulagement. Elle accepte. Elle accepte sa proposition, sa demande, sa supplique.
Elle accepte de ne plus courir – de se coller à lui ; de se poser, enfin.

Elle parle, ensuite. Elle explique.
Elle essaye, au moins.
Et lui suit – ou essaye, aussi.

Alors que Kara Killgrave niche son doux visage dans son cou, alors qu’il tente de l’apaiser par des gestes doux et simples, mais tellement étrangers à ses mains devenues si brutales et mortelles pendant les six dernières années… elle parle ; et il écoute.
Elle parle, oui. De sa peur. De ses peurs.
De mal faire. De faire pour les autres. De décider, pour les autres.
De sa malédiction. De sa maladie. De sa damnation.
Il écoute, alors ; il enregistre. Il glisse les éléments dans son esprit, pour les analyser plus tard. Pour envisager comment il pourrait être immunisé à une maladie… à une capacité, qu’elle a pourtant usé sur lui – ça ne colle pas, clairement.
Mais il évacue ces pensées ; plus tard. Il s’en occupera, plus tard.


« Je… »

Dane mouille ses lèvres, rendues sèches par l’eau de mer et les événements. Il tente de donner plus de vigueur à sa voix, brisée par le contrôle.

« Je… sais pas. »

Il esquisse un sourire timide.

« Mais… j’suis content. »

Un soupir suit, léger.

« J’veux t’aider. »

Et il sent, au fond, qu’elle est réceptive.
Même si, soudain, il en doute – quand elle bouge. Quand elle recule. Quand elle quitte, croise les bras, et fixe ses yeux étranges sur elle.
Un frisson parcourt, pour une seconde, son échine ; la peur. La peur que ça recommence. La peur que le contrôle revienne. La peur qu’il se perde, encore.
Mais cela ne dure pas.
Le frisson s’évapore ; il se contrôle, lui. Et il veut l’aider, elle. Quels que soient les risques.

Elle reparle, alors ; elle l’interroge.
Mais différemment.
Comme… une enfant. Comme… une gamine. Comme… une innocente.
Comme une gamine innocente, perdue ; paumée dans ses pouvoirs, et sa vie. Le reliquat de vie qu’elle doit avoir, depuis que tout cela a commencé – il le comprend. Il commence à le comprendre.


« Ha. »

Il esquisse un sourire sincère, enfantin également ; et répond.
En gardant les bras le long du corps – tout sauf agressifs. Pour la rassurer.


« Pas encore… mais j’y travaille. »

Un léger ricanement s’échappe de sa gorge.

« Mais… j’ai mieux. »

Il se tourne, légèrement, pour offrir une partie de son profil à Kara ; et laisser, l’autre, vers la route. Si proche, mais si loin également.

« Les taxis new-yorkais… paraît que ça vaut tous les pégases. J’attends d’voir, mais… ça peut être utile. »

Dane lève sa main, siffle furieusement – et hurle, ensuite.

« HEEEP… TAXI ! »

Un cliché ambulant, clairement ; mais ils sont à New York, dans un quartier perdu, là où une foule s’est amassée. En présence d’une surhumaine, et d’un type maudit par une lame asgardienne.
Un taxi qui arrive maintenant, ce serait le moindre des miracles, non ?


VROUM

Et le taxi arrive, et vient stationner à quelques mètres.
Dane, alors, se tourne vers elle, et l’invite de la main ; avec un immense sourire, qui se veut doux et rassurant.


« Viens. Je… on peut parler. On peut voir. On peut… au moins manger, okay ? Juste manger. Laisse-moi te donner un peu à manger, okay ?
J’demande rien d’autre ; juste t’aider. Et… et j’t’en dirais plus, alors. Sur moi. Si ça te dit. »


Il sourit, et attend alors ; espérant, sincèrement, qu’elle accepte.
Car, franchement, il n’a aucune envie de se remettre à courir maintenant !

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Ven 26 Oct - 8:43
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Bite my tongue, bite my time - Billie Eilish

La suicidaire et le héros. Adorable, n’est-ce pas? N’étaient-ils pas des naufragés en ce monde peu chaleureux? Dane Whitman affirmait être content, et elle ignorait totalement de ce dont il parlait. Sa question semblait lui provoquer un certain étonnement, même si la jeune femme y avait glissé sa sempiternelle attitude sarcastique vêtue de candeur. L’ombre d’un sourire revêtit sa bouche en cœur, pendant que ses mains se joignaient derrière son dos en accompagnant son faciès violacé d’un air malin : « Vous ne croyez pas que je suis aussi crédule tout de même. » La seconde suivante, son sifflement et ses mots percutèrent les environs et un taxi arriva prêt à les prendre. La jeune Killgrave trouva ce comportement des plus louches. L’ombre de l’homme pourpre revint la hanter, cet étranger qui semblait tenir à lui donner des injections étranges et s’afficher tel un intrus non désiré dans l’existence de sa progéniture.

Kara suivait une autre conscience à l’ instant ou Monsieur Whitman élaborait sur une proposition de s’alimenter ensemble. Elle plissa des yeux un brin, hésitante à retourner dans les flots, s’y noyer, se libérer de cette réalité cruelle. Le toucher de son bras avec un ecchymose gigantesque lui provoqua une légère grimace de douleur en recevant son invitation, en y songeant de longues minutes en tranquillité. L’inconfort du silence fut sa première réaction. La suivante fut de se détourner de cette main tendue et d’avancer d’un pas lent sur la droite... Trois secondes plus tard, une sprinteuse blonde en tenue longue rose bonbon passa près de la mutante et laissa tomber un sac à main de taille moyenne que la main violette attrapa lors de son passage bref. Elle était déjà repartie en fusée sur son chemin, sans un seul regard pour eux. Un clin d’œil au Chevalier noir lui fit comprendre ce qu’elle manigançait.

Ses yeux reprirent ce doré entrelacé de mauve, alors que sa main se plaquait de nouveau sur ses paupières comme si une céphalée s’était présentée à sa portée. Un coup de faiblesse la prenait, mais la jeune femme se rattrapa avec son talon droit juste à temps. Refermée de nouveau, damoiselle Killgrave fixa le sol et devança le Chevalier noir afin d’entrer dans le fameux véhicule jaune si cliché. Un vieil homme assez petit dont le permis de conduite révélait son nom, prénom, sexe, âge et nationalité était affiché. Les lumières de sa voiture étaient allumés. Un coup d’œil dans le rétroviseur l’obligea à se retourner spontanément en remarquant une femme à la peau violette derrière lui à la diagonale. Un coup d’œil désespéré à Dane Whitman croyait annoncer une terreur épouvantable. Avec dégoût, rage, spontanéité et surprise, le chauffeur s’apprêta à hurler au secours quand Kara lui coupa la parole :



« Ah! Ne trouvez-vous pas mon Body Paint complètement génial? J’ai passé toute la soirée à le peaufiner et faire une photo shoot sur le pont Verrazana-Narrows. Je ressemble à la Dame Blanche, non? Dîtes oui! J’ai travaillé si fort! De plus, j’ai ajouté du turquoise ici et là! » Killgrave indiqua sa poitrine et son avant-bras droit. « J’ai même pris les mains de Monsieur Whitman pour en faire un croquis. Elles sont assez grandes. Est-ce que cela ressemble à des marques du Démon? »


Devant un monologue d’une authenticité aussi virulente, la volonté de Kara perça tout doute du chauffeur qui leur adressa un sourire amical et les invita à lui donner l’adresse de leur destination. La voix nonchalante et superficielle de la mutante s’était tue, laissant place à son marasme de tristesse. Plaçant ses mains sur ses cuisses, la mutante tremblait d’avoir supporté ce regard d’une telle intensité. Or, une minute plus tard, elle semblait reporter son attention sur Dane Whitman. À demi-anxieuse, à demi-rassurée, la mutante déplaça ses boucles violettes sur son épaule droite et jeta un regard au travers de la fenêtre. Des paupières closes dévoilèrent d’autres filaments scintillants, d’autres larmes qui arpentèrent ses tempes émaciées.

Plaçant une main sur son visage de nouveau, la voiture décolla pendant que la violette se fondait dans la noirceur qui occupa le véhicule. Seuls ses yeux étranges demeuraient fluorescents et en perpétuelle évolution tel deux océans distincts. Le bel enfer de son quotidien venait de la rattraper, et ses états d’âme la hantèrent sans le moindre répit. Le spécimen fit taire sa voix intérieure qui lui susurrait de contrôler ces deux hommes puis de reprendre sa sortie de scène qui était la meilleure : la noyade. Être dans l’eau annulait tout l’effet de son pouvoir. Ressentir la cyanose de ses lèvres, le teint qui prenait cette allure grisâtre, les yeux qui devenaient entièrement blancs. Sans le moindre soupçon, la mutante s’éteignit spontanément.

Momentanément. Son corps fixe, ses yeux envahis de nuages foudroyants. Toujours tournée vers la fenêtre, cette dernière se fracassa pour laisser apparaître une course de juments blanches. Le premier quadrupède sur la ligne de front était un étalon avec une robe noire et des yeux violets. Son souffle se retint, un prénom la hanta et se répercuta sur toutes les facettes de sa personne. Ce fut à cet instant que Kara sentit une main dans sa chevelure, un murmure secret à son tympan gauche qui lui fit ressentir une présence bien singulière… Celle de Zebediah Killgrave. Un tremblement la fit sursauter, et la jeune femme bondit hors de son hallucination – qui était une autre des attaques psychiques envoyées par le télépathe contrôlé par son horrible géniteur. Son œil du côté gauche devint entièrement rouge – sans la moindre autre couleur parasite. L’autre semblait hésiter entre un soleil couchant et un violet meurtrier, psychopathe, troublant.

De retour psychiquement auprès de Monsieur Whitman, Damoiselle Killgrave venait de reprendre sa respiration après deux minutes sans un seul son – stoïque telle une statue de marbre. Une main sur son cœur à droite, et l’autre sur son front, le véhicule s’immobilisa et le chauffeur les invita à sortir à la suite du paiement. Kara reprit enfin tous ses sens sans avoir réalisé que le Chevalier noir avait pu parler ou nommer une adresse au conducteur pendant tout ce temps.


« Deux options : je paie ou c’est moitié-moitié. Aucun autre choix, Monsieur Whitman! »

Le ton moqueur et sarcastique de la jeune adulte était revenu alors qu’elle tendait des billets au conducteur. Ce dernier releva grandement ses sourcils en observant de près ses immenses cicatrices du passé. Toutefois, avant de quitter son siège, Kara rencontra le regard du Chevalier noir et plaqua ses iris impairs sur ses pieds – qu’elle se rappelait avoir touché plus tôt. L’impossible de la situation lui provoqua l’ombre d’un sourire si simple et si innocent.

« Monsieur Whitman, auriez-vous oublié vos chaussures? »  


Lorsque Killgrave quitta le taxi, son sac en bandoulière fut ouvert afin d’en sortir une veste laine longue à capuche. Elle l’enfila rapidement, et heureusement dans une rue déserte et sans la moindre circulation – le clochard à trois mètres complètement endormi ne comptait pas. Nouant la corde fine à sa taille, une pancarte publicitaire montrait un voilier avec une annonce pour une agence de voyages. Le sable blanc à l’horizon laissait présumer au Golfe du Mexique. Son minois se pencha de gauche à droite puis l’inverse. Un sourire s’imprima sur ses lèvres, pendant que d’autres larmes – sempiternelles amies – coulaient sur son vêtement lilas.

« Certains sauvent le monde. D’autres rêvent de retourner avec l’Océan. »


Au sein de ces paroles énigmatiques, Killgrave se retourna vers le Chevalier noir – en n’osant jamais s’approcher dudit Avenger de trop près. Son attitude craintive pouvait paraître, malgré un orgueil et des manières démesurés.


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Ven 26 Oct - 11:06
Un silence profond répond aux demandes et propositions de Dane Whitman.
Et, évidemment, ça le met mal à l’aise.


« Hum. »

Il grogne, légèrement, en maintenant son bras levé – en espérant que Kara Killgrave, cette étrange jeune fille qui lui a tant fait mais qu’il souhaite malgré tout aider, reprenne la parole.
Après quelques mots qui peuvent être interprétés de bien des façons, elle s’est enfermée dans le mutisme, et dans une attitude si étrange, si troublante ; il n’arrive définitivement pas à la comprendre, à l’appréhender. Elle est un mystère.
Un beau mystère, certes ; mais un mystère dangereux, il en est persuadé.


« Mais… »

Fatigué, usé, il croit encore rêver – il croit être encore possédé, quand il voit une jeune femme courir vers eux ; vers elle.
Par réflexe, il serre les poings et se prépare au pire… qui survient, mais pas comme il s’y attendait.


« Ho. »

Dane comprend ; avant même que Kara le regarde, et lui adresse son clin d’œil, en s’emparant du sac abandonné à ses pieds.
Du vol. C’est complètement du vol.


« Je… »

Il est un Avenger ; il lutte contre le Mal, les menaces, le crime. Il est un Avenger.
Mais… depuis peu. Et après six années de survie abominable dans ce qu’il considère comme l’enfer ; le vol ne lui est pas étranger, le meurtre non plus.
Le vol est critiquable – survivre seule avec des pouvoirs impossibles aussi.


« Hum. Okay. »

Il ne dit rien, alors ; il accepte. Et s’avance même, pour l’aider alors qu’elle manque de trébucher – mais elle se retient, et n’en fait rien.
Kara enchaîne, alors. Elle monte. Dans le taxi.
Il la suit, en ayant récupéré quelques affaires, et grimace ; de douleur, alors que ses vieilles blessures se soient réveillées du fait des récents événements. Il avise, en retard, l’air horrifié du chauffeur, et sent le pire arriver… quand elle se lance.

Quand Kara Killgrave reparle, enfin.
Et ça vaut le détour.


« Heu. »

Il ne peut retenir cette expression de surprise, de gêne et de stupéfaction, devant un tel discours ; si fort, si rapide, si… cohérent, aussi.
Si étrange, évidemment, mais si définitivement crédible pour New York, cité des bizarreries.


« J’suis… j’suis sûr que vous allez remporter l’prix, miss. N’est-ce pas ? »

Dane décide de jouer cette partition là, et esquisse un sourire un peu forcé vers le chauffeur ; dont les yeux vont et viennent entre eux.
Il hésite. Il réfléchit. Il a peur, mais… c’est une course. Une course de nuit.
Et Jenny a besoin de nouveaux crayons de couleur.


« … ouais. Grave. »

Le chauffeur acquiesce, et passe à autre chose. Dane lui transmet les indications voulues, et il démarre – puis allume la radio, à un niveau suffisant pour faire comprendre qu’il ne veut pas discuter, là ; ça tombe bien.
Whitman se détourne de lui, et fixe alors Kara. Qui passe d’état en état, évidemment encore sous le choc… il se demande, en fait, si elle ne l’est pas depuis des années, errant de moment d’abandon en euphorie, avant les chutes terribles de ces montagnes russes.

Il la regarde, alors ; avec douceur, sans jugement.
Et soupire, en sentant sa détresse.


« Hum. »

Il grimace, et cherche dans ses poches, en priant pour qu’il soit sec. Il perd quelques instants, sent le tressautement de la jeune fille, mais ne le comprend pas ; le met, à tort, sur le compte de l’événement – et ignore, définitivement, les affres de l’attaque psychique.
Il se redresse quand elle revient ; pour qu’il lui tende quelque chose, d’un peu sec.


« Tenez. »

Un mouchoir, en tissu ; intact, mais légèrement humide.
Une petite attention.
Qui intervient au moment où le chauffeur se gare, pour être arrivé à destination.


« Ha. Nous sommes arrivés. »

Il esquisse un petit sourire, mais sent que ça ne va pas ; que ça va encore moins bien qu’avant.
Il ne dit rien, cependant. Pour l’instant.


« Mmh. »

Dane est d’abord surpris par la réplique de Kara, qui le met mal à l’aise ; un peu parce qu’il connaît la provenance de l’argent, ensuite parce qu’elle ne parle que pour régler des difficultés – et pas pour se confier. Dommage.

« Mettons que vous m’invitez, miss. Mais uniquement parc’que j’paye le repas. »

Il esquisse un sourire de circonstance, admet la réussite de la démarche de Kara, et sort.
Le taxi file, bien plus rapidement qu’il le devrait, et bien trop lentement à son goût ; rien de grave. Ils sont arrivés, sains et saufs, au cœur de la nuit. C’est déjà ça.


« Ha. »

Son sourire se fait plus sincère, à la remarque de Kara ; elle parle. Elle l’observe, elle parle, et elle plaisante presque.
Que d’avancées !


« Non. Mais j’aime libérer mes pieds, quand j’le peux. »

Dane récupère les chaussures, emmitouflées dans ses affaires, et sautille pour les remettre. Cela ne dure que quelques instants, mais permet à la jeune fille de laisser glisser son regard – son étrange, surprenant, surnaturel, et pourtant étonnamment séduisant regard… ailleurs ; et notamment sur une affiche, qui provoque un nouveau commentaire de sa part.

« En effet. »

Elle se retourne vers lui et, malgré ses mots, malgré son attitude, malgré ses pouvoirs, elle ne peut entièrement se cacher ; cacher qui elle est, ce qu’elle ressent.
Sa terreur, absolue, envers le monde – mais qu’elle combat. Qu’elle rejette, légèrement, pour tenter de s’ouvrir ; de lui laisser, de se laisser une chance.
Qu’il entend saisir.


« Ouaip, ouaip. L’eau, l’air, ça… ça a toujours été l’rêve des hommes. L’horizon, d’leurs rêves. On veut s’enfuir, souvent, d’nos quotidiens… d’nos problèmes, qu’on fixe à notre géographie. Notre localisation. On espère qu’ce sera mieux ailleurs – que l’inconnu sauvera d’tout.
Inutile d’dire que c’sont des rêves creux, hein ? »


Il fait un pas, mais guère plus ; pour ne pas la crisper.

« V’nez. J’ai un repas à vous offrir. »

Il sourit, encore, et essaye d’être autant doux que rassurant.
Puis la guide vers la porte d’un établissement qui ne paye pas de mine, dans lequel il pénètre et la mène…

… pour qu’elle découvre un bistrot typique, heureusement encore ouvert ; mais quasiment vide, hormis une épave endormie, un couple enamouré, et un patron stoïque, qui s’approche d’eux.

« Monsieur Whitman. »

« ‘Lut, Joe. C’est encore possible… ? »

« Pour vous, toujours. »

Le tenancier guide Kara et Dane vers une table décalée, et les fait s’assoir. Lui le fait, et esquisse un petit sourire vers la jeune fille.

« Joe est une perle, et… non. J’vais pas vous soûler avec ça.
Je… je sais pas quoi vous dire, miss. On va pas s’mentir, on n’a pas eu la meilleure rencontre, et… et j’sais rien d’vous ; mais j’devine. Et j’veux vous aider.
Alors… mangez. Mangez c’que vous voulez. Et… parlez, si vous pouvez ; j’aimerais bien. J’veux vous aider. Mais… j’obligerais à rien. »


Les cartes sont déjà sur les tables, et Dane s’en empare d’une, pour la regarder – et laisser Kara tranquille ; la laisser encaisser… et surtout décider.
De la suite.

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Sam 27 Oct - 9:30
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Don't you know, I'm no good for you - B.E.

« Le seul temps où je fus heureuse! Pour une violette et sa maladie, l’isolement perpétuel – soit la prison - est ma dernière solution. J’y ai vécu, mais ma maladie s’est rebellée contre ma volonté. »
Cette référence à Neverland lui semblait trop paradisiaque, étant donné les cicatrices de couteaux et de fouets dans son dos. L’hémorragie qui rageait en son for intérieur, cette dernière qui devenait virulente et digne d’une tempête, ne faisait que naître. Que croître en son sein. Elle suivit Dane Whitman à l’intérieur du bistro et observa le propriétaire des lieux qui semblait connaître son prochain client.

L’être humain prit siège puis un sourire bref s’ensuivit. Damoiselle Killgrave déposa son sac à main derrière elle, laissant miroiter des initiales KK en or au-dessus du rabat. Désormais en position assise, ses yeux se posèrent sur la table et se rappelèrent la dernière fois que sa silhouette fut dans un lieu public qui servait de la nourriture. Enchaînée au siège, regardant l’homme qu’elle admirait plus que tout au monde se faire démembrer. Suite à cette image, le discours du Chevalier noir la ramena à leur réalité.



« Monsieur Whitman, vous mentez. »
Son poing se plaqua avec douceur sur la table- sans libérer un seul bruit. Son regard déboussolant, l’un de sang torrentiel et l’autre scindé de nuit, sa main se plaqua sans remords sur son cœur : « Vous savez – les cicatrices que je porte. De l’au-delà, j’ai senti des mains m’en extirper. » Kara Killgrave n’avait jamais reçu la capacité d’encaisser des remarques. Elle ne savait qu’exploser – en toute beauté et fureur. Ses mains maigres et violacées revinrent sur ses cuisses vêtues de laine lorsque la mutante s’empara du sac supposément volé. En relevant le rabat, une écriture brodée citant le nom de Kara Killgrave y figurait. Elle jeta une enveloppe noire devant eux, et une photo en sortit intégralement. Ce qui y figurait déchira le cœur de la jeune damoiselle. Une rouquine dans la trentaine, magnifique et portant des lunettes, tenait dans ses bras une fillette de onze ans vêtue en tenue de danse. Leur sourire demeurait d’une authenticité et d’un amour cruellement splendides. Et ses lèvres, pleines de terreur affichèrent un sourire trahi d’une tristesse si profonde que personne ne pouvait en revenir : « Je n’avais aucun désir de vous rencontrer, je voulais quitter ce monde. Mon seul désir était de la rejoindre, de ressentir son Amour une dernière fois. Elle était ma raison de vivre et ma lumière. Tout ce qui a suivi n’a été que de la douleur.  » Un silence, une hésitation, une rage qui continuait de fleurir. Ses yeux, encastrés dans ceux de son interlocuteur, dévoilant une puissance de caractère dont personne n’aurait soupçonné l’existence se portèrent sur l’image : « C’était mon droit de mourir, et vous me l’avez retiré. J’avais planifié mon héritage. Vous avez choisi à ma place de me ramener. Ma maladie ne pouvait pas vous affecter dans l’eau. » La première information clé venait de se glisser entre eux, et cette porte dégoulinante d’hémoglobine n’en laissa sortir que davantage. « Je la sentais…Je la sentais planter ce couteau dans mon cœur de nouveau de même que ses bras m’entourant. J’entendais le fusil tirer sur son crâne, une fois encore, de trop. Je vivais auprès d’elle, je respirais son parfum. » La gracieuse créature à la peau améthyste ferma ses lèvres, réalisant l’ampleur de ses dernières confessions.

Derrière eux, un serveur en échappa son calepin alors qu’il s’apprêtait à prendre leur commande. Il se pencha pour le reprendre du sol, et laissa son regard éberlué frapper celui de la mutante. L’humain en demeura pétrifié de terreur. Damoiselle Killgrave essuya ses larmes avec le mouchoir de Dane Whitman discrètement, d’une douceur qui différait des mots qu’elle venait d’exprimer. Ses larmes, d’un nombre incalculable, tachèrent le tissu d’un violet indélébile. Déposant sa possession sur la table, les larmes violettes devinrent des branches qui s’approprièrent la blancheur du tissu au cœur de leur entièreté. Kara confronta l’employé de face qui ne sut faire que détourner son regard du sien – d’une féérie vengeresse.


« Monsieur Whitman, vous n’auriez pas dû sauver un démon de sa peine de mort. Je n’ai jamais voulu vous rencontrer ou même être sauvée par vos soins. » Une deuxième retraite verbale. Le silence s’imposa quand la jeune femme releva son faciès du sol en dardant des paupières noyées vers son interlocuteur : « Vous n’auriez pas dû…me donner des… » Sur ces mots secs et lourds, Kara dut se lever et placer une paumes tremblotante devant ses lèvres afin de ne pas vomir. L’employé l’aida à ne pas s’effondrer, curieux de toucher une chair d’un lilas si spécifique. La main l’un dans l’autre, le jeune homme en fut intimidé, mais demeura professionnel. Sa main la quitta, mais son esprit en demeura empreint de moult questionnements. Le principal demeura pourquoi il avait deviné la commande de sa cliente violette aussi facilement. Killgrave marcha d’un pas léger jusqu’aux salles de bain, très bien indiquées, en compagnie de son accessoire champêtre. Les brûlures au niveau de ses membres inférieurs semblaient prédominantes.

Une fois arrivée dans les lieux proclamés féminins, vomissant pendant un quart d’heure de la bile, avec violence et agressivité, la jeune femme put revenir à ses sens au final. Une fois que la force de se relever debout lui revint, elle rinça son visage et lava ses dents – oui, une ballerine n’avait pas d’autre diète que l’anorexie et le menthol. Elle en profita pour s’injecter d’autres narcotiques dans le bras droit. Quittant ces lieux reclus aux odeurs douteuses, la mutante revint auprès de Dane avec une faiblesse évidente. Sa peau d’un mauve indéniable venait de s’affaiblir de plusieurs tons. Ce lilas venait de prendre une teinte opalescente – argentée, chaque veine de sa silhouette palpait au rythme de sa marche.



« Monsieur Whitman, veuillez me pardonner… Je ne suis pas accoutumée à m’exprimer avec quelqu’un.  »
Des yeux d’un zénith ahurissant devinèrent l’incongru de la situation, et avec gêne, la jeune femme regagna son siège vide. Et sans même pouvoir laisser une chance à Monsieur Whitman de s’exprimer, elle susurra : « J’ai rempli mon rôle : un vaccin contre ma maladie est disponible. Le monde peut être protégé des Killgrave à tout jamais. Étant la source du vaccin, ma vie est une menace à autrui. » Ces mots démontrés plus tôt sur le sable d’une plage après avoir été réanimée se dévoilèrent de nouveau, avec une clarté plus brûlante qu'auparavant, pendant que Kara fixait Dane avec une ardeur meurtrière –sanguinaire.

« Je ne veux plus me battre pour une vie que je n’aurai jamais – dans un monde qui n’a plus d’amour pour ma personne abjecte. Ne suis-je pas une menace – dangereuse- pour tout le monde? Y avez-vous songé? » À ces mots, la jeune Killgrave forgea ses bras sur elle-même, pendant que toutes les personnes présentes portaient leur regard sur Dane Whitman – même l’alcoolique effondré. « Monsieur Whitman, ma vraie paix, où se trouve-t-elle? » Dès cette question, sans un seul geste de la Killgrave, tous les êtres humains présents reprirent leurs occupations respectives. La violette balança son crâne de gauche à droite puis reçut un fusil au niveau du crâne sur la droite. Une énième larme vint rejoindre ses consoeurs, pendant que la violette laissait sa main rejoindre celle de son influencé – ledit serveur de tout à l’heure. Le regard trouble, une force semblait le posséder, alors que la mutante ne tremblait pas. L’arme fut pointée ver le sol, déposée sur leur table puis oubliée par le fameux employé. Un aller-retour lui permit de leur servir leurs assiettes communes – au décompte de treize. Deux services constituaient la commande du Avengers, pendant que la violette avait inconsciemment commandé des arnes à feu diverses- ce qui ne passa guère inaperçue. La jeune Killgrave prit la petite serviette à ses côtés et poussa l’arme à feu en direction de son interlocuteur : « Ne plus penser et ne plus parler, mes seuls esquives… » En fleurs et en larmes, son regard d’un bleu flamboyant au zénith sema d’autres larmes : « Laissez-moi la retrouver, je vous en supplie… »


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Lun 29 Oct - 8:50
Dane fronce les sourcils, quand Kara commence à parler dans le bistrot.
Il ment, donc ; okay.
S’il se réjouit qu’elle reprenne la parole, il espérait un autre contenu.


« Hem. Jolie entrée en matière. »

Il soupire, légèrement – mais conserve son regard sur elle, et demeure en avant ; près d’elle.
Pour ne pas la lâcher.
Il hausse néanmoins les épaules, et sent ses joues rosir, quand la jeune fille explicite sa pensée, et rappelle quelques instants encore récents… mais qui lui semblent si éloignés ; tant est arrivé, depuis. Tant arrivera encore ce soir, sûrement.


« J’ai… okay. Okay, j’l’admets, mais… »

Il décale légèrement sa tête de biais, et son sourire se fait plus timide.

« … ne m’reprochez pas d’avoir voulu jouer au gentl’man. »

Dane espère que ces quelques mots permettent de réchauffer la conversation, de la déporter vers des thèmes plus agréables ; peine perdue.
Kara Killgrave enchaîne encore, et se livre – ce qu’il apprécie, et ce qui l’intéresse, surtout.


« Mmh. »

Il grogne et hoche la tête, pour l’inviter à continuer, pour l’encourager.
Il note, cependant, quelques éléments. Ce souhait de suicide, évident ; ce désir de la rejoindre, de ressentir son amour, ce qui implique la perte d’un être cher… peut-être une mère, Kara apparaît encore bien jeune. Ou une compagne, plutôt, peut-être ; une mère est rarement une raison de vivre, plutôt l’inverse en vérité.
Il remarque encore l’hésitation, le trouble – qu’elle évoque directement, en lui reprochant ses actes ; son geste. Sa survie.


« C’est faux. Et vous l’savez. »

Le ton est doux, la réplique est dure ; savant mélange, qu’il entend poursuivre.

« Vous n’pouviez vivre, si vous vous sentiez mourir. Il ne s’agit qu’d’une illusion d’votre esprit, une réaction chimique du cerveau qui tente de gérer la crise qui atteint vot’corps, et essaye d’éviter la panique en vous bombardant d’éléments internes afin d’vous apaiser ; ça peut provoquer des illusions, également. »

Il esquisse un maigre sourire.
Il a bien entendu, écouté et noté, oui ; sa maladie ne fonctionne pas dans l’eau. Soit.
Il n’empêche.
Il ne peut la laisser poursuivre dans cette fantaisie ; pas sans répliquer.


« J’peux comprendre l’besoin d’disparaître – d’s’évaporer, face à la douleur, l’deuil, la perte, la culpabilité, l’remords. La souffrance, absolue, qui s’enfonce dans vot’chair, qui bloque vot’respiration, qui anéantit toute autre pensée.
J’peux comprendre. »


Car il est lui-même passé par ces moments-là ; souvent. Hélas.

« Mais je n’peux considérer ça comme une solution – pas quand j’suis persuadé qu’il en existe d’autres. »

Il s’avance, bien sûr ; il bluffe.
Mais ceux luttant pour empêcher certains de se supprimer ne le font-ils pas tous ?


« Et je p… »

Mais Dane s’arrête – car il entend, il sent la gêne du serveur, qui approche après avoir laissé échapper son calepin.
Kara essuie ses larmes, tâche de manière indélébile le mouchoir. Le serveur recule, les laisse encore, et la jeune fille reprend ; sur les mêmes bases.
Lui aussi.


« J’ai une passion pour les causes désespérées, Miss Killgrave. La preuve, j’me permets encore d’être parmi les vivants. »

Une confession dure, mais vraie ; et volontaire.
Il n’y a pas qu’elle qui a pu esquisser de telles pensées. Il n’y a pas qu’elle qui puisse souffrir… même s’il doit reconnaître qu’elle semble atteindre un certain sommet, en effet.

Mais il ne dit rien de plus, cependant.
Car Kara se sent mal.

Dane se redresse, bien sûr, et veut l’aider – en vain. Le serveur est là avant même la moindre demande, et il ne peut réprimer le doute qui apparaît dans son esprit ; le trouble, qui se confirme alors que le serveur aide la jeune femme, en devançant le moindre geste, la moindre demande.
Elle recommence.
Mais… pour tenir, cette fois-ci ; pour ne pas s’effondrer. Il ne dit rien, alors.


« Re… faites au mieux, Miss. »

Elle s’en va, donc.
Aidée par le serveur, puis par elle-même, elle s’en va.
Et ne revient pas avant… longtemps.
Pendant plus de quinze minutes, Dane Whitman reste seul – et tente de comprendre. De réunir les éléments, de synthétiser ses connaissances, de réunir les pièces ; pour comprendre, pour essayer de s’approcher du mystère.
En vain, évidemment.
Kara Killgrave demeure une inconnue, mais… il veut l’aider ; il la sent s’effondrer, et il veut l’aider. Peut-être parce qu’il a besoin d’une victoire. Peut-être parce qu’il reconnaît ses propres démons en elle.
Peut-être parce que les démons s’entraident, finalement, face à cette lumière qu’on leur impose, et qui ne fait que les brûler.


« Ho. »

Il esquisse un sourire sincère, quand elle revient, et se lève pour l’aider à s’installer.
Il la laisse parler, ensuite ; hoche la tête, pour l’accompagner – même si ses sourcils se froncent, à mesure qu’elle poursuit sur le même thème, et évoque des éléments qui lui déplaisent. Fortement.


« Hum. Je n’partage pas l’avis qu’on a tous une… fonction, un truc à faire, un rôle ; j’pense qu’on est plus que c’rôle, Miss.
J’pense que vous êtes plus qu’ça. Qu’vous pouvez apporter plus qu’ça. A ceux qui… font l’effort d’vous forcer à l’faire. »


Il note, néanmoins, encore ces éléments.
Maladie inefficace dans l’eau ; vaccin ; plus les cicatrices, les blessures, la perte d’une femme chère à son cœur.
Il note. Il réunira les éléments… plus tard.


« Miss. »

Dane sent l’attention, sur lui ; des trop rares personnes encore présentes, après les quelques mots de Kara.
Il s’en fiche.
Il ne s’occupe que d’elle. Il n’a d’yeux que pour elle – mais remarque, du coin de l’œil, que les autres retournent à leurs… fonctions. Et il sait pourquoi.
Tout comme il comprend pourquoi il bénéficie de mets fort goûteux… et elle d’armes, sûrement récupérées à l’arrière ; il soupire, légèrement. De peine, pas d’inquiétude.


« Miss. Ecoutez-moi. »

Il esquisse un léger sourire, puis se penche en avant – et lève sa main, pour la poser sur celle de Kara. Et imposer un rapprochement, un contact.
Une douceur.


« J’pense qu’vous pouvez être dangereuse, ouais ; comme d’autres. Comme un type qui a un marteau enchanté, ou un type qui a une fichue armure d’combat, ou… ou un type avec une épée. »

Il se penche en avant, et esquisse un sourire complice – et triste.

« Maléfique. Qui l’pousse à faire d’sales choses. Franch’ment, Miss… qu’est-c’qui est l’pire ? Vraiment ? »

Dane soupire, lourdement, puis secoue lentement la tête.

« J’peux comprendre, Miss. J’peux comprendre c’qui… c’qui vous pousse à tout ça ; vraiment. Mais… »

Son sourire se veut rassurant, doux, agréable.

« La paix s’construit, Miss. Tous les jours – mais pas seule. On peut pas l’faire seul, et… et… »

Il hausse les épaules, doucement.

« … j’peux vous aider. Si vous l’voulez bien, si… vous m’laissez une chance. »

Il se recule, légèrement, puis de sa main libre pousse son assiette vers elle.

« Et si vous… goûtez ça. Vous m’en direz des nouvelles, promis. »

La nourriture.
Ne dit-on pas que l’on peut séduire, convaincre et vaincre uniquement par le ventre ? Dane Whitman l’espère ; Kara Killgrave le montrera !

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Mar 30 Oct - 7:33
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

And Ink would run into the flow of his veins, waiting to burst with rage and passion - A.

Le fleuve qu’était devenue leur conversation ne faisait qu’affluer davantage. Ce qui terrorisait Kara puisque le Chevalier noir lui répondait toujours avec une lance d’espoir et un marteau de vérité. En tranchant d’un regard ambré et troublé le silence entre eux, ses paroles résonnèrent longtemps dans son crâne. Elle mijota un temps, si ce n’était pas une deuxième éternité d’isolement à ses yeux. Son menton hocha deux, trois fois – libérant toujours des perles sur son visage qui ne manquait d’être noyé de nouveau. Ses paumes dissimulent momentanément ses tempes munies d’un mouchoir de dentelle brodé à son nom. Les larmes de toutes couleurs en marquèrent le tissu d’une manière inexplicable : de vrais arc-en-ciel qui tourbillonnaient. Killgrave en disposa dans une de ses poches, pendant que son expression transcendant la détresse devenait plus calme – voire stable. Sans tomber dans une expression joyeuse, cette neutralité ou cette absence de réponse ne lui ressemblait guère. Peut-être était-ce une haine viscérale? Peut-être était-ce du pur dédain? Peut-être était-ce de l’apaisement? La lueur qui vibrait dans ses iris n’était plus que ce sentiment de relâchement, de plénitude et de loyauté.

« Monsieur Whitman, ma mère me manque. »


Soudain, il lui demande de l’écouter à deux reprises. Cette exigence s’accompagne d’un autre toucher qui incommode la mutante dont la main se glaça – sans compter de son épiderme d’une froideur épouvantable et désagréable. Ce qu’elle craignait allait se produire une fois de plus, et sans réussir à réagir à temps, car sa pensée fut occupée par les paroles de son interlocuteur qui avouait sa véritable pensée, mais aussi un élan de positivité qui lui était étranger. Instinctivement, sa main accepta la sienne sans manifester son approbation.

Cependant, la chair de l’homme devint striée de minuscules particules violacées au niveau de la paume. Sans la moindre sensation tactile, ces anomalies n’étaient que le résultat d’une surcharge de phéromones dans le sang de la violette. Elles étaient inoffensives, et disparaîtraient certainement d’ici cinq minutes. L’affirmation de sa compréhension à son égard, de sa relativisation excessive avec d’autres cas populaires qui étaient ses collègues de travail, son explication de la pax intérieure et… Un désir de l’aider, d’insister une fois encore sur ce point. Il finit ses phrases entrecoupées par une proposition de prendre une bouchée de son plat au cœur de toutes ces armes à feu qui traînaient encore sur la table du restaurant. D’un calme impressionnant, le jeune serveur revint les reprendre avec délicatesse sans déranger ses clients. Sans le moindre, un regard de Killgrave l’en libéra une fois ces plats oubliés.

La jeune femme retourna sa main qui était sous la sienne pour dévoiler une paume violette. Ses yeux fixèrent la main mauve du Chevalier noir un long instant puis revinrent à ses yeux. La main de la mutante effleura sa paume une infime seconde afin d’en effacer toute trace de sa présence. Véritable anorexique émotionnelle affamée, Killgrave rompit ce long contact visuel et observa furtivement la table qui présentait une chandelle blanche. La flamme attisa son attention qui revint finalement à Dane Whitman. Un sourire perça ses larmes qui s’étaient tues.

Ce dernier se tourna vers l’Avengers – une tristesse permanente y persistait. Il s’agissait probablement de son expression depuis presque une décennie. Elle s’empara d’une fourchette à ses côtés, prit une bouchée de cinq millimètres par sept. Sa mastication fut lente et douce, sans un bruit. Lorsque la phase d’avaler lui vint, la jeune femme toussa une fois et son visage se crispa avec une douleur minime. Sans adresser sa difficulté à s’alimenter, la jeune femme esquissa un second sourire :


« C’est un bon choix. Cependant, je crois que… » Une fois de plus, une fois de trop, le serveur arriva et présenta une crème de légumes à la mutante qui plaqua littéralement sa paume sur son front afin de dissimuler son regard étonné, choqué. Lorsque qu’il les eut quittés, Kara eut un sourire exprimant sa défaite. Certes tout cela admettait qu’elle-même avait de la misère à planifier l’étendue de son influence – tant sur une plage consciente que subconsciente. « Je ne sors jamais de chez moi pour cette raison. » dit-elle un air narquois qui lui seyait à merveille, esquivant de justesse la moquerie. « Cela reste moins flamboyant que la dernière fois ou soixante-quinze criminels ont dansé comme des poulets en descendant dix coins de rue de la ville pour se dénoncer au NYPD. C’était un accident... » Une certaine détresse semblait l’habiter, malgré cette image épouvantablement grotesque. Sa main droite demeurait sur le haut de son visage toujours en état de réflexion. Or, ses prochains mots devinrent sévères.

« Monsieur Whitman, je vous remercie…» Kara déposa une main sur son avant-bras, la ou sa manche protégeait ses téguments. Sans prendre trop de temps, elle dit doucement en croisant son regard : « Je ne me sens plus seule. » La difficulté qu’elle ressentit pour prononcer cette confession, cet aveu lui avait pris toute sa force afin de laisser quelques informations percer son mystère, sa carapace violette et sa maladie dont la fin ne semblait pas exister. Reprenant aussitôt ce contact physique qui l’effrayait au plus haut point – il demeurait facile de remarquer son inconfort avec les contacts physiques, même ceux qui restaient des réflexes naturels -, Killgrave déposa ses mains sur ses cuisses et ignora toujours la nourriture qui siégeait devant elle.

Toutefois, en jouant avec le bout de sa veste de laine, dévoilant une certaine nervosité qui n’avait pas lieu d’être, Kara osa regarder son interlocuteur une fois encore. Ses iris avaient repris une autre dualité, des dunes de sang mêlées à un turquoise océanique du Sud. Une main nonchalante prit une cuillère, et la fit tournoyer délicatement sur la table avant de laisser entrevoir cette nature candide d’une fille à peine sortie de l’adolescence dont le faciès sévère et tourmenté semblait avoir vécu un siècle.

Sans cacher sa jeunesse, sa floraison en progression au détriment d’un physique des plus étranges, sa main redéposa le couvert en se ressaisissant comme si une lacune avait finalement percé ses bonnes manières qui transperçait toutes ses apparences malgré tout. Le dos droit, en tout temps, sans connaître un seul instant de relâche, les chevilles croisées sur un côté et les épaules rangées vers l’arrière. Évitant en tout temps l’ombre d’un coude sur la table devant elle. Ne savant plus comment détourner la conversation, elle reposa son regard désormais doré, enflammé d’espoir sur l’ombre du Chevalier noir. Sa gêne fut témoignée au creux de chacun de ses gestes gracieux.
 


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Mar 30 Oct - 10:34
Dane sourit, et attend.
Une nouvelle fois, il espère avoir réussi à percer la carapace de Kara Killgrave – une nouvelle fois, il nourrit de nombreux espoirs de parvenir à l’atteindre, d’en apprendre plus sur elle… mais, surtout, de l’apaiser ; au moins un peu. Au moins une heure.

Il attend, donc.
Et tente de ne pas s’emporter, quand certains signes semblent aller en sa faveur.

Notamment quand il la voit… attendre, patienter ; demeurer silencieuse, mais sans geste brusque, sans mouvement spécifique, sans réaction. Notamment quand il la voit hocher de la tête, au fil de ses mots, comme si elle les accompagnait, comme si elle y acquiesçait. Notamment quand il la voit pleurer, mais plus calmement, plus posément.

Il prend sur lui. Il essaye de ne pas trop espérer.
Même si, soudain…


« Ho. »

… elle reparle ; et se confie.
Après son silence. Après son immobilisme. Après ses hochements de tête. Après ses larmes, calmes, et ce regard, intense mais… différent.
Elle parle. Elle se confie.
Vraiment.


« Je… j’vous présente mes condoléances, Miss. »

Dane hoche la tête, grave et sérieux ; mais sa voix demeure douce, chaude, autant que possible.

« J’ai… perdu mes parents, également. D’jà. J’l’es ai d’jà perdu, et… et j’peux comprendre. L’absence. Le manque. »

Même s’il est certain, déjà, que la perte subie par Kara est bien plus terrible, bien plus douloureuse, bien plus abominable que la sienne ; mais, quand même.
Dane a aussi perdu ses parents. Il peut comprendre.

Il reste silencieux, alors.
Il reste silencieux, après avoir parlé – après avoir tenté, encore, de la convaincre, en lui démontrant sa bonne, foi et sa volonté farouche d’aider.
Cela semble fonctionner.
Déjà, elle accepte sa main… ce contact entre eux, doux et sympathique, bien qu’un peu gauche. Le regard concentré sur elle, il ne voit pas les éléments qui apparaissent sur sa main – les petites marques, surprenantes et violacées, qui semblent provenir directement de Kara ; il ne les remarque pas… et même. Il s’en ficherait.
Elle seule compte.
Il veut l’aider ; un peu pour se prouver qu’il le peut, que parce qu’il a une envie sincère de le faire.


« Hum. Bon appétit. »

Dane prononce ces deux mots en français, dans un accent horrible ; qui le fait glousser, se moquer de lui-même.
Mais il apprécie, ce qu’il se passe. Il apprécie ce contact, il apprécie de la voir s’emparer de l’assiette – il apprécie, aussi, que le serveur revienne, et se débarrasse des armes. Il prend cela pour un acte positif, une avancée entre eux.
Il se raccroche à tout, définitivement.
Et ne fait pas attention au reste, regarde à peine sa main quand Kara la retourne, et la touche. Il croit voir quelques éléments violets, mais… c’est la lumière, très basse ; ça doit être ça. Il refuse toute autre explication.


« Mmh. »

Il sourit, légèrement, quand elle regarde rapidement à côté, et se refixe sur lui ; pour sourire.
Il apprécie. Ce sourire. Le geste. L’attention.
Et ce que ça peut dire, aussi.
Même s’il se permet un léger sourire, malgré sa gêne, quand il se rend compte qu’elle mange… avec difficultés, hélas.


« Je… j’suis ravi qu’ça vous plaise. »

Sincère, encore.
Même si la surprise l’atteint, quelques instants, quand le serveur revient – avec un autre plat ; a priori plus convenable, pour elle.
Il hoche la tête, lentement, pour accompagner ses paroles, et comprendre ce qu’elle dit.


« Je… j’vois. Ça… ça d’vait être un sacré spectacle. Dommage qu’ça soit pas en ligne. »

Dane se penche légèrement en avant, appuie ses bras sur la table, et esquisse un sourire amusé.

« Z’auriez fini riche. »

Il hausse les épaules, avant de reprendre un air plus sérieux.

« Mais… j’comprends. Enfin. J’peux comprendre, pourquoi vous… évitez d’sortir. J’peux comprendre. Même si… j’pense qu’il peut y avoir des solutions. »

Un autre hochement de tête, et une pointe de sourire rassurant au coin des lèvres.

« Y en a toujours. La preuve, j’suis là. »

Un clin d’œil… avant que ses yeux ne s’ouvrent, plus.
Sous la surprise.
Sous le choc.
Sous la révélation.


« Ho. »

Un souffle, comme réaction.
Car Kara l’a surpris.
Car Kara a baissé sa main, a redescendu son bras – et a reposé sa main sur lui, avant de la retirer ; mais elle l’a fait.
Car Kara a parlé, surtout. Car Kara s’est ouverte. Car Kara a osé.
Car Kara… s’est emparée de la main tendue. Enfin.


« Miss Killgrave. »

Il délie ses bras, et se penche en avant. Il pose une main vers elle, et l’autre s’approche de son épaule pour l’effleurer.
Contact rapide, doux, un peu gauche ; mais sincère, et pur.
Comme son sourire, immense.


« Ne m’remerciez pas d’faire c’que j’ai envie d’faire, mais… »

Il hoche la tête, pour accompagner ses mots ; sincères, toujours.

« … c’est Dane. Mes amis m’appellent Dane.
Et j’aimerais beaucoup vous comptez parmi eux. »


Kara Killgrave a joué avec sa nourriture, et ça l’amuse ; mais elle a besoin de manger, il le sait.

« Et… j’veux vous aider, encore. J’veux continuer.
Je… j’voudrais vous proposer quelqu’chose. Vous mangez, là. Vous mangez c’que vous pouvez, on… on discute si vous voulez, ou pas ; mais vous mangez. Et après… j’vous amène dans un endroit pour vous r’poser ; et vous vous r’posez. Et j’serais à côté. Dans la pièce d’à côté.
Pour vous protéger. Et… pour être là vot’réveil. Pour un p’tit déj’. »


Il recule, légèrement, car la position est désagréable.

« Entre amis. »

Il hausse les épaules.

« Okay ? »

Dane prend alors une fourchette, et s’empare d’un bout du repas ; excellent, comme son expression le démontre.

« Et… bon… si v’voulez pas parler… j’peux reprendre la parole, hein… j’suis sûr que vous adoreriez savoir comment c’est difficile d’ressusciter administrativement, dans cette ville… »

Il glousse, mais sait qu’il a bien d’autres histoires à raconter ; bien plus terribles.
Qui ne sont donc pas à l’ordre du jour, clairement !

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Ven 2 Nov - 6:33
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

As she talked to her mother while holding her hand, you can go, she whispered. Death was her mother's answer. - Nobody

Éberluée. Muette. Secrète. La jeune femme regarde son interlocuteur avec un faciès atteint par l’étonnement. Au fil de ses répliques, cette dernière parvint à poser une main sur la nappe blanche qui laissa des filaments violets marquer cette blancheur immaculée. Lorsqu’elle apprit la perte de parents, la violette relativisa en son for intérieur et comprit sa tentative de dédramatiser la situation. Certes il n’avait pas reçu un couteau dans le cœur de la part de sa génitrice. Cela restait une situation assez unique en son genre.

Ne s’apercevant guère de cette paume imprimée sur la table, Killgrave eut un mouvement de recul en apercevant cette main s’approcher. Heureusement, il ne fit que l’effleurer. Selon ses propos, il lui offrait son aide et insistait à lui offrir sa compagnie amicale pour le reste de la nuit. Il voulait aussi l’inviter pour le petit déjeuner, et semblait définitivement à souligner l’acte de se nourrir.

Kara releva ses sourcils davantage, et demeura au minimum cinq minutes dans un mutisme des plus effroyables. Elle se racla la gorge, tenta de formuler une phrase qui ne parvint absolument pas à quitter sa gorge. Repoussant ses longues boucles violettes derrière ses oreilles, la mutante se releva de sa chaise une fois de plus et quitta l’établissement dans un mouvement si vif et gracieux que la porte ne fit aucun bruit lors de sa fuite. Or, son acte fut interrompu lorsqu’elle se tint face à l’endroit et se retourna trois à quatre fois avant de rentrer tout aussi spontanément.

Killgrave reprit siège, et ouvrit son sac en question une seconde fois. Elle en ressortit un téléphone intelligent, dont l’écran tactile s’alluma à l’ombre de son index. Une photo d’un couple assez inédit y figurait : elle-même et un colosse de métal la dépassant d’un minimum de quatre têtes. L’hésitation semblait la tracasser lorsque la jeune femme ouvrit son appareil, glissa son doigt sur le pamphlet de la galerie puis des vidéos. D’accord, cela s’était produit.

En s’assurant de baisser le son, et de cacher les dernières deux cents soixante-treize notifications de ce petit ordinateur, parmi mille et une vidéos, un petit écran fut choisi lorsque l’appareil fut tourné vers le Chevalier noir. Celui-ci commença par une voix brute, mâle, rauque et rouillée s’exclamant en longeant un trottoir:
« Holy Fudge! Kara! Je ne te ferai plus jamais écouter une annonce de PFK avant de sortir les chasser dans la cour de récré’! » Par la suite, une tête violette cachant son visage de côté et une légion de mutants aux traits divers imitant des poules avec leur cri, leurs mouvements gesticulant tels lesdits animaux. Ces champions du crime, dont Crapaud et quelques autres, avaient un jeu de théâtre approchant la perfection. Lorsque celui qui tenait l’appareil filmait, ses pas laissaient résonner un écho métallique. Il parla quarante-cinq secondes plus tard : « Chérie, rappelle-moi…Tu penses à quelque chose, à quelqu’un…puis tu constates que c’est trop tard. Tout le monde est influencé. Est-ce que c’est aussi sournois que cela? » Lors du milieu de cette question, une main mauve criblée de sang se plaqua sur l’écran avec ferveur. Renvoyant son téléphone intelligent au fond du sac, la violette regarda Dane Whitman avec un sourire exprimant toujours la même timidité.

« Ma vie est persécutée d’exemples comme celui-ci. Vous-même l’avez vécu tout récemment en méditant. Bien malgré moi, je n’en avais aucun désir de vous l’imposer. L’humour noir de mon esprit avait tout simplement frappé mon inconscient. J’essaie toujours de contrôler chaque mot qui traverse ici… » Son index s’apposa sur son front puis sur sa gorge : « Et là. » Elle semblait plus à l’aise tout à coup. La serviette autour des couverts fut déroulée puis posée avec délicatesse sur ses cuisses recouvertes de laines et de brûlures avant de s’emparer de nouveau de la cuillère. Elle refit tournoyer celle-ci quelques fois, une once de nervosité la traversait de nouveau. Une première bouchée de sa soupe entra à l’intérieur de sa bouche, coulant sur sa langue sèche. Une première victoire pour son interlocuteur. La mutante reposa aussitôt son couvert et formula doucement : « Ressusciter sous un faux nom est d’une facilité épouvantable dans mon cas… Du moins, croyez-moi, je suis utile pour régler des problèmes administratifs! » Cette voix calme était nouvelle chez la violette qui affichait un sourire presque coquin ou même candide. La jeune femme continua de s’alimenter, chaque bouchée étant espacée de presque cinq à dix minutes. L’acte de porter de la nourriture, bien que peu nourrissante et quelconque, à ses lèvres semblait à tout prix lui crever le cœur – lui provoquer une douleur incommensurable. « Partagez, racontez, je vous en prie, Monsieur Dane… » C’était une légère évolution, mais la jeune femme semblait employer le vouvoiement et l’usage des titres sociaux d’un naturel éloquent – comme quiconque ayant vécu à une autre époque que la leur. Peut-être, même avait-elle été élevée avec une rigueur si extrême que de dévoiler son respect envers tout être vivant d’un âge supérieur au sien était gravé dans son âme à l’arme blanche à tout jamais. Ou avait-elle vécue une expérience de soumission et de domination. Qui sait.

« Monsieur Whitman. Veuillez me pardonnez. Être familière me vient avec une telle difficulté. J’essaierai de m’améliorer par rapport aux pronoms aussi. »

La violette avait parlé avec un léger accent londonien, bien qu’elle n’y ait jamais mis les pieds. Elle semblait avoir été élevée avec une étiquette si rigoureuse qu’avoir une conversation simple lui plaçait des titres, un vouvoiement à toute épreuve et une importance attachée aux titres en société. Kara semblait vraiment venir d’une autre époque à certains moments. La jeune adulte n’eut aucun sourire par la suite, se contentant d’offrir un visage ouvert et intéressé au Chevalier noir. Ses lèvres se refermèrent, y pinçant sa main droite sur celles-ci. Ravalant le goût métallique du liquide rougeâtre qui cherchait à remonter de sa gorge, Killgrave dissimula son état avec la serviette à main à sa portée. Elle songea à l’unes de ses premières remarques à l’égard de l’homme, comment son visage était une guerre. Sous la clarté, elle n’en devina que davantage. Profiler les inconnus devenait une sorte de jeu pour la mutante au don de suggestion. Chaque âme perçait sa carcasse animée pour y témoigner un acte différent. Le sien ne divergeait guère de celui des autres. Malgré son intuition d’aider son prochain, Monsieur Whitman n’arrivait pas à cacher à dissimuler un passé sombre, orageux, d’un autre temps qui n’était déjà plus parmi eux. Cependant, son cœur semblait plus pur que celui de bien des hommes. Et Kara avait une aversion particulière envers le sexe opposé. Peut-être était-elle en colère, derrière toutes ces façades.

« J’ai douze ans législativement. D’ailleurs, je le suis encore à ce jour. Je ne pourrais jamais revenir à la vie, car ma liberté serait saisie à tout jamais par les hommes. »

Kara arrêta de manger son plat au deux tiers, et le repoussa légèrement du revers de sa main. Elle releva ses yeux mordorés vers son interlocuteur, et enchaîna : « Quelles furent vos procédures? En espérant ne pas montrer trop d’indiscrétion… Certains témoignages sont émouvants, et leur contenu peut être terrible. » La violette croisa ses mains sur ses hanches, et joua avec la couture de sa veste de laine dans l’espoir d’abaisser son anxiété de poursuivre une conversation.



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Mer 7 Nov - 8:37
Kara Killgrave est une personne étonnante, surprenante.
Définitivement.

Alors que Dane pense qu’il tient le bon bout, alors qu’il croit et espère à une suite positive… la jeune femme réagit d’une manière évidemment imprévue, et qui le laisse incapable de réagir. Complètement choqué et surpris.


« Hem. »

Elle s’en va – et il grogne.
Elle s’en va… vraiment.
La jeune fille se lève, quitte l’établissement, et sort ; sans prévenir. Sans explication, sans information, sans alerte, sans annonce. Elle s’en va.

Et, pendant plusieurs instants, Whitman reste seul… perdu. Incapable de comprendre ce qu’il se passe, ce qu’il a pu faire.
Puis… elle revient ; Kara Killgrave revient.
A nouveau, sans prévenir – sans explication, sans information, sans alerte. Sans annonce.
Elle revient.


« Ho. Bon… retour. »

Il grimace un sourire, tente de paraître à l’aise ; ne l’est vraiment pas.
Puis reprend son mutisme – et l’écoute.
Ou, plutôt, écoute la vidéo issue de son téléphone portable.

Même s’il n’est pas un enquêteur ou un détective, il remarque et note quelques éléments, notamment le fond d’écran de Kara, qui évoque un lien avec une étrange créature. Un lien qui se confirme, via la vidéo, et qui souligne encore l’ampleur de la puissance des pouvoirs de la jeune fille… et, donc, de sa malédiction.


« Ha. »

Il soupire, puis adresse un regard sincèrement peiné vers Kara.

« Je… j’peux qu’imaginer, c’qui vous arrive si souvent. Trop souvent. »

Il hausse les épaules, réellement touché par la situation.

« Et… ouais. J’me doute que ça, tout ça, c’est… c’est pas gérable ; pas gérable au quotidien. »

Dane doute, même, qu’elle dispose d’un quotidien.

« Mais… j’pense qu’on peut vous aider. Que… qu’ça peut être géré. »

Il esquisse un sourire plein d’espoir, réel.

« Après tout… j’ai pu expliquer qu’un pauv’type soit r’venu d’entre les morts, alors qu’j’ai pas vos… facilités. Rien n’est impossible, nan ? »

Il essaye d’en rire, pour dédramatiser ; mais il faudra plus pour réussir.

« Mais… j’pense qu’on peut vous aider ; et j’veux vous aider. Et… ça m’fait plaisir qu’vous mangiez. »

D’un signe de tête, il vise la serviette, dépliée par la jeune femme, puis les couverts, qu’elle utilise ; difficilement, certes. Mais elle les utilise.
Et ça lui réchauffe le cœur, d’obtenir un tel début de victoire.


« Et… bon, j’ai pas grand-chose à r’conter, hein. Je… j’ai disparu six ans, et… et on m’a déclaré mort ; carrément. Quand… quand j’suis rev’nu, je… j’ai contacté une amie, une des rares que j’ai pu encore contacter, et… et elle m’a aidé. Elle… elle est assistante de Stark, et… et elle m’a envoyé un Avenger. Pour certifier qu’j’étais bien moi – et qu’j’étais pas un dingue. »

Même si son histoire l’est, clairement.

« Et m’voilà ! De retour. Complètement… »

Il sourit – puis baisse, soudain, les épaules ; l’expression positive disparaît, aussi.

« … différent d’celui qu’est parti. Et… pas vraiment rev’nu, encore. »

Un aveu difficile, douloureux – mais indispensable.
Pour poursuivre la confiance qui s’installe entre eux deux.


« M’enfin… voilà. Voilà c’que j’peux dire… Miss Killgrave. »

Un léger sourire apparaît, avant un petit clin d’œil ; si elle s’en tient au Monsieur, il fera de même. En espérant l’amuser, légèrement.

« Mais… je, j’sais pas comment vous dire, mais… douze ans ? »

Il pose ses coudes sur la table, ferme ses poings, et maintient son menton dessus, l’air pensif.

« Je… j’suis désolé, mais j’suis… p’têt un peu bête ; j’comprends pas. Vous… vous semblez avoir plus. La vingtaine, p’têt moins ; mais pas douze ans, clairement. Je… vous… vieillissez plus ? Ou… ou si vous dites légalement, c’est… ho. »

Dane grimace, puis s’avance, en croisant ses bras, pour les poser sur la table.

« Vous… l’Etat vous croit morte, c’est ça ? Vous… que s’est-il passé, Miss Killgrave ? Qui… »

Il hésite, doute, s’interroge ; craint d’aller trop loin.
Mais y va quand même.


« Qui êtes-vous, en fait ? J’veux dire… vraiment ? »

Les digues sont rompues – la question est posée !
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Jeu 8 Nov - 8:16
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Before the truth will set you free, it will beat you up - MANTRA

« Mon géniteur est Zebediah Killgrave – l’Homme Pourpre. » Devant son faciès exprimant une pure incompréhension, Kara croisa ses bras sous sa poitrine et recula son dos. Elle s’apprêtait certainement à briser le lien infime de confiance qui les reliait.

Certes il l’avait sauvée de la noyade, l’avait ramené à sa nature douce et paisible qui s’éteignait de jour en jour au sein de cette réalité dangereuse et tragique. Elle poursuivit d’une voix délicate, entrelacée d’une détresse psychologique si profonde que rien ne pourrait la consoler :
« Ce mutant se croit supérieur aux êtres humains. Il est un violeur et un tueur en série. Grâce à notre pouvoir de suggestion, il manipule qui que ce soit sans problème. » Une pause, Killgrave prit une gorgée de son verre d’eau et le reposa en tremblant légèrement. « Il est devenu populaire par sa mort. Jessica Jones lui a tordu le cou en public. Ce qu’elle ignorait, c’est que l’Homme Pourpre a un pouvoir de régénération. » Ses yeux vinrent s’encastrer dans ceux du Chevalier Noir.

« C’est une héroïne formidable. Je vous souhaite de croiser son chemin. Elle a survécu à huit mois de contrôle par Killgrave – et croyez-moi, il l’a violée, séquestrée, torturée, obligée à employer ses pouvoirs pour tuer. » Le regard autrefois candide de la mutante devint d’un sérieux incontestable, leurs teintes devinrent aussi sombres que la nuit, tombant presque dans un noir complet qui touchait ses paupières lilas. Ses lèvres rosées devinrent rouges comme le sang, pendant que Kara passa ses mains sur ses tempes pour lisser ses boucles derrière ses oreilles. « Ma mère a été l’une de ses innombrables victimes. Elle a pu s’enfuir. » Le simple fait de faire référence à sa mère, à son ange gardien lui provoqua une expression de douleur – d’une sincérité écrasante. La jeune adulte désira s’arrêter, mais les mots coulèrent à flots tels les larmes rouges qui vinrent arpenter son cou. La violette commença à se noyer sous le poids de ses propres mots.

« Je suis décédée à l’âge de douze ans lorsqu’elle a planté un couteau dans mon cœur après la naissance de ma maladie. En conclusion des événements, elle s’est tiré une balle dans la tête. » Sa respiration jusqu’ici contrôlée devint rare et très douloureuse. « Killgrave veut que je devienne comme lui – un être abominable. Il me poursuit depuis six mois... » Ensevelie d’émotions si puissantes, Kara dissimula ses mains autour de sa taille avec des tremblements de plus en plus forts – comme si la jeune femme tombait peu à peu en hypothermie. La sensation d'être enterrée vivante lui vint même à l'esprit. Sans défaillir de sa chaise, la créature à la chair étrange se tut enfin, ne pouvant plus formuler ou même écouter une phrase de plus. Un geste de la main indiqua à son interlocuteur qu’elle ne pouvait plus communiquer ainsi, aussi rapidement aussi profondément sur sa personne.
Certes ce n’était qu’une infime partie, une brève introduction des plus lourdes.

Elle s’excusa, essuya ses sentiments torrentiels de son visage et retint son pouvoir de faire pleurer tous les gens qui les entouraient. Kara interrogea sa stupidité de partager autant avec un pur inconnu – un Avengers, un être humain qui clamait avoir voyagé dans le temps, une âme qui semblait errer entre un passé mystérieux et un présent inerte.

Soudain, ses mains placèrent la serviette blanche garnie de pépites colorées près de sa soupe. Le serveur vint débarrasser son côté de la table puis remarqua l’état de la mutante – dévastée dans un mutisme catastrophique. Le jeune homme n’osa rien relever de leur situation, mais il apposa une main chaleureuse dans le dos de damoiselle Killgrave. La réaction violente de Kara fut de plaquer sa main contre son bras pour l’éloigner d’elle. Dans sa torsion, la jeune femme fut éprise d’une telle surprise que sa chaise se renversa sur le côté. Chutant sur sa hanche gauche, Kara balaya sa main droite – ce qui laissa l’employé oublier tout ce qui venait de se passer et retourner à ses oignons. Il revint une seconde fois apporter un thé à la mutante sans que cette dernière n’ait formulé un seul mot.

Lissant sa jupe, Kara se releva et se pencha pour replacer la chaise. Plusieurs secondes s’écoulèrent avant qu’elle ne tente de se rasseoir avant de laisser tomber son idée. Ses mains caressèrent le dossier du mobilier avant de se convaincre de rester, de faire un effort surhumain pour ne pas prendre la poudre d’escampette. La jeune femme reprit siège en soupirant de douleur une fois de plus.
« Comment faîtes-vous pour tolérer ce sentiment d’être irréparable? » Une question bizarre qui convenait à son hôte. Refermant son vêtement davantage sur elle-même, Kara apposa son front sur sa main gauche et préméditait déjà la réponse positive du héros que Monsieur Whitman allait probablement lui donner.

Elle ne se sentait plus en vie depuis si longtemps. Depuis toujours, Kara dansait du matin au soir sans connaître l’épuisement – seule l’extase la conquérait par un sentiment d’abandon. De sentir sa mort planifiée interrompue la dévastait de plus en plus sans même réaliser tout ce qu’elle aurait pu manquer si elle n’était plus en vie. La jeune femme cacha son visage dans ses mains, n’osant plus regarder son interlocuteur sans ressentir ce fardeau immortel qui brûlait son âme et assassinait son cœur à répétitions.


« J’aurais aimé vous rencontrer à un autre moment. J’aurais aimé vous faire confiance, mais l’humanité m’a trop exploitée. Je ne sais plus quoi faire. »

Leur discussion n’aurait aucun autre débouché que la sévérité et la vérité.



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Jeu 8 Nov - 14:45
La question est terrible.
La réponse aussi.


« Ho. »

Kara est la fille de Zebediah Killgrave ; l’Homme-Pourpre.
Mais Dane Whitman ne le connaît pas.
L’effet de la révélation tombe légèrement à plat, donc. Et cela doit se voir sur son visage, rongé par l’incompréhension… et la gêne, de ne pouvoir comprendre, et donc compatir directement à la peine et au destin de la jeune fille.


« Hem. »

Mais… celle-ci s’en rend compte ; elle le voit, le comprend.
Et Kara se lance, alors.
Elle comble les blancs. Elle explique, elle présente l’homme… son père ; son géniteur, plutôt.
Le monstre.

Zebediah Killrage est donc un Mutant ; elle aussi, alors.
Il est un violeur, un tueur, il manipule autrui, sûrement avec moins de remords que sa fille. A priori, il a bénéficié d’une popularité après son décès, provoqué par une certaine Jessica Jones… un nom qui dit quelque chose à Dane, mais sans provoquer de vraie remontée de souvenir.


« Je… vois. »

Ce qui n’est pas vrai – mais il fait semblant, pour qu’elle continue.
Leurs regards sont noués, liés ; il refuse de couper le lien. Il maintient ce pont entre eux, et acquiesce au fil des mots, pour l’accompagner.
Il ne la lâchera pas, il l’a dit. Il ne la lâchera pas.


« Hin-hin. »

Il grogne, et encaisse ; les informations, les révélations.
Sur Zebediah – sur le monstre.
Mort, donc. Mais revenu. Hélas.
Dane Whitman sent une bouffée de fureur, de colère noire – de haine, véritable et définitive. Il la sait provoquée par l’Epée d’Ebène, qui tente toujours de rebondir sur ce qu’il vit, ce qu’il entend… pour le pousser au pire ; au meurtre, qu’elle appelle de ses vœux.
Il le sait ; et il sait que s’il le tue… il s’enfoncera encore plus dans la malédiction, dans la folie. Dans la mort de son âme.
Il le sait. Il s’en fiche.


« Elle… d’accord. »

Sa mère – victime ; qui a pu s’enfuir.
D’accord, il intègre ça, et la laisse continuer. A s’enfoncer dans les souvenirs… dans le pire.
Dans le coup, subi de la part de sa mère, quand Kara a développé ses pouvoirs – ceux issus de son père, du monstre ; impossible que la génitrice puisse continuer, bien sûr.
Il le comprend… c’est humain.
Terrible, violent, cruel, injuste ; mais humain.
Tout comme la quête de Zebediah pour retrouver Kara… son enfant ; son double. Sa propriété, sûrement, dans son esprit malade.


« Kara… »

Son murmure s’évapore, dans sa peine et sa compassion.
La jeune femme s’enfonce dans ses souvenirs, dans sa douleur, dans sa souffrance. Il veut lever ses mains, il veut l’aider – mais il sent qu’elle s’enfonce ; qu’elle se referme.
Lentement, il se redresse, se relève de sa chaise… mais tout va vite, alors. Trop vite.

Le serveur arrive, débarrasse ; glisse un geste purement humain, de compassion.
La réaction est vive, brutale. Compréhensible, mais agressive.
Avant que tout ne s’efface, ne s’évapore. Avant que Kara ne se redresse, se relève – et fasse disparaître l’événement ; comme toujours. Comme si rien n’était vrai. Comme si le monde était à sa main… comme si la Réalité était sous son contrôle, quand elle peut entièrement manipuler ceux qui la peuplent.

Bon sang, pense-t-il ; quelle tristesse.
Quelle abominable tristesse – et quelle terrible malédiction, sur elle.

Kara se rassoit, alors ; il hoche la tête, et esquisse un sourire triste.
Puis… encaisse la question. Ainsi que la déclaration.
Toutes les deux pures. Toutes les deux sincères. Toutes les deux terribles et cruelles.


« Je… j’ai pas d’réponse toute faite, Miss. »

Sa voix est plus rauque, plus lourde ; plus grave.
Comme le moment.


« Je… j’aurais aimé aussi vous connaître autr’ment, Miss. J’aurais aimé… vous sauver, avant. Je… j’pense toujours pouvoir l’faire, mais… j’peux vous sauver, vous. Pas celle qu’vous étiez. Pas celle qu’vous auriez dû devenir… s’il n’y avait pas eu tout ça. »

Il soupire, puis hausse les épaules.

« Je… j’comprends. J’comprends, qu’vous vouliez plus faire confiance – mais r’gardez-vous, Miss. Voyez où vous en êtes.
Vous voulez vous supprimer, et j’peux comprendre pourquoi. Vous n’avez plus d’solution, vous… pensez n’avoir plus rien ; vous n’avez plus rien. Car vous… avez peur d’avoir, et d’faire confiance. »


Lentement, Dane pose ses mains sur la table, à plat.

« Vous m’avez d’mandé comment j’tolère d’être irréparable ? C’est simple. J’cherche d’aut’gens, brisés aussi. Pour que, ensemble, on forme quelqu’chose qui tienne la route. »

Il lève une main tremblante, et esquisse un sourire doux.

« Ensemble, Miss.
On est les seuls à pouvoir l’faire – à pouvoir s’sauver. La… seule alternative, c’est la Fin ; et j’peux comprendre. Mais… j’ai passé six années en enfer. A combattre, seul, pour survivre, et pour sauver des gens de deux armées de fanatiques.
J’ai… vu l’enfer. L’horreur. La mort. Les champs d’bataille. J’ai… vu, entendu ; les râles, l’agonie… d’ceux qui mouraient, sans raison. Qui d’mandaient à mourir, et qui pleuraient… d’mourir, d’laisser leurs proches, d’tout perdre.
Alors… pour eux… j’peux pas. J’peux pas, Miss. J’peux pas accepter la Fin – pas sans essayer. Pas sans forcer. Pour eux, pour ceux qui voulaient vivre mais n’ont pas pu… j’peux pas.
J’peux pas entrer apaisé dans la nuit. »


Il soupire, puis se lève.
Et vient s’accroupir aux côtés de Kara – et, volontairement, pose sa main sur la cuisse de Kara ; en plongeant son regard, intense, sur elle.


« Vous êtes brisée ; moi aussi.
Laissez-moi vous aider, Miss. Laissez-moi essayer. Après tout… qu’avez-vous à perdre ? »

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Sam 10 Nov - 6:51
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Can you hold the door? While I wash her bowels... - A.S.

Ensemble. Ce mot résonna à l’intérieur d’elle-même plusieurs fois. Une autre voix chevaucha la sienne, composée de métal et rocailleuse…Ses yeux si torrentiels devinrent calmes, apaisés. Tel un voile d’ombre qui décorait ses yeux, l’obscurité y retomba d’un seul coup. Or, pendant sa description sur la guerre – sur un enfer inhumain aux fins diaboliques -, elle vacilla dans son monde l’espace d’un instant. Elle s’accorda cette empathie illusoire dont sa maladie lui offrait les bénéfices. Cela devenait trop pour sa pensée, pour sa personne de s’immerger autant à l’intérieur d’une autre âme. Kara ne fuyait pas seulement les autres par crainte de leur infliger son don de suggestion : la frayeur de fusionner son esprit avec celui des autres lui provoquait encore des frémissements au niveau de son épine dorsale. Sa dernière expérience avec ce phénomène s’était produite avec sa mère adorée. Chaque caractéristique l’obsédait, et elle pouvait se laisser bercer pendant des heures au sein d’un autre esprit. Seulement, elle s’oubliait dans ce cercle vicieux et devenait inanimée.

Leurs yeux au même niveau, la jeune Killgrave redressa son visage pleinement et dévoila derrière ses boucles sombres aux reflets chauds – la profondeur de sa tristesse. Certes ses mots la percèrent. Elle fut transpercée vivante, démembrée puis recousue. Semblable à un ultimatum, Dane parlait de son opinion vis-à-vis de la situation et surenchérissait chaque facette avec une sympathie évidente mêlée de leçons de positivisme. La violette continua de ne pas bouger d’un millimètre, respirant avec une ferveur nouvelle. « Non… » Au fil de ses affirmations, elle répéta ce simple mot en signe de contestation. Replongeant son visage entre ses mains, désormais si coloré par ses larmes, que même la nappe ne pourrait être sauvée.

Enflammée, Kara Killgrave commença à ressentir les effets de son ivresse suicidaire. Ses mains se joignirent sur la table, s’opposèrent continuellement à ses propos. De plus, il s’avança vers elle de nouveau et vint déposer sa main sur sa jambe. La mutante déroba son regard, lourd de jugement et d’émotions. Elle attendait. La fin de ce contact physique et la fin de son discours. Son cœur lui criait à tue-tête de quitter ces lieux, de quitter sa présence. Après un long débat intérieur, la violette darda des yeux noirs aux vagues mordorées dans les siens. Sa réaction précédente à l’égard de leur serveur, si spontanée et violente ne lui revenait guère. Killgrave demeurait figée dans cet espace-temps, tenue par une promesse solennelle qu’elle ne pouvait pas rompre et approchée par cet ancien héros de guerre. Ses mots la touchèrent de plus en plus, s’immisçant là où seules les paroles de son défunt mari résonnaient encore. Elle redéposa ses mains dans son visage.

La paume de son interlocuteur reposait sur une brûlure au premier degré suivi d’une coupure longue de vingt centimètres. D’autres injures de ce type arpentaient les jambes de la jeune fille. Par exemple, sa jambe droite arborait en-dessous de sa robe satinée et blanche une brûlure longiligne qui enlaçait les pourtours de son membre inférieur. L’autre détail étonnant restait les alliances présentes sur sa main gauche : simples et dorées, ce serment catholique que peu de jeunes savaient honorer au cœur d’une telle époque. Repoussant ses boucles derrière ses oreilles, Kara essuya ses larmes avec un mouchoir et s’exprima finalement :
« Ensemble…Monsieur Whitman. » Un soupir silencieux s’ensuivit d’un regard interrogatif. Cependant, une lueur d’espoir irrigua les inquiétudes qui siégeaient au creux de ses iris. « Si je vous fais confiance, je pourrais vous perdre. Par la force du destin, de ma maladie ou des âmes pécheresses de cette réalité… Je vous fais confiance bien malgré moi, Monsieur Whitman…» Devant cette révélation dissimulée, Killgrave déposa sa main sur la sienne pour la retourner. La main du Chevalier noir devenait pourpre au fil des minutes, entièrement. Sa paume gauche vint se déposer sur l’avant-bras de l’homme, et y déposer davantage de couleurs mystiques. Son regard, qui ne vacillait pas du sien, délibéra de nouveau : « Monsieur Whitman, j’accepte votre…Ensemble. » À la suite de cette phrase interrompue, la jeune femme laissa retomber ses mains à ses côtés, perdant un brin de tonus musculaire. Sa tête vacilla sur le côté droit, pendant que ses yeux teintés de nuit devinrent aussi clairs que des toiles blanches marbrées – aucune pupille, aucun iris, aucune frontières. Et elle chavira dans un autre présent, tout en demeurant assise devant Dane. Sans tomber de son siège, sa silhouette n’était plus qu’une marionnette inanimée d’un violet très pâle.

La cigarette parfuma ses narines, tandis que le vent tambourinait ses tympans. Un grognement, un froncement de sourcils, une vue sur le pont indéniablement magnifique; une bombe féminine enrobée sous son bras droit, elle donnait des regards langoureux à son maître. Réajustant le costume violet, les mains de l’homme parcoururent brièvement le corps de la femme avant d’observer le pont de Verrazano-Narrows une dernière fois avant de s’arrêter devant une danseuse de feu…en train de danser sur la balustrade de ce dernier avec lascivité et mortalité. Un sourire se formula, pendant que les yeux s’avéraient admiratifs. Observant un spectacle de danse classique et enflammée entre la délimitation du vide et du monde, il inspira une autre bouffée de nicotine avant de se féliciter de son travail. Une main caressa la crinière blonde à ses côtés puis espionna une fois de plus les projectiles enflammés qui moururent dans les flots. Un sentiment de dépression majeure l’envahit lorsque la forme féminine se jeta volontairement en un saut spectaculaire au cœur de la rive.


« Jessyca, je t’avais dit que ma fille donnait les plus beaux spectacles. N’est-ce pas? »

Un hochement de tête favorable suivit son opinion, pendant que les yeux entièrement blancs de la mutantes explosèrent de larmes de joie. Une longue expiration et un geste de de dédain lui firent perdre l’emprise de la mutante à ses côtés. En retirant son veston pourpre pour s’apprêter à la poursuivre, une ombre le précéda dans son manège de sauvetage et se jeta à la suite de Persuasion. De l’extérieur, Kara enfonça ses ongles dans sa cuisse droite – jusqu’au sang. Au loin, entre le bruit des vagues et les torrents éoliens, Zebediah tendit l’oreille pour écouter le sauvetage de Persuasion par cet inconnu brave et courageux. « Nul besoin de m’introduire aujourd’hui! Nos retrouvailles auront lieu plus tard. Viens ici! Jessyca! »  Ses mot résonnèrent dans les vents, et ne parvinrent jamais à la noyée et à son sauveur qui se démenait seul en-dessous.

Revenue au présent, son absence ayant durée moins de quatre-vingt-dix secondes, son poing violet explosa sur la table avec sa frustration :
« Quiconque est le pion de Killgrave doit se manifester maintenant! » Ayant crié ses sentiments, ses yeux saignant de pourpre et de bourgogne, Kara observa le silence de tous les humains présents et leur intima d’oublier les récents événements du revers de la main avec une expertise bien trop naturelle. La seule personne épargnée par le contrôle agressif de la jeune femme fut Dane Whitman. Chaque esprit s’affairant à sa besogne plutôt que de questionner cette interruption surnaturelle afficha un sourire léger.


« L’Homme pourpre était sur le pont… Il avait l’intention de me sauver…jusqu’à temps de voir votre intervention. »
Une longue méditation durant laquelle la jeune femme supplia son interlocuteur du regard : « Sauvez-vous! Je vous en prie…Monsieur Whitman, je ne veux pas vous voir entre les griffes de l’Homme Pourpre… C'est dangereux de rester en ma présence... » Se relevant, elle obligea Dane à lui faire face et dévoila une expression concernée.      


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Lun 12 Nov - 9:58
Kara Killgrave a des difficultés à accepter les mots et gestes de Dane Whitman ; il s’y attendait.
A vrai dire, il pensait même que… ce serait pire.


« Mmh. »

Il grogne, légèrement, en esquissant un sourire.
Il sent, bien sûr, sa gêne. Il voit, évidemment, l’ampleur des émotions déclenchées par ses paroles, sa venue au plus près de la jeune fille, sa main posée sur sa cuisse… sur laquelle il sent, à nouveau, des cicatrices.
Il grimace, quelque peu, en sentant ces marques – mais maintient son regard vers elle ; et son sourire, qu’il veut rassurant et sympathique.

Kara hésite, aussi. Kara a peur, de s’engager et de faire confiance ; il le comprend.
Mais… il veut l’aider. Il veut vraiment l’aider.
Alors, il va le faire.
Alors… il va le faire, et il va tout faire pour réussir.


« Ho. »

Mais il ne peut empêcher cette expression de surprise… quand elle parle.
Quand Kara répète sa dernière parole. Quand elle recommence à parler, quand elle avoue lui faire confiance… quand elle admet, en fait, la réalité.
Elle accepte.
Elle accepte sa proposition ; elle lui fait confiance.
Elle ose.
Et… ça lui fait bigrement plaisir.


« C’est… »

Il sourit ; il sourit vraiment, grandement, totalement.
Définitivement.


« J’en… suis ravi, Miss. »

Elle le lâche, alors ; et, attiré par le mouvement, Dane baisse les yeux.
Pour voir autant les mains lasses de Kara… que ses propres doigts. Rendus violets, par les pouvoirs de la jeune femme.


« Ho. »

Il en est surpris, bien sûr. Troublé.
Et se perd, ainsi, pour quelques instants sur l’analyse de sa main, qui reprend sa couleur normale, alors qu’elle lâché ; il se concentre dessus, oui.
Et, dès lors, fait moins attention à Kara… qui se perd, aussi. Dans ses souvenirs.
Hélas douloureux.
Hélas terribles.
Hélas… bien plus proches d’un Futur possible et abominable qu’elle ne le voudrait.


« Hein ?! »

Dane sort lui-même de son observation léthargique, quand Kara frappe de la table ; il est surpris. Puis comprend, alors que tous les autres s’enfoncent dans l’incompréhension – et le contrôle ; avant l’oubli.
Mais pas lui.
Et il apprécie le geste, en hochant lentement la tête.


« O… kay. J’vois. »

Zebediah était sur le pont – Dane l’a pris de vitesse.
Une bonne chose, définitivement, que ses pas l’aient mené là.
Même si Kara est d’un autre avis.


« Je… »

Kara se lève, paniquée ; elle est terrorisée – et il comprend pourquoi.
Elle le supplie. Elle le supplie de fuir. Elle le supplie de la fuir… de la quitter, de quitter son entourage proche, afin qu’il évite le pire ; afin qu’il l’évite, lui.
Dane comprend pourquoi – et il est touché de cette sollicitude.


« Je… j’suis flatté, Miss. J’suis flatté que… qu’vous vouliez qu’il m’arrive rien. »

Il dit vrai, et sourit lentement.

« Mais… »

Son visage se referme, cependant. Se fait plus déterminé, plus dur.

« J’partirais pas. »

Plus héroïque, diraient certains.
Plus suicidaire, selon d’autres.


« J’vous laisserais pas. »

D’un geste, il récupère sa veste – et sa lame, dont Kara peut entrevoir l’éclat dans une lumière.

« J’l’ai dit… j’vais vous aider. J’vais vous aider, vraiment.
Contre lui, aussi. »


Dane hoche lentement, puis repose sa main libre sur l’épaule de Kara ; et sourit, encore.

« Vous… vous pouvez m’aider, Miss. En… en agissant sur moi, je… j’suis sûr d’avoir assez d’contrôle, cont’lui. Ça… ça peut marcher. »

Il lui adresse un clin d’œil, plein d’espoir.
Mais a, aussi, conscience de la situation ; et de l’urgence.


« On… d’vrait p’têt bouger, par contre. Aller en lieu sûr. »

Et il en a un en tête.
Si Kara continue de lui maintenir sa confiance – continue d’y croire, en fait.
De croire en lui, tout simplement.

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Jeu 15 Nov - 11:33
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

My pain carved into yours, burned in my lungs, drowned in my blood. - A.

Ce refus ne sembla qu’un risque supplémentaire à ses yeux. Dane lui parla avec une force de caractère qui l’étonna, une force qui l’apeura bien plus que ses gestes brusques sur la plage afin de l’empêcher de se jeter dans les flots. D’un pas fébrile, sa silhouette svelte recula. Les tremblements sur ses mains se cachèrent derrière son dos, fouinèrent dans son sac - cachant tant bien que mal cet acte avec ses coudes. Son regard planté dans le sien, entremêlé d’incertitude et de terreur, se détourna. Killgrave fixa ses chaussons ensanglantés, ses chevilles striées de brûlures au premier degré. La violette détourna son visage, pendant l’élaboration de ses phrases imbibées d’héroïsme et d’un autre contact physique qui l’intimida. Ses épaules commencèrent à trembler, pendant que son doux minois se relevait avec fierté – une ombre rare sur ses traits. Elle recula une fois de plus comme si la fuite semblait être sa prochaine option.

« Je vous remercie. » souffla-t-elle dans un mouvement spontané. D’un tournement vif – complètement imprévisible via son langage corporel des minutes précédentes, Kara sauta au cou du Chevalier noir et croisa ses bras autour de ce dernier. Son visage détourné du sien, elle regardait son épaule et demeurait muette. Sa paume droite se revira, glissant sur son bras légèrement avec d’autres tressautements. Jetant sa chevelure immense sur sa main, la mutante tenta de parler, mais sa voix défaillit. Ses mots ne parvenaient plus à la quitter, car ils pourraient la trahir. Après une longue inspiration, la violette souffla : « Je meurs de peur à chaque instant. Exister pèse sur mon cœur. Ne l’oubliez jamais. »

Sur cette teinte sombre, sa poigne devint plus ferme sur le cou de son interlocuteur alors que son autre main plantait un vaccin anti-Killgrave dans le deltoïde droit de l’homme. Avec le cocktail d’un pincement, d’une brûlure rapide et le contact froid de la petite aiguille employée, quelques nanosecondes suffirent à administrer la médication. Dès l’instant ou son plan fut déployé, la mutante relâcha son interlocuteur de son emprise faible, délicate, presque inexistante tant ses os semblaient présents. Reculant avec rapidité, Killgrave essuya les larmes qui coulaient abondamment de ses iris. Sa manche droite complètement relevée était identifié d’une quarantaine de petits points. Des aiguilles semblaient lui avoir charcuté les téguments au cours des dernières semaines. Davantage, la vie semblait avoir joué au rôle du boucher avec son corps entier. Fébrile, une bouche décorée de pleurs scanda : « Avec ça, il ne peut pas vous faire de mal. Jamais dans cette vie. Et cela apaise mon âme de le savoir. »

Dos à la sortie, la créature à la chair violette ouvrit la porte pour s’évader, pour respirer. Des boucles violettes suivirent son passage noyé de détresse psychologique dont elle-même savait ne pouvait pas se secourir. Chevrotante, sa respiration saccadée se calma une fois dans l’obscurité entre deux bâtiments voisins au restaurant la recouvrait. Les tremblements de ses doigts fins cessèrent lorsque la solitude l’accompagne de nouveau. Sa voix angélique aux tons torturés se chuchota : « Je ne devrais pas…croire… Je ne devrais pas… Il va tout manipuler… Il va tout détruire… Je ne dois pas vivre… » Et ses côtes lui procurèrent cette sensation magnifique qu’était la douleur; ses os craquèrent lorsqu’une toux ensanglantée la fit pencher vers le sol. Éprise de son propre cercle vicieux de fuite et de vengeance, son corps se plia contre un mur – ses coudes trouvant des points d’ancrage entre les briques et ses mains devenant glaciales. Une seconde toux ravageuse la rattrapa, recouvrant le parterre non de sang, mais d’un liquide noir opaque et collant. Tombant à genoux, telle une droguée, Kara se demanda si les gens mouraient ainsi; un teint grisâtre, une respiration à la vitesse de l’étoile filante, une fréquence cardiaque anormale et lente, un regard épanoui dont la pupille devenait blanche, une douleur éternelle, des sécrétions-poisons si épaisses que la seule impression qui demeurait était

la noyade.

Nous mourons tous noyés. Ne le saviez-vous pas? Dans nos propres sécrétions. Dans notre propre douleur. Scopolamine, Versed et Morphine sont nos seuls sauveurs… À l’exception du tendre regard de votre moitié. C’est la seule lumière au bout du tunnel. Prenez leur main. Caressez-les. Exprimez votre amour une dernière fois, et ils vous quitteront dans la paix – cette fameuse paix d’une éternité ravissante.

Bien plus que les jupes des écolières. Les voies lactées près de l’astre solaire ou les nuits de pleine lune. Celle que je regardais depuis de longues minutes, à genoux sous ce ciel dégagé aux vents torrentiels. À partir de cet instant, je devinai combien chaque seconde qui passait me laissait dans l’ignorance devant ce qui m’attendait. Ma mère, ma douce Mélanie Killgrave, ses yeux d’or qui embrassaient mes joues, alors que je sentais déjà son dédain au-delà de la réalité, de notre jadis proximité.

Étendue sur le sol, vêtue d’une serviette encore humide sur ce corps d’enfant qui était le mien et d’un poignard en plein thorax, ma vue observa cette femme magnifique pleurer de désespoir, chercher un téléphone afin d’appeler les secours. Elle enfourcha un crayon noir en plomb au sein de sa chevelure rousse et bouclée avant de s’emparer d’une boîte. Mélanie braqua le pistolet contre son crâne et appuya sur la détente. Une fois étendue, mon regard ouvert et figé sur sa beauté décédée, vint la caresser, y trempant mon index de son sang. Je pris sa main dans la mienne, soupirant une dernière fois avant de sombrer dans l’inconscience.

À genoux devant son propre massacre de sécrétions buccales, Killgrave s’en éloigna et retraça le noir présents au creux de ses paumes et sur ses vêtements. Le défi de se redresser sur ses pieds lui prit de longues minutes durant lesquelles elle rechuta avec mollesse, lissant ses mains sur les briques, y trouvant une structure fascinante. La pleine lune éclaira brièvement son recoin de tranquillité, pendant que la violette demeurait assise face à ce mur. Des pleurs, des excuses, des murmures impossibles, le tout assermenté d’un mal de vivre dont l’intensité dépassait la majorité des êtres vivants. Un recueil de souffrance, était-elle. Une réunion entre la passivité et la cruauté, pensait-elle. Le poids de son état la frappa lorsque son front embrassa la pierre avec ardeur. L’une de ses mains tenait ses côtes, et l’autre recherchait sa croix qu’elle avait donnée au Chevalier noir plus tôt pendant la soirée. Se remémorant son don, la mutante se maudit intérieurement et essuya ses yeux qui ne savaient plus se taire. Sa phobie du monde extérieur venait de s'éveiller, lui donnant ses habitudes du passé. Entière, des tremblements la parcouraient. Toujours amoureuse de sa crise de panique, au sein d’un silence pétrifiant qui l’avait immobilisé, son souffle continuait de témoigner de traumatismes innombrables dont l’horreur et l’histoire s’avéraient inébranlables.




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Jeu 15 Nov - 14:23
Dane Whitman est déterminé et sûr de lui.
Il ne la laissera pas.
Il ne l’abandonnera pas. Il ne la laissera pas tomber. Il ne l’oubliera pas.
Il ne le laissera pas, non. Quoi qu’il arrive.


« Hem. »

Il grogne, alors qu’il hoche encore la tête et confirme, par son regard, sa détermination. En attendant sa réaction… en attendant de voir comment elle va entendre, écouter, encaisser et réagir, face à cela.
Whitman avoue qu’il est un peu… perplexe ; il a peur. Il a peur qu’elle réagisse mal.
Il a peur qu’elle fuit, encore.


« Ha. »

Il sourit, cependant, quand elle parle ; quand elle reparle.
Quand elle le remercie.
Son langage corporel montrait pourtant une crispation, une sécheresse physique… mais il sait que ce n’est pas forcément vrai ; il sait que Kara Killgrave est bien plus troublée qu’elle ne le montre, et qu’elle sait cacher ses réactions et ses pensées.

Elle a dû apprendre, en fait, sûrement ; pour survivre, face au monstre.
Dieu que Dane regrette, qu’elle ait subi cela.
Dieu qu’il sera impitoyable, s’il le croise…


« Je… »

Il veut répondre. Il veut réagir. Il veut répliquer.
Il n’en fait rien.
Car… elle agit. Car elle n’a pas fini de réagir. Car elle se lance.
Car elle se jette… dans ses bras.


« Ho. »

Il en est surpris, clairement ; évidemment. Il ne s’attendait pas à cela. Il ne l’espérait même pas.
Mais…


« Kara. »

Cinq secondes d’hésitation, de surprise passent ; avant qu’il se reprenne.
Avant qu’il ne pose ses mains sur elle – et la presse contre lui, dans un mouvement qu’elle partage, qu’elle enclenche même.


« J’suis là. »

Il ferme les yeux, et pousse un léger soupir.
De soulagement.


« J’suis là. »

Un mantra, qu’il répétera à l’infini s’il le faut.

« J’suis là… pour vous. J’vous aiderais. Et… j’essayerais. D’vous faire oublier. La peur. »

Un défi immense, clairement ; qui ne lui fait pas peur.
Car il y croit. Car il le veut.
Car il est prêt à se battre, pour cela.


« J’vais… HA ! »

Il s’interrompt lui-même ; il hurle.
Quand… il sent.
Quand il sent la piqure.


« Mais… »

Dane recule légèrement sa tête, jusque-là presque collée à celle de Kara. Celle-ci le lâche, aussi, et recule d’elle-même.
Un regard de surprise, d’incompréhension… et de peur, s’échappe des yeux du trentenaire.


« Qu’est-ce… »

Mais il ne peut finir – Kara reprend. Kara reparle. Kara explique.
Et lui… comprend.


« Ha. »

Enfin, il pense comprendre.
Il met en lien l’événement, avec les autres informations révélées plus tôt – les expériences, les tests, le vaccin ; la piqure. Qui lui permettrait d’échapper aux pouvoirs du monstre, de ne pouvoir être pris par lui.


« O… kay. »

Il acquiesce, lentement ; un peu plus à l’aise.

« C’est… okay. J’comprends. C’est… merci, en fait. J’pense que j’dois dire merci.
Même si… prév’nir, ça aurait été bien. »


Dane esquisse une petite grimace, puis hausse les épaules.
C’est pardonné ; elle est pardonnée.
La suite s’enclenche, alors.

Ils sortent. Ils quittent le restaurant, après avoir réglé les commodités.
Ils sortent… pour fuir. Pour trouver un lieu sûr.
Pour se reposer – en sûreté.
Mais, hélas, cela n’a rien de facile pour elle.


« KARA ! »

Quelques secondes plus tôt, la jeune femme a murmuré quelques mots, exprimé clairement ses doutes et sa peur ; sa certitude de commettre une erreur, et de se perdre bientôt.
Elle a cédé, alors. Elle a craqué.


« Kara. »

Dane se précipite vers elle, et s’approche alors qu’elle finit de rendre le peu d’éléments dans ses boyaux.
Elle est mal, clairement ; elle est mal, et elle a besoin. Très vite.


« Laisse-moi faire. »

Sans attendre, Dane la récupère. Il la pousse légèrement, et la récupère.
Il la prend dans ses bras – il la reprend dans ses bras.
Et se tourne, vers la rue ; pour appeler un taxi. Qui arrive vite, heureusement.
Ils y pénètrent, alors. Ils s’y réfugient… avant qu’il ne donne une indication, une direction.
Le Complexe des Avengers.
Rien que cela !

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Ven 16 Nov - 2:24
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Sweetest sweets, sweet dreams, sweet secrets- A.

Lorsque Monsieur Whitman la poussa, son corps tomba un peu sur le côté sans se laisser aller complètement. Sa main gauche voulut se lever pour cacher son visage, mais il retomba aussitôt. « Dane… Arrêtez. » Définitivement affaiblie par sa veillée, ses yeux se fermèrent lorsqu’elle sentit les bras du Chevalier noir vouloir la relever puis l’emporter lorsque la première option semblait impossible – encore. Elle tenta de le repousser, mais ses mots la calmèrent, lui offrirent cette pièce de réconfort que sa raison refusait de donner à sa conscience. Son opposition fut agrégée, ses commentaires muets, car l’inconscience l’accueillit de nouveau. La tête penchée vers l’arrière, Kara savait qu’il était là. Une part de soulagement la conquérait doucement, et sûrement. Grâce à lui, qui croyait en elle, malgré sa personnalité impossible et malade.

Quelqu’un qui luttait depuis le début pour lui faire comprendre que l’espoir est toujours présent, que la mort ne devrait pas être son billet de sortie afin de rompre avec sa souffrance : le deuil de sa mère, le deuil de sa meilleure amie, le deuil de son mari, le deuil était devenu une décennie complète de sa petite vie. Le souffle saccadé, les yeux fermés envahis de drame, la jeune femme ressentit un siège de voiture, une ceinture se boucler. Sa silhouette demeurait droite, mais son crâne penchait sur le côté légèrement. Les mains de la violette demeuraient éprises de tremblements discrets.

Leur destination scellée, celle-ci allait certainement provoquer une seconde crise de panique chez la jeune adulte dont les jambes tressautèrent doucement lorsqu’elle tourna son visage en direction du Chevalier noir. Une part d’elle-même dormait, pendant que l’autre se débattait encore dans les flots. Ce fut au cœur de cette détresse qu’une lumière passa sur son visage. Ce n’était pas l’épée d’ébène de son sauveur, mais bien une chair pâle et blanche qui s’affichait par régions. Elle passait, fugace, sur les traits de la jeune fille puis descendait dans ses cheveux violets qui s’avérèrent d’un rouge enflammé. Tel un nuage dans un paysage, il revint sur son cou pour descendre sur sa silhouette dont le souffle était calme. Au sein de l’obscurité, ses couleurs violacées se résorbèrent totalement. Seules ses cicatrices monstrueuses continuaient d’écrire la violence sur son corps. Sa tête retomba dans le milieu au cœur d’une crinière devenue complètement rousse. Oui, en vérité, Kara se nichait au creux de son don : elle s’en faisait une carapace pourpre.

Éperdue dans ses rêvasseries, des larmes coulaient par moments, alors que la majorité du temps, un visage neutre y siégeait. Ce stade de sa mutation dura quelques heures, sans que la jeune mutante n’en prenne conscience. La vie de Persuasion lui revint en mémoire, tandis que les encouragements de Thomas qui désirait la voir danser au théâtre ou s’acheter un chat pour traiter son anxiété. Puis, puis, puis ses actes de bravoure hantèrent sa raison d’être inexistante, son manque de confiance en ses capacités, son besoin permanent d’exister en solitaire.

Sa carrière, intermittente mais impressionnante, en tant qu’héroïne lovée sur l’épaule d’un colosse en métal comptait de nombreux actes de secourisme, d’épargner des victimes d’autres méchants. L’expression de Mesmero lorsqu’elle lui avait volé le contrôle de ses victimes était hallucinant. Ou bien la fois que Thomas lui avait permis d’arrêter un trafic d’organes, un cartel de traite de blanche et tant d’autres dont la pensée glaça sa tristesse. Des larmes violettes coulèrent de ses iris, alors qu’un battement de cils bref suffit à provoquer son pouvoir pour l’envelopper. Les chairs de la jeune femme redevinrent aussi sombres, aussi pourpres.

Soudain, ses bras se croisèrent faiblement, pendant que son faciès exprimait clairement de la douleur – sincère, puissante. Sa main effleurait ses côtes, plantait ses ongles dans sa chair jusqu’au sang. Autrement, l’innocence voilait ses traits. Même la candeur s’y entrelaçait. Sa jeunesse était scandaleuse devant l’état de son corps mutilé - sans mentionner les bagues de mariage à ses doigts. Le fait d’en posséder la paire témoignait d’un autre décès. Revenant peu à peu à la réalité, au travers de la profondeur du sommeil, Kara commença par écouter longuement les bruits, les conversations qui l’entouraient. Des paupières s’ouvrirent enfin, sur des décors inconnus, sur des gens inconnus. Bien malgré elle, sa malédiction s’emporta une fois de plus et imposa l’immobilité complète à toute personne vivante qui respirait auprès d’elle – à l’exception du Chevalier noir, évidemment, s’il était présent ou non. Ses mains dissimulèrent son faciès, pendant que son esprit croyait être encore prisonnier de ses songes démoniaques.




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