N-Y, JUIN / JUILLET 2018
MÉTÉO : temps ensoleillé, l'été s'est clairement installé avec une moyenne de 29° Des conditions idylliques pour profiter des parcs et prendre quelques couleurs.
PS... Wade dit : préparez les bikinis

NEWSLETTER D'OCTOBRE 2018



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» SALES du 01.10.18 au 31.10.18

» INTRIGUE #1 Secret Wars

» MISSION #1.1 Event that goes wrong ouverte jusqu'au 31 oct.

» MISSION #1.2 The fever spreads ouverte jusqu'au 31 oct.


 :: Welcome to the Game :: New York :: Staten Island :: Pont Verrazano-Narrows

We Fall to Rise...[Dane Whitman]

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Dim 7 Oct - 2:57
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Things aren't as pretty on the inside. - NIN

La mer déferlait sur les berges de sable avec férocité. Attirées par la pleine lune, l’eau sombre accourait sur les parois rocheuses qui entouraient le pont. Une vingtaine de saules pleureurs bordaient le récif qui avait connu plus d’un suicide. Cet endroit possédait la réputation d’être hanté par des dames blanches et des démons. Une fois le zénith éteint, la population craignait de s’approcher de cette localisation. Toujours en rénovation, les surfaces métalliques craquaient par moments : comme n’importe quel pont. Certes il demeurait très célèbre. D’une hauteur terrifiante, le pont de Verrazano-Narrows qui unissait New York à Staten Island était bordé d’un chemin piétonnier qui déversait sur un parc moderne – inspiré du courant nouveau gothique. Cinq structures en pierre permettaient aux passagers de s’émerveiller, et d’y organiser des randonnées ou des promenades.

Éclairées par des lampadaires en marbre blanc, la nuit s’annonçait splendide : aucun nuage, des vents forts et colériques, une pleine lune opalescente – perle des cieux. Personne n’y circulait. Minuit était l’heure morte. Une Audi S5 rouge se stationna près du pont, à moins d’un kilomètre, et une silhouette champêtre en sortit. D’une fierté écrasante, sa grâce perçait le seuil de la nuit avec son apparence fantomatique. Le conducteur décolla aussitôt la passagère sortie – ses yeux hypnotisés témoignaient de la frayeur pure. Un baluchon sous le bras gauche, et une cage dans la paume droite; Kara traîna des pieds jusqu’au fameux pont. Son masque de soie blanche y incrusta ses prunelles un long moment. L’hésitation et la terreur y trônaient.

Agenouillée devant la rambarde du pont, elle prépara le matériel de son nouveau rituel: une cinquantaine de chandelles longues sur la balustrade, des rubans égarés sans compter ceux de sa robe satinée, la cage en métal argentée ouverte et prête à libérer son contenu, ses chaussons en place, l’ambiance classique d’un duo violon-piano sur un mini-stéréo portatif, et moult accessoires romantiques. Une fois tous les éléments à leurs places respectives, ses mains se joignirent afin de formuler une prière. Un simple murmure dans le vent, sa voix s’effaça doucement. Relevant son masque vers la lumière lunaire, elle fronça ses yeux voilés de dentelle : parmi leur indigo puissant séjournait une poussière d’émeraude – semblable à des pépites fluorescentes. Cette douleur la pétrifiait depuis l’entrée de drogues étrangères dans son organisme. Les effets secondaires commençaient à être nombreux. Provoquant une peur éternelle chez elle, la mutante se contenta de taire son cœur. Promenant son faciès de gauche à droite, Kara franchit la bordure de la balustrade en tenant ses habits de ses deux mains.

Une colombe blanche sautilla hors de la cage, vint sur le bras de la jeune dame blanche qui lui donna une miche de pain. Prenant un quart d’heure pour fraterniser avec l’animal, le cajoler, même l’embrasser au vol.
« Prend ton envol, Mignonne! » chuchota-t-elle afin de ne pas briser le silence splendide qui prônait cette occasion. Debout sur la rambarde, la jeune femme releva sa jambe droite jusqu’à son crâne puis recommença du côté gauche. Les bras étendus, elle fit la roue parmi les petites flammes – son foulard de soie claire prit feu, y comprenant plusieurs filaments de sa robe. La silhouette se transforma bien assez tôt en une toupie de dentelles enflammées. Portant plusieurs épaisseurs, elle avait encore une dizaine de minutes avant de prendre feu complètement. Ses membres dansaient sans relâche, ne savant que s’exprimer par leur gestuelle mille fois exécutée. Un tour sur elle-même devint rapidement des triplées, des arabesques risquées accompagnées de sauts angéliques. Ses boucles mouillées glissèrent au cœur de l’incendie qui la vêtit. Ne cachant guère sa nature de danseuse, ses jambes caressèrent la pierre, parfois d’une brûlure supplémentaire, d’autres d’une énième éraflure dont le sang violet colorait les lieux. D’un rythme ahurissant, son profil dessina une partie du pont avant de s’immobiliser. Sa main droite libéra son poids de source inconnue, pendant que son corps se plaçait déjà pour

le coup de grâce.

Concentrée sur les échos marins, la mutante prit son envol à son tour : un triple tour lui valut de sentir une brûlure vive au niveau de son bras gauche. La mutante, en belle chute libre, se libéra de son enveloppe champêtre. La robe-emballage s’ouvrit des deux côtés de la jeune femme avant de la quitter d’un bond. Le tissu voleta un instant avant de chuter à son tour. Kara Killgrave fixait les vagues, se laissant bercer au cours de ces nanosecondes rares et précieuses. Ouvrant ses bras pour enlacer l’eau en furie, ses récifs et sa fureur déchaînée, la jeune mutante libéra des larmes en closant ses paupières l’espace d’une seconde. Elle arrivait bientôt au milieu de son manège : toutefois, la pensée de sa mère lui déchira le cœur une autre fois avant de craquer en sanglots pendant sa descente intensive et perpétuelle. Or, sa fin approchait à grands pas.      



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Lun 8 Oct - 9:22
La nuit est froide et humide.
Il aime ça.

Les ténèbres règnent, les gens sont loin. La zone n’est guère connue, et encore moins appréciée. Les new-yorkais fuyaient généralement cet espace, notamment quand le Soleil se couche, et que les mauvaises rencontres sont de plus en plus probables.
Lui ne les craint pas ; cela fait des années qu’il ne craint plus.
Peut-être parce que, au fil du temps, il est devenu l’une de ces mauvaises rencontres.


« Hrm. »

Il grogne, et grimace.
Puis rabat le col de son long manteau noir, pour le protéger du vent ; fichu vent, pense-t-il. Mais au moins n’est-il pas rongé par le sable, c’est déjà ça.

Lentement, ses pas le guident le long des berges, au pied du pont ; qu’il regarde à peine.
Le regard fixé vers le sol, il avance. Les mains dans les poches, il avance. Les chaussures qui traînent au sol, entre l’herbe et la plage, entre les quelques constructions et l’eau… il avance.
Sans un coup d’œil en arrière. Sans une attention aux alentours.
Il avance, point.


« Humf. »

Il soupire, et secoue la tête.
Fichu vent. Fichue soirée.
Alors qu’il s’est établi dans un hôtel, alors qu’il a commencé à reconstruire… non, à construire son existence, une nouvelle existence, après que les deux précédentes aient été anéanties ; bref, alors qu’il essayait de se remettre et de passer une bonne soirée… il n’a pas pu. Il n’a pas pu supporter.

Il n’a pas pu supporter de rester à l’intérieur ; il a dû sortir.
Il a dû sortir – ou alors, il aurait tranché la tête de ses voisins trop bruyants ; littéralement, tranché.

Il est sorti, alors. Il avance.
Il se sent mal.
Car il se sent seul ; et il sait que cela ne changera pas.

Dane Whitman, le jeune génie en électronique plein d’avenir et employé de Stark Industries, est mort ; il a disparu, quand il a hérité d’un château et d’une lame maudite, qui l’a propulsé directement dans le Passé.
Le Chevalier Noir, le guerrier sombre et violent affrontant autant les Croisés que les Arabes à la fin du XIIe siècle en Terre Sainte pendant six ans, est mort également ; il a disparu quand ses six années d’exil ont pris fin, et qu’il a été ramené ici.

Tous deux sont morts. Tous deux avaient des vies, qui ont disparu.
Ne reste que lui.
Lui… et un vide, absolu, qui règne dans son cœur. Qui hante son âme, et le pousse à se couper de tout – de tous.

Il n’est pas bien, clairement. Il souffre de stress post-traumatique, et ne s’en remet pas.
Il n’est pas bien. Il souffre. Il est une âme en peine.
Et, s’il a besoin d’aide… il n’en veut pas ; il n’en veut plus. Il veut juste être seul – seul ici, seul face à cette eau si pure, si belle, si sombre, si solit…


« Hein ?! »

Par hasard, il tourne sa tête pour voir le fleuve ; par hasard, il la voit.
Elle.


« Mais. »

Une forme – féminine, il peut en jurer.
Une forme, qui se jette du pont. Une forme, qu’il voit bien tout en haut – et qu’il voit se jeter ; du pont. Devant lui.
Elle. Se. Jette. Du. Pont. Devant. Lui.


« Putain. »

Il fallait que ça arrive ; il fallait que ça lui arrive.

« Putain de merde. »

Il grogne, jure, l’insulte en son for intérieur – en arrachant son long manteaux noir, et en filant vers les flots.

« PUTAIN ! »

Il enlève ses chaussures, et plonge dans l’eau ; puis nage.
Jadis, il n’était pas bon nageur – mais six années en Terre Sainte l’ont changé. Ont tout changé.

Il nage, alors. Il se précipite. Il va aussi vite qu’il le peut.
Il arrive vers elle. Il arrive vers le lieu d’impact.
Et il plonge.
Il plonge, pour filer vers elle. Il plonge, pour la récupérer. Il plonge, pour s’emparer de ses bras – et battre des pieds, et la ramener.
Il plonge, il la prend, il la ramène ; à la surface.
Et nage, encore, pour l’amener vers le sol, vers la terre ; vers la terre ferme.
Et il y arrive, pour la rabattre dessus… et commencer le massage cardiaque. Qu’il pensait avoir oublié, mais dont les gestes reviennent.

Il jure. Il peste. Il l’insulte.
Mais… il a nagé, il a plongé, il l’a prise, il l’a ramenée à la surface, et l’a amenée sur la terre ferme ; et la masse, et lui fait du bouche-à-bouche.
Il la sauve. Il essaye.
Et il espère, franchement, la ramener ; pour pouvoir l’engueuler, comme il le faut, pour ce qu’elle lui impose !

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Mar 9 Oct - 7:57
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

I'm running from demons that won't let me sleep. - Sia

Noyée dans les yeux de l’océan.
L’entité de Sa Liberté.
L’entière allure de Sa Sainteté.
L’encre berce ses rêves,
Ses sombres vérités.

Au milieu de l’eau sombre et opaque, la jeune femme perdit vie lors de la deuxième vague. Ses lèvres burent l’eau salée pour remplir ses poumons. La paix l’envahissait lors de ce laxisme si simple, si naturel. L’âme quitta son vaisseau, pendant que ses bras demeuraient enlacés sur sa propre personne. Soudain, Kara ressentit l’empreinte de Mélanie Killgrave qui la berçait tous les soirs en lui tressant les cheveux. Une crinière rousse qu’elle n’avait jamais eu la permission de colorer ou même de couper d’un seul pouce…Son esprit quitta ce doux souvenir avec un regret amer lorsqu’elle sentit une poigne forte s’emparer de ses bras, la tirer. Une telle force l’impressionna sur l’instant avant de s’abandonner entièrement.  

Ce fut sa dernière sensation physique avant de retrouver ses matins infernaux en prison : son masque qui l’empêchait de respirer, de parler, les mains baladeuses des gardiens, les coups de fouets, leurs tests, leurs mutilations, l’isolement auquel elle avait dû survivre pendant un mois à son arrivée, les drogues utilisées pour la faire obéir et tant d’autres que Kara n’osait plus se nommer à elle-même…L’eau qui coulait en elle devenait son sang, et se jumelait à ses parois. Son âme refusait d’être sauvée. Le dernier désir qui hantait chaque fibre de son corps fut de rejoindre toutes les âmes qu’elle avait blessées – et davantage; accidentellement assassinées. Au sein de toute cette détresse psychologique, des bras la tiraient des ténèbres maladroitement. Tels des sables mouvants, les vagues aspiraient sa tête sous l’eau. Glacée, la peau violette de la jeune damoiselle devint d’un lilas argenté. Le masque qui recouvrait son visage coula au fond du fleuve, tandis que Monsieur Whitman ramenait Kara en direction de la rive tant bien que mal.

C’est alors que le faciès d’une autre fillette se profilait au sein de sa pensée. Une énième vague avala la jeune femme qui faillit quitter l’emprise du Chevalier Noir quand il put la rattraper au dernier moment. Sans souffle depuis un moment, son cerveau perdait peu à peu le sens des images. La voix de Laoghaire WinterBottom revint la hanter – celle qui s’était jetée d’un pont pendant qu’elle le thé nonchalamment avec ses amies. Une colère pré-adolescente issue d’une dispute ridicule l’avait privée de sa meilleure compagne de danse. Sa malédiction frappait tout le monde, et les amenaient à une mort éventuelle. Lorsque son sauveur l’abattit sur la rive, le corps de la jeune mutante craqua au niveau du thorax – spécifiquement près de la région costale. Cette silhouette de moins de cent dix livres semblait des plus fragiles une fois à proximité. Tout laissait deviner une alimentation d’eau fraîche et de liberté. Son thorax arborait deux cicatrices notoires : la première étant une ligne profonde sur le côté gauche d’environ douze centimètres de long – une blessure d’arme blanche – la seconde étant celle d’une chirurgie cardio-thoracique qui était délicate, mais démarquait nettement tout le pourtour de sa poitrine et son milieu.

Des mains pressèrent son soi-disant cœur, et toutes les histoires oubliées qui entouraient sa surface. Longtemps, le vaisseau de Kara Killgrave ne répondait pas. Les tentatives du Chevalier Noir s’avéraient infructueuses devant l’inanition de la jeune femme à l’épiderme étrangement violacé – et variable au niveau des tons. De l’air est soufflé par sa voie buccale, maintes fois et sans succès. Or, une fois de plus, au compte de trente pressions qui éveillèrent ses poumons, sa bouche se détourna de la sienne afin de renvoyer l’eau salinée hors d’elle. Le souffle commença par sifflements puis ses yeux demeurèrent clos. Une migraine la saisit. Mademoiselle Killgrave se croyait ailleurs, loin de Sa réalité : son superhéros favori était présent– cette saveur de métal l’attendait au cours de cette même minute. Kara embrassa celui à ses côtés d’un bond, sans daigner ouvrir ses yeux pour confirmer l’identité de ce dernier. La douleur au cœur de son crâne et de sa poitrine persistait – avec un élancement au niveau de ses côtes aussi. L’instant suivant, damoiselle Killgrave ouvrit ses paupières spontanément. Un élément différent provoqua son éveil.

Un être humain. Un étranger. Un inconnu. Dont la colère semblait colorer tout son visage. La jeune femme recula. La timidité vint hanter ses tempes, et détourner son regard sur la terre renversée. Le goût du sang sur sa bouche interrompit sa gêne. Sa main droite vint en cueillir quelques gouttes. La colère de l’individu se manifesterait probablement de manière verbale, tandis que la céphalée de la jeune femme s’intensifia. L’ensemble des attraits de cette situation fit flancher ses nerfs, et sa tête vers l’arrière. Une dizaine de pensées fusèrent sans son consentement, pendant sa pensée reprenait le contrôle de son vaisseau. Dès lors, Kara éclata en sanglots. Une main sur le cœur, et l’autre lui permettant de se redresser avec maladresse. N’arrivant pas à prononcer un seul mot, la mutante se détourna. Un dos lacéré d’autres cicatrices se dévoilait, une chair dévastée à coups de fouet et épicée de rage humaine – le tableau s’avérait décoré d’une boucle blanche au niveau des reins et de dentelle en encadrement.

Des citoyens se tenaient en troupe, une trentaine, au sommet de leur horizon. Dans le clair-obscur des lampadaires du parc, Kara les regarda tous avec désarroi. Chacun, homme et femme, garçon et fillette, tenaient des lames de toutes les grandeurs. Une douzaine montrait clairement leurs armes à feu. Sans bouger d’un centimètre, Kara se concentra sur tout le monde. Des larmes coulaient sur ses tempes, alors que les tremblements de ses mains cessèrent. Cette apparition dura moins de cent vingt secondes, et chaque victime de la malédiction Killgrave rentra doucement chez soi. Ils choisirent tous de déposer leurs moyens de défense et de quitter les lieux. À la suite de ce fâcheux accident, la mutante perdit toute son énergie en s’effondrant sur ses genoux. Tant de contrôle l’avait éreintée. Tremblante, la jeune damoiselle écouta le son des vagues avec calme en estompant l’hémoglobine qui coulait toujours de ses lèvres.



Sans réussir à formuler un seul mot, ses larmes témoignèrent à sa place. Derrière ses pupilles indigo terrassées d’émeraude se cachait une anxiété généralisée, une détresse puissante et une fatigue immense devant l’exigence de son propre pouvoir. Toujours soumise à sa migraine, Kara regarda le Chevalier noir longuement – et la couleur fluorescente de ses pupilles commença à percer le voile nocturne. Il résidait une intensité rare au sein de ce regard. Cependant, une once d’hésitation la traversait. Le prototype et les copies du vaccin Anti-Killgrave étaient complets. Prêts à l’emploi. Approuvés par cinq personnalités populaires du monde de la science en secret. La continuité était assurée. La seule menace laissée; elle-même.

« Monsieur, veuillez me pardonner. » Des mots, enfin. Des cadeaux délivrés avec calme et douceur dans cette situation étrange et cette température torrentielle. Une voix piétinée mille fois, brisée et violée qui formulait chaque syllabe avec une misère percutante. Sa droiture n’en demeurait que davantage terrifiante. Elle avala sa salive, repoussant ses longues bouclez violacées derrière son épaule. Ses côtes se soulevaient avec difficulté, pendant que ses jambes se rapprochaient du fleuve. Le vent soulevait son châle champêtre cousu à ses poignets et à ses coudes. Sa robe en lambeaux couvrait à peine son corps maculé d’un passé outrageant et unique. « J’ai rempli mon rôle. Ma vie est une menace à autrui. J’ose m’offrir un présent : celui de quitter le nôtre. Je veux la paix, la vraie paix. » La mutante s’approcha du Chevalier noir, et retira une croix de son cou. Il s’agissait d’un collier en argent de sa mère – lourd et massif. Ses mains violacées aux ongles rouges insistèrent pour le déposer au creux de la paume de l’homme devant elle.

« Je suis une menace pour tout le monde. Je ne veux plus me battre pour une vie que je n’aurai jamais. » Une répétition. Sur ces adieux, Kara Killgrave se détourna de l’inconnu afin de courir en direction du fleuve. Déjà, elle s’y trouvait engloutie jusqu’aux genoux – et ce, telle une colombe se précipitant vers la liberté ultime.  



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Mer 10 Oct - 14:04
Il ne se contrôle pas ; il ne se contrôle.
Il agit, il fait.
Et ne réfléchit même pas à ce qu’il fait.


« Hrm. »

Il grogne, souvent, et beaucoup. Il s’acharne, et ça n’est ni agréable, ni plaisant.
Car ça se passe mal.

Jadis, Dane Whitman a été un étudiant appliqué du campus de Stark Industries, décidé à devenir un employé fidèle après avoir été un petit génie de l’électronique. Il a alors appris beaucoup de choses, et a notamment suivi de nombreux cours de secourisme – lancés par prévention, et devenus désormais indispensables, après toutes les agressions et toutes les crises subies par le monde depuis des années.
Jadis, donc, il était très doué dans ce domaine, et capable de réaliser ces actes sans difficulté.
Mais… c’était jadis.


« Humf. »

Depuis, les choses ont changé.
Depuis, il a changé.

Depuis, il a plongé six années dans l’enfer de la fin du XIIe siècle, en plein cœur des Croisades, et l’homme sachant comment sauver une vie, a appris comment en prendre ; beaucoup, efficacement, et même avec un certain détachement.
Evidemment, de tels actes, de tels apprentissages sont inscrits profondément en lui – comme le vélo, l’on n’oublie jamais cela.
Cela revient, donc. Mais difficilement. Lentement. Douloureusement.


« Allez. »

La nuit est sombre. Les rebords, les berges également ; il ne voit pas vraiment ce qu’il fait, ce qu’il se passe. Il s’en tient surtout à ses sensations, aux relevés du touché et des quelques visions fugaces, qu’il entrevoit au fil des minutes qui s’écoulent.
Et, en soi, il n’aime pas non plus ce qu’il voit.

Des traces ; des cicatrices.
Certaines réalisées suite à des opérations ; certaines subies suite à des agressions. Toutes violentes. Toutes brutales. Toutes désagréables, au touché – il n’ose, alors, imaginer ce qu’il en a été de les subir.
Il voit, donc. Il les voit, il les sent.
Il continue, bien sûr.
Mais il sait.


« Grum. »

Il sait qu’elle a des soucis – plus, encore, que ceux qui justifient de se jeter dans le vide ; il sait qu’elle a été abusée, qu’elle a été agressée, qu’elle a été maltraitée.
Il sait, oui. Et s’il continue… s’il continue, il le fait encore plus fort, encore plus vite.
Les vêtements ont été arrachés, non pas dans un but lubrique, mais pour aider ; ils le seraient d’avantage, s’il le pouvait. Il sait. Il a vu. Il a senti.
Il sait.
Et ça l’énerve.


« Hrm. »

Mais.
Mais alors qu’il continue. Mais alors qu’il s’acharne. Mais alors que les gestes sont plus durs, plus forts, presque plus agressifs.
Alors qu’il s’énerve.
Il s’arrête.
Car elle… reprend.


« Ho. »

A peine la jeune fille se glisse-t-elle sur le côté, pour régurgiter, que lui recule ; bondit en arrière.

« Ha. »

Elle reprend ; elle respire. Elle crache. Elle respire.
Elle vit.
Il a réussi.


« Ha… ha… ha… ha… »

Et il halète.
Il reprend sa respiration, difficilement. Il se rend compte, après le shoot d’adrénaline, qu’il est exténué ; au-delà de la fatigue.
Il a mal, dans les bras. Ses muscles sont endoloris. Il respire difficilement.
Il vient de réaliser un effort intense – terrible. Extraordinaire. Qui n’était absolument pas prévu.
Il halète, il perd pied… et a besoin de plusieurs longues secondes pour se reprendre.

Ce qui justifie sa quasi-absence. Ce qui explique le blanc, qu’il vit, avec ce bourdonnement dans les oreilles, ces vertiges, ce malaise.
Ce qui, en soi, lui permet de se dire que… non ; non. Il a dû se tromper. Il n’a pas bien vu. Il n’a… pas pu voir, non, là-haut, des gens armés.
Non. Non, non, non, non.
Ce n’est pas possible. Ce n’est pas vrai. C’est… une erreur. C’était… c’était pas ça, vraiment.


« P’tain. »

Son souffle revient, le contrôle aussi ; sa vue également.
Il redresse le visage, lui qui est à genoux, et file la jeune fille. Il la fixe, oui ; et l’entend.
Mais n’aime pas ce qu’il entend.


« Mais… »

Elle s’excuse.
Elle présente ses excuses, avec un vocabulaire riche et des manières ; de bonnes manières.
Mais, si la forme convient, c’est bien le fond qui le gêne ; l’énerve.


« Mais qu’est-ce qu… »

Il ne comprend rien. Il ne veut rien comprendre.
Mais s’empare, malgré tout, du collier transmis par la jeune fille – qui, néanmoins, se redresse ; se relève.
Et se met à courir !


« P’tain. »

Dane se relève, aussi. Malgré les douleurs, les vertiges, la fatigue, le malaise.
Il se relève, alors que la fille se précipite directement vers… les flots ; encore. Toujours, les flots.


« Mais p’tain ! »

Il ne comprend pas, ce qu’elle a dit ; et, là, il s’en fiche.
Il court.
Il force son corps fatigué, endolori, exténué – et court. Il force son corps, s’acharne, serre les dents, et… lâche les chevaux. Littéralement.

S’il est revenu blessé, avec quelques douleurs par-ci et par-là, il… est néanmoins revenu différent, d’avant son départ.
Dane Whitman est, littéralement, l’exemple-type de la condition physique optimale, pour un Humain normal ; vraiment. Il est au top de ses niveaux, de ses capacités, de ses forces, de son endurance, de son potentiel.
Il court, alors, oui.
Mais il court… vite. Et bien.
Et vite, vraiment.


« HEY ! »

Au point de la rejoindre, quand l’eau monte aux genoux de la fille.
Au point de s’emparer de son bras, sans douceur.
Au point d’utiliser sa force, pour la rejeter en arrière – et la projeter, comme une poupée de chiffon, plusieurs mètres en arrière.


« ÇA SUFFIT ! »

Serrant toujours le collier dans ses mains, Dane arrête difficilement sa course dans l’eau ; puis se tourne vers elle, désormais dans le sable, sûrement les fesses dedans, troublée et peut-être courbaturée.
Il s’en fiche. Elle l’a énervé.
Mauvaise idée.


« TU RESTES ICI ! OKAY ? »

Difficilement, du fait du courant, Dane s’approche des berges ; il remonte, et s’approche d’elle.
Il est énervé – mais il la voit ; et se souvient, ce qui arrive.
Puis se calme, bien sûr.


« Je… pardon. Je suis désolé. Je… je suis Dane. »

Il soupire, et parle soudain tout doucement.

« Et si… et si on s’posait, juste deux minutes ? »

Il vient s’arrêter, devant elle ; exténué, dégoulinant d’eau.
Mais debout.
Et, franchement… prêt à reprendre la course, si elle recommence.

Elle ne mourra pas, ce soir.
Quoi qu’il arrive, elle ne mourra pas !

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Ven 12 Oct - 9:59
Dane Whitman & Kara Killgrave


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I'll keep getting up the ground when you let me down. - Sia


La liberté l’envahit avec une simplicité qui lui donnait un sourire splendide. Or, l’inconnu la suivit – et brisa son seul instant de bonheur. La colère exhalait de sa personne, et une fois arrivé à proximité, la jeune femme ne sentit plus son bras droit. Elle se retourna vers un être humain colérique : prêt à l’attaque, agressif, avec le Syndrome d’Invincible. Une poigne de fer oppressa son avant-bras qui commença à prendre une couleur turquoise, rosacée et bleuâtre. La séquence de sa vue coupa, mais son atterrissage fut digne d’une invertébrée. La meilleure qui puisse être. Elle virevolta, dut rouler dans le sable plusieurs fois et finir à plat ventre. Lorsque ses paupières embrassèrent les grains blonds, sa tête se secoua de gauche à droite. Sans succès. Son visage restait décoré d’une couche très épaisse de sable mouillée.

Kara écouta l’eau et son courant, le vent qui s’était calmé, l’humain qui lui ordonnait de rester là, un être qui se déplaçait dans sa direction. Pendant ce temps, la jeune femme n’osait pas ouvrir les yeux ou la bouche. Elle tâta les alentours à quatre pattes. Des excuses provoquèrent la surprise chez la mutante qui craignait d’utiliser son pouvoir à son insu à tout moment. Il formula d’autres phrases que Mademoiselle Killgrave écouta Dane attentivement afin de ne pas le choquer – oui, cet homme avait trouvé le contexte idéal afin de se présenter. Ses mains se posèrent sur des pieds humides vêtus de chaussettes. Aussitôt, Kara se mit à genoux et indiqua son visage immaculé de sable au trentenaire. Elle attendit une bonne minute avant de se remettre parterre pour chercher la rive. Pendant ce temps, elle songea au Chevalier noir et à sa colère étonnante. Il mériterait de méditer pendant un quart d’heure afin de calmer ses nerfs – se dit-elle à son propre insu. Le redoutable pouvoir de suggestion venait d’affecter le Chevalier noir.
La jeune femme prit de longues et interminables minutes à rincer son visage, et chaque région de ce dernier avec une minutie remarquable. Elle en profita aussi pour retirer le sable, ennemi juré du sexe féminin, de son corps. Une fois ses téguments rafraîchis, la mutante releva son regard troublé en direction de Dane. C’est alors qu’elle remarqua sa gaffe. Il méditait, assis et les jambes croisés. Il avait une respiration très profonde.

Tout son être la suppliait de retourner se noyer, mais la bonté de son cœur la contrit à aider son prochain. Elle observa l’étranger furtivement, se permit d’esquisser un sourire dont la disparition fut immédiate. Se relevant sur ses genoux, la jeune Killgrave passa sa main droite devant lui – ce qui lui causa un gémissement de douleur assez intense - et comprit qu’il  semblait perdu à l’intérieur de lui-même. La mutante lui intima d’arrêter, en usant de sa pensée simplement – sans un seul mouvement. Une alchimie bizarre et inconfortable s’installa entre les deux personnages, tandis que la violette négligeait pour la première fois son plan initial de mettre fin à ses jours lors d’une pleine lune succulente.


« Je suis Killgrave…Kara Killgrave. »

Des mots : remplis de douleur, saignants à vif et prononcés d’un ton tranchant et sec. Sans une once d’humanité et d’une froideur semblable à la fraîcheur nocturne. La jeune femme croisa ses bras, plaçant ses mains sur ses épaules déjà recourbées à la pensée d’utiliser sa malédiction. Toutefois, la mutante redressa ses yeux dans sa direction : chaque iris commençait à scinder des couleurs distinctes d’un mélange incroyable. Lorsque l’émeraude rencontrait l’indigo, un mur de gris se dévoilait. Et à l’auréole de son œil droit, la couleur du sang qui croissait à la minute. Déposant une paume sur ses yeux qui la brûlait, Kara secoua sa tête pour se concentrer. Des sons lui revenaient : des grognements. Ce fut de cette façon qu’elle comprit sa douleur costale et thoracique, un brûlement persistant depuis son nouveau réveil. Elle frôla ses côtes pour s’assurer que chacune fut en place avant de tomber sur deux os brisés. La jeune femme les sentit en place, mais cette région si sensible lui confirma ses craintes. Sa main droite bougeait, mais elle sentait une micro-fracture sur son avant-bras droit ou encore une ecchymose gigantesque en forme de main qui prendrait deux mois à quitter son épiderme en raison de son anémie. La mutante garda ses bras croisés, et respira lentement pendant quelques secondes.

« Vous avez un visage de guerre…» trancha-t-elle afin de rompre le silence. Mademoiselle Killgrave planta ses yeux dans les siens, penchant son faciès neutre d’un côté puis de l’autre. Elle songea aux soldats, à son Amour et à son ancien beau-frère qui adoraient partir au combat jusqu’à un accident grave qui leur causèrent un état de stress post-traumatique permanent. Telle Kara qui peinait à sortir dans la ville pour ses commodités, contrôler chaque mot à l’intérieur de sa pensée et de sa gorge depuis le dernier drame qui avait mis à terre sa réserve d’espoir de vivre simplement avec ceux qu’elle aime. « Vous aidez les autres avant de vous aider vous-même… » À cet instant, la jeune femme sursauta. Elle se détourna de l’être humain pour regarder le parc qui longeait le fleuve au  plus haut. L’héritage des Killgrave ne cesserait jamais de la surprendre.

Des citoyens vêtus d’ombre s’y trouvaient. Armés, fébriles, de tous les âges et de tous les sexes, chacun pointait une arme au ciel. Ils étaient tous revenus à partir de l’instant ou la jeune femme fut jetée dans le sable. C’est d’un seul clin d’œil que la jeune femme ordonna  son interlocuteur de rester immobile, et à tous les autres de reprendre leur chemin en direction de leur demeure. Une répétition; une fois de plus, ils quittèrent leurs postes et retrouvèrent leur propre personnalité. Des applaudissements fusèrent même des hauteurs – des innocents atteints de l’héritage des Killgrave. Kara se releva, sans libérer sa victime de son immobilisme. Un tour autour de lui puis deux suffirent à créer une ambiance morbide. Son regard devint d’une tristesse sans précédent : le gris prit un jaune iridescent, semblable à l’or – pendant que l’émeraude continuait d’envahir son indigo
. « Est-ce agréable? Est-ce une sensation unique que de voir son corps être contrôlé par une autre personne? Est-ce une soirée adorable en bonne compagnie? Êtes-vous seul ou avec une Killgrave? Qu’en pensez-vous? » Un ton sec qui se voulait sadique, une troisième tournée interrompue par sa silhouette maigre qui trouva aisé de s’accroupir près de son tympan gauche, y mordant la chair jusqu’au sang : « Écoutez. Je peux faire n’importe quoi à n’importe qui. Une pensée. Une parole. Tout le temps. Comment puis-je trouver la paix? »

Ce même ton détestable dont l’humanité s’annonçait absente. Le silence. Les sanglots. Une larme qui quittait les paupières de Kara et longer la tempe du Chevalier noir lorsqu’elle se relevait avec un soupir de douleur. La mutante fixa le fleuve un long moment avant de réussir à libérer l’être humain de son pouvoir, y prenant siège. Kara alla s’asseoir devant le fleuve, et y déposa ses pointes glacées. Elle délaça chaque ruban avec précaution avant de révéler des chaussons ensanglantés.  La ballerine déplia ses talons et ses orteils vêtus de cuir dans l’eau froide avant de prendre l’un de ses souliers et d’y chercher la semelle : du métal. Une pièce de métal rectangulaire épaisse et redoutable par ses côtés aiguisés.

Sa main droite jeta l’outil dans le sable : face à Dane dont l’expression valait tout l’or du monde en cet instant. Damoiselle Killgrave observa la nuit magnifique et dont les vents torrentiels l’enivraient avant de redonner son attention au Chevalier noir.
« Parlez-moi de vous! Avant ma Fin...» La mutante dont le jeu valait la chandelle, essuya ses larmes d’une main gauche avant de ressentir davantage de ces dernières. Elle s’allongea dans le sable, prête à embrasser la souffrance de dévorer son âme.



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Lun 15 Oct - 11:44
Il ignore ce qui lui arrive, ce qui lui est arrivé, mais…
Non.
Non, c’est faux.

Il n’ignore pas ce qui lui arrive, ce qui lui est arrivé ; il sait.
Il sait, depuis qu’il n’a plus maîtrisé son corps. Il sait, depuis qu’il a senti ses muscles, ses membres agir sans son accord. Il sait, depuis qu’il a été forcé à se placer en position de méditation, de paix – un comble, une injure pour lui, presque plus forte encore que ce qu’il se passe.
Il sait, depuis qu’elle a lâché puis repris puis relâché le contrôle ; il sait.

Elle le contrôle. Elle le gère. Elle le mène.
Elle le contrôle, oui.

S’il n’a pas l’expérience des Avengers, s’il ne sait rien des Killgrave, Dane Whitman a vu et fait beaucoup, aux Croisades ; il a fait énormément, mais il a vu encore plus.
Des horreurs. Des abominations. Des massacres.
Du surnaturel.

A sa grande surprise, les surhumains ne sont pas uniquement apparus aux XXe et XXIe siècle : le Passé disposait également d’êtres aux capacités dépassant la normale… et il en a vu ; même si, à l’époque, ils étaient considérés comme des Djinns.
Il en a vu. Beaucoup.
Des bons. Des mauvais. Des neutres. Des ambivalents.
Mais, surtout… des perdus ; des paumés. Des terrorisés, par ce qu’ils font, ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils font sans le savoir.

Comme elle.
Ou presque, en fait.

Dane grogne, lutte, conteste, rejette ; rage.
Mais rien n’y fait.
Il ne réagit pas. Il ne bouge pas. Il reste, sous son influence… sous son contrôle. Il reste à elle.

Ho, évidemment, elle relâche la bride ; elle module le contrôle. Elle le libère, et il halète comme un assoiffé, un asthmatique, un marathonien après l’effort… mais cela ne dure pas.
Elle reprend ; elle lâche.
Puis reprend. Puis relâche.

Sa pensée se trouble, sa vue aussi. Il ne suit plus, ne comprend plus ; ne sait plus combien de fois elle l’a repris, puis relâché.
Il est perdu. Mais une chose demeure.
Elle le contrôle.
Elle est perdue, évidemment. Elle a peur, elle est paumée, elle a voulu se suicider à cause de cela, et doit lutter contre elle-même pour éviter que tous, autour, soient sous son contrôle – ainsi perdu, ainsi abandonné en lui-même, Dane serre les dents et se concentre sur l’ailleurs, pour ne pas devenir fou. Il voit, alors, tous ceux qui approchent, puis s’en vont.

Il sait, alors.
Elle est perdue, paumée, terrorisée.
Mais. Elle. Le. Contrôle.

Alors.
Alors, quand elle le libère. Alors, quand le contrôle s’évapore. Alors, quand elle a terminé ses explications qui ne sont, hélas, pas limpides pour lui. Alors, quand elle a fini de le décrire, plus précisément qu’il ne le pensait. Alors, quand elle lui demande de parler de lui, après s’être emparé d’éléments pour acter cette fin qu’il évoque…
Il se lève.
Il parle, car elle l’a demandé ; mais il se lève.


« Je suis Dane Whitman. J’étais un génie de l’électronique, qui devait devenir un cadre de Stark Industries quand j’ai dû aller en Europe, pour un héritage. »

Il ne peut s’empêcher de parler, car elle l’a demandé.
Mais il s’est levé et, cahin-caha, s’approche de son manteau, laissé à quelques mètres.


« Par une nuit sombre, j’ai erré dans le château que j’avais obtenu, et je suis touché sur une épée ancienne. Je l’ai touchée, et j’ai été transporté à la fin du XIIe siècle, aux Croisades. J’y ai passé six ans, à combattre pour survivre, puis à essayer d’aider les civils et innocents dans cette guerre abominable. »

En tremblant, car toujours troublé, il ouvre le manteau, et cherche avidement à l’intérieur.

« Je suis revenu il y a peu, sans comprendre pourquoi ou comment. J’ai sollicité de vieux contacts, et je suis parvenu à revenir en Amérique parce que Vision, des Avengers, a confirmé mon histoire. Les Avengers m’ont accueilli parmi eux. »

En serrant les dents, il relève encore le manteau d’une main – et pose, alors, ses doigts libres sur quelque chose.

« Je suis maintenant membre des Avengers. »

L’effet est immédiat.
Un signal d'appel, une demande d'aide est formulée.


« Et je viens de les appeler au secours. »

Il sort l’objet du manteau – un boîtier électronique classique, portant le design de Stark Industries.

« Ils pourront sûrement vous aider, autant qu'ils m'ont aidé moi-même. »

Dane pousse un profond soupir, et secoue la tête.
Il ne se maîtrise pas, ne se contrôle pas ; est entièrement sous sa coupe. Il déteste cela, autant que de s'être livré ainsi... mais cela pourrait peut-être bientôt changer.
Il l'espère de tout coeur.


« En attendant, à quelles autres questions puis-je répondre ? »

Le cœur plein d'espoir, bien sûr.
Mais ignorant, hélas, que son boîtier a été endommagé par la chute de la veste, quand il a couru pour la sauver ; le signal n'est pas envoyé.
Il demeure seul. A sa merci.
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Jeu 18 Oct - 8:21
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

I was born in a thunderstorm. I grew up overnight. I played alone, I played on my own. I survived. - Sia

Toute sa tête lui criait de ne pas le croire, mais son cœur savait discerner les gens. Toutes ces années à les observer en retrait, en attendant de voir qui possédait une âme bonne ou méchante. Certes bien des cas naviguaient dans les eaux grises – tel avait toujours été le sien. Kara Killgrave écoutait attentivement – et ce qu’elle observait lui indiquait que ces aventures héroïques n’étaient pas des mensonges. L’impact de sa maladie sur lui, ses gestes et son ton ne pouvaient pas être responsables d’un état de monomanie aussi riche dans le domaine du fantastique.

Dane Whitman affirmait faire équipe avec les Avengers, et les avoir rejoint avec une boîte métallique qu’il tenait en main depuis les dernières minutes. La majorité des Killgrave aurait probablement utilisé leur pouvoir de suggestion afin de le contrôler. Et sa famille biologique avait un talent particulier d’utiliser tous leurs moyens afin d’arriver à leurs fins. Or, il y avait du nouveau dans l’âme de la violette. Et elle refusait de se l’admettre. Des phrases simples, expéditives qui témoignaient d’une histoire qu’elle n’aurait jamais dû connaître. Le visage de l’homme qui s’était approché de son manteau était éclairé par un lampadaire à proximité. La mutante se retourna en direction du voyageur du temps de jadis, et le regarda.

Vraiment.

La relâche fut immédiate. Sans un ordre lancé, sans une pensée vagabonde. Le pouvoir de suggestion ne pouvait plus atteindre Dane Whitman. Les tempes de la mutante continuaient de se glacer avec des pleurs silencieux, alors que son visage semblait prendre d’autres couleurs – d’autres sentiments. Peut-être était-ce du regret, de la culpabilité, de l’admiration. Peut-être était-ce son passé tragique, horrible qui lui évoquait le sien. Peut-être était-ce cette idée folle de voir une figure paternelle idéalisée en cet homme qui n’avait aucun attrait de son géniteur : c’était avec certitude l’acte de lui avoir sauvé la vie, de lui offrir de l’aide sans attendre quoi que ce soit en retour qui la fascinait – des gestes qu’aucun être humain ne lui avait offert auparavant depuis sa mutation.

Et elle, ses seuls remerciements furent d’utiliser son pouvoir par accident puis volontairement, de lui dénouer la langue sur des secrets professionnels et avant tout, personnels – tout en recommençant un deuxième tour de carroussel. Kara l’ignorait, et conservait ses distances en attendant avec un calme exemplaire malgré le fait qu’elle était plongée dans ses propres pensées.

D’un pas lent, elle s’avança en direction du Chevalier noir. Sa silhouette maigrichonne se dessina sous la lumière soudainement. Une chair violette décorée de cicatrices épouvantables et d’ecchymoses se profilait. Un regard en mosaïque dont la couleur de soulait indéfinissable. À trois mètres de son interlocuteur, elle se plaça à genoux. Sa faiblesse devenait évidente, tandis qu’une seconde ecchymose en forme de main plaquait sa zone cardiaque. Son avant-bras droit, agrémenté de la même symbolique repoussa des boucles derrière son oreille. Seulement, la tristesse détaillait maintenant son faciès d’un mauve très pâle – de plus en plus pâle. Des tremblements parcouraient ses doigts glacés. Un regard furtif à l’horizon montrait l’étonnement vis-à-vis de l’absence de renforts. Depuis cinq minutes, la mutante n’avait plus porté préjudice à l’homme qui se tenait à quelques mètres de sa personne.


« Vous présenter des excuses ne sera pas suffisant. » Une voix douce qui pataugeait pour formuler ses idées correctement. « Je vous promets de ne plus jamais vous infliger ‘’ça’’ de nouveau. » Ses yeux regardèrent l’humain en posant ses mains pourpres sur ses cuisses nues. Sans oser affronter un contact visuel continu, elle détourna son visage avant de s’obliger à lui faire face de nouveau. Le ruban sur son épaule gauche lâcha, l’obligeant à retenir sa robe de tomber malgré son milieu déchiré avec ampleur. Des mains timides en refirent le nœud d’une rapidité fulgurante tout en essuyant ses joues.

« Monsieur Whitman, je vous présente mes excuses les plus sincères. » Chaque mot appuya un sentiment de vérité bel et bien présent. Le regard fixe, incrusté dans celui de son interlocuteur, Kara attendit davantage en ne bougeant pas d’un fil. Elle finit par déposer une paume sur la terre avant de se tourner vis-à-vis du fleuve.

Blessée, ses doigts cueillirent le sang qui bordait ses lèvres avant d’en révéler la couleur bleutée. Son thorax se déplaça vers l’avant, pendant que la jeune Killgrave utilisait ses mains pour se redresser debout en tenant ses côtes des deux côtés. Chaque membre de cette femelle semblait composé d’os et de muscle – au minimum comme si sa vie n’était qu’éphémère. Sa tenue dévastée laissait présumer à un passé de danseuse classique. Des chaussons ensanglantés quittèrent la clarté des lieux, alors qu’une chevelure lilas et pêche ondulait vers les flots de nouveau. Debout, pour quelques secondes, le temps d’un pas suivit de l’autre avant de s’effondrer parterre. Elle roula sur le ventre pour avancer à quatre pattes. L’un des rubans blancs qui figuraient au cœur de sa chevelure violette perdit son nœud avant de choir au sol avec une seringue à son bout. La mutante arrêta son mouvement en recevant ce son. La vitre résonna sur le sol, roulant, saine et intacte. Kara Killgrave prit la peine de se relever une fois encore, une fois de trop avant de poser un genou parterre devant ses vertiges.


« Vivre dans une cage…pour ne blesser personne. »
Un silence, un gloussement à mi-chemin entre un sanglot étouffé et du sang ravalé. « Et ce couteau dans mon cœur… Il y a tellement de mal dedans et dehors… » Des phrases entrecoupées de pleurs silencieux, pendant que ses mains repoussèrent ses longues mèches violacées. « Comment faîtes-vous pour trouver l’espoir? » À cet instant, Kara se releva d’un pas chancelant. La jeune femme rouvrit ses yeux illuminés dans la pénombre. Leur indigo se perçait d’or enflammé d’azur.

« Je suis un démon! Personne ne peut m’aider… » L’air sérieuse, un brin délirante, la jeune Killgrave embrassa la noirceur de nouveau – ne pouvant supporter la proximité d’un être humain plus longtemps- elle devait s'isoler. Le souffle anxieux, elle tenta de se calmer en griffant son avant-bras jusqu'au sang.



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Jeu 18 Oct - 14:39
« HUUUUUUU ! »

Un beuglement guttural s’échappe de la gorge de Dane Whitman ; similaire à la première respiration, bruyante et douloureuse, d’un homme échappant à la noyade.
La comparaison est plutôt bonne – il se sentait bien submergé, oui. Moins par l’eau, que par une volonté extérieure et surtout supérieure à la sienne.


« Han… han… han… »

Sans s’en rendre compte, il chute au sol – et halète, difficilement.
Grimaçant à chaque respiration. Sentant son corps toujours crispé, rongé par la douleur et le déplaisir absolu d’être mû par un autre que lui ; une autre, plutôt.
Une autre, plutôt proche.


« Ha… ha… haaa… »

Ses poumons lui brûlent ; ses yeux lui piquent, et il se sent mal.
Mais il s’en occupera… plus tard.


« Pu… p’tain. »

Il redresse le visage, et plonge son regard sur le visage… sur son visage.
Elle.
Celle qui l’a contrôlé. Celle qui l’a possédé. Celle qui a fait ce qu’elle voulait de lui.
Celle, donc, qu’il regarde.
Mais… sans haine. Sans rage. Sans violence.


« A… arrête. »

Sa voix est faible, étouffée ; il le remarque. Ça ne lui plaît pas.

« C’est… stop. Stop. S’il… te plait. »

Mais elle parle, encore ; Kara Killgrave parle.
Elle présente ses excuses. Elle s’engage à ne plus réutiliser ses pouvoirs sur lui, ainsi.
Puis, elle se détourne.
Puis, elle cache la nudité et les formes qu’il pourrait entrevoir, mais qu’il n’a même pas remarqués ; il s’en fiche. Non pas à cause de la douleur, du sentiment si étrange qui règne en lui depuis qu’il a retrouvé le contrôle de lui-même – depuis qu’il est redevenu lui-même.
Mais parce qu’il s’en fiche.


« C… c’est pas… »

Elle se détourne de lui, elle se cache, elle se protège ; elle rampe. Pathétique, évidemment, mais on le serait à moins – et lui-même est brisé, anéanti par l’événement.
Mais il continue. Il rampe. Il se redresse, puis chute ; puis se relève. Et s’avance.
Vers elle.


« Put… »

Son pied dérange la seringue, et il grimace ; il n’aime pas ça. Il n’aimait déjà pas, avant le voyage ; il n’aime toujours pas. Mais il s’en détourne, ne s’en occupe plus.
Il s’avance. Il s’approche.
Il la rattrape.


« A… arrête. »

Il pose sa main sur son épaule et, d’un geste, force la jeune fille, similaire à une petite chose fragile, à se tourner vers lui ; dans un mouvement si fort, qu’il craint de la blesser.

« Arrête. Vraiment. »

Dane respire mieux, se contrôle mieux ; bien.
Ça va être très utile.


« T’es pas un démon. T’as pas à vivre dans une cage. T’es… »

Lentement, son regard va du visage de la jeune femme, à ses pieds ; détaillant chaque aspect, chaque élément.
En s’attachant non pas à ses charmes, mais à ses spécificités. Cicatrices, blessures, éléments qu’elle veut cacher, mais que la situation a révélés ; il voit tout. Et il choisit, alors, d’agir en conséquence, en connaissance.


« L’espoir s’trouve pas seul. Il s’trouve… chez les autres. »

Sa main sur l’épaule glisse ; dans le dos de Kara. Et, d’une pression, l’approche de lui.

« T’es pas un démon, p’tite. »

Il esquisse un sourire, rendu difficile par les événements et la douleur ; mais sincère, dans l’objet et le geste.

« T’es… t’es quelqu’un qui s’est excusée, et s’est arrêtée ; souviens t’en. Tu t’es arrêtée. Tu es quelqu’un qui s’arrête. »

Son autre main se lève, et vient se poser dans le dos de Kara ; ils sont encore plus proches.

« T’es pas un démon, p’tite. Ou alors… »

Il presse, encore – et leurs corps se rejoignent ; se collent l’un à l’autre.
Dans une étreinte, inattendue mais forte. Intense.


« … un type possédé par une épée extraterrestre l’est, aussi. »

Dane force le crâne de Kara à glisser dans son cou, et tente de la caresser, doucement, pour la calmer ; l’apaiser. La rassurer.
Lui montrer, enfin, que quelqu’un peut l’aider. Et même l’accepter, si elle le permet.


« Et les démons s’entraident alors, p’tite. »

Même si ça fait peur. Même si ça fait mal. Même s’il ne sait rien d’elle – mais il s’en fiche ; il sait ce qu’elle doit savoir.
Kara Killgrave a un pouvoir extraordinaire, qui la dévore, et la pousse à plonger dans des dérives… mais elle s’arrête ; elle est quelqu’un qui s’arrête, et est hantée par ce qu’elle fait. Ça lui suffit.
Elle a besoin d’aide ; il est là. Le reste n’a pas d’importance.

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Dim 21 Oct - 7:17
Dane Whitman & Kara Killgrave


We Fall to Rise...

Well, I've got thick skin and an elastic heart. But your blade - it might be too sharp. - SIA

L’âme envolée, la jeune Killgrave fixait ses ongles crever son épiderme qu’elle aberrait tant. Du sang y coulait déjà, alors qu’une main plaquait son épaule afin de la détourner des flots et lui faire face de nouveau – à son sauveur. Elle résista, refusa de se laisser mener. Certes sa force physique était grandement supérieure à la sienne, de même que toutes ses capacités d’attaque probablement. La jeune mutante virevolta et manqua de faire trois tours s’il ne l’avait pas retenu de cette même poigne.

Ses deux mains tentèrent de dégager la sienne, mais rien ne put l’aider. Dépourvue de toute compréhension envers son geste, Dane Whitman prit la parole pour lui intimer d’arrêter…Il devait faire mention de ses actes autodestructeurs certainement ou de son comportement en tant que tel. Les bras croisés et le regard détourné sur le côté, son intuition sentait que l’être humain la voyait – elle. Elle le sut en jetant un regard terrifié dans sa direction. La respiration de la violette devint rapide, cherchant à s’éloigner lorsqu’il se rapprochait et essayant de le repousser de ses avant-bras. L’instinct de survie, de contrôle tentait d’utiliser son pouvoir de nouveau, mais son âme refusait – son émotion le lui interdisait.

La main qu’elle sentit dans son dos la laissa de glace, tandis que des yeux blessés dans leur orgueil et leur détresse en fixèrent le responsable. Et bientôt, ce fut pire encore. Sans pouvoir exprimer un mot, Kara buvait ses paroles sans le vouloir : il affirmait être un démon, car une épée avait volé son âme, et entre eux de la même espèce; ils devaient s’entraider. Prisonnière d’une étreinte dont l’intensité la surprit, damoiselle Killgrave cessa de répliquer. D’autres larmes coulèrent sur ses tempes, pendant que son visage était contraint de se nicher sur son cou. Son souffle redevint calme. Kara sentait ses côtes, mais n’en dit rien. Des mains ballantes qui n’avaient fait que repousser le trentenaire osèrent se poser sur son dos à lui. N’ayant connu que la proximité de deux personnes au courant de sa vie, la jeune Killgrave se remémora le visage de Mélanie Wheden, de son nom de jeune fille, qui la fit frissonner de terreur et d’adoration.

Le fantôme de l’homme de métal rendit son cœur frigide rempli d’émotions qu’elle détestait. Ses doigts se décrispèrent et vinrent enlacer le Chevalier noir contre sa volonté. Quelques tressautements surgirent de sa cage thoracique, alors que sa silhouette tremblait légèrement. Kara sentit une main frotter ses boucles d’un geste lent, d’une douceur qu’elle n’avait plus connu depuis son dernier jour avec sa génitrice. Depuis ses douze ans. Elle avait arrêté de compter son âge depuis cette époque de madeleines, de chaussons et d’amour maternel.

En tournant son visage vers ce dernier, une voix trahie de détresse reteint ses pensées. Un silence lourd s’ensuivit sans même prendre en considération la jeune femme qui semblait de plus en plus légère par rapport à son ton :
« Penser, parler sans se soucier… » Une hésitation à poursuivre sa déclaration : « De blesser, de tuer, de manipuler.  » Ses premières paroles commençaient à prendre du sens lentement. La jeune Killgrave baissa son regard tout en laissant d’autres larmes rejoindre leurs sœurs : « Ça, cela ne s’est jamais arrêté avant aujourd’hui. Vous devez être immunisé à ma maladie. »

Cette dernière phrase virulente de vérité à moitié, tandis que l’autre avait le parfum du mensonge. Cela se voyait dans ses yeux complexes qui se détournèrent. Kara n’oserait jamais donner des explications à ce phénomène. Ceci la paralysa après s’être s’éloignée du Chevalier noir d’un pas soudain. Elle regardait le coupable des yeux, probablement un trentenaire d’après les traits de son visage. Ses yeux en mosaïque fluorescentes parcoururent les cieux puis l’horizon sans apercevoir aucun mouvement suspect. Elle soupçonna son manège être faux, mais s’abstint d’en porter une seule mention. Un frisson la parcourut, alors que la nuit froide, forte faisait battre les saules pleureurs au gré de son tempérament.

N’ayant pas dormi ou mangé depuis quatre jours, car planifier sa mort avait été aussi complexe qu’organiser une pièce de théâtre et chaque détail l’avait obsédée au point de la rendre malade, elle notifia son pas plus chancelant et léger qu’à l’habitude. Déposant son regard sur Dane, qui avait mis fin à son manège, elle tenta de cacher son état de faiblesse d’un silence courtois. La jeune Killgrave s’empêcha de se détourner, et s’obligea à rester à proximité de l’être humain. Quelque chose semblait la tracasser de rester à une distance si minime d’une autre personne. Toutefois, ses lèvres formèrent un sourire figé par sa discrétion. Son désir devenait de faire diversion.
 

« Vous possédez un château magique et une épée extraterrestre… Avez-vous un Pégase qui vous accompagne, Monsieur Whitman? »  

La jeune Killgrave avait pourtant formulé sa question avec un sérieux sidérant. Sa curiosité semblait flagrante, pendant que ses mains se posèrent sur ses épaules en raison de la nuit tendancieusement glacée. Des nuages cachèrent la lune ronde et splendide. Une bruine vint bercer le parc et se déposer sur la suicidaire et le héros.


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Lun 22 Oct - 9:55
Kara Killgrave a cessé de fuir ; elle s’est arrêtée.
Au moins physiquement.
Car, Dane le sent, elle est loin d’avoir cessé sa fuite mentale, psychique, psychologique – mais qu’importe. Chaque quête commence par un premier pas, une première décision.
Celle de s’arrêter, ici ; de lui laisser une chance, d’aider.


« Bien. »

Sa voix est rauque, un souffle à peine ; réminiscence d’instants récents, terribles, de possession, mais déjà oubliés. Il essaye, en tout cas.
Sans attendre, il prolonge l’étreinte, le moment. Il la colle à lui.
Et se surprend, aussi, à soupirer ; d’aise, de soulagement. Elle accepte. Elle accepte sa proposition, sa demande, sa supplique.
Elle accepte de ne plus courir – de se coller à lui ; de se poser, enfin.

Elle parle, ensuite. Elle explique.
Elle essaye, au moins.
Et lui suit – ou essaye, aussi.

Alors que Kara Killgrave niche son doux visage dans son cou, alors qu’il tente de l’apaiser par des gestes doux et simples, mais tellement étrangers à ses mains devenues si brutales et mortelles pendant les six dernières années… elle parle ; et il écoute.
Elle parle, oui. De sa peur. De ses peurs.
De mal faire. De faire pour les autres. De décider, pour les autres.
De sa malédiction. De sa maladie. De sa damnation.
Il écoute, alors ; il enregistre. Il glisse les éléments dans son esprit, pour les analyser plus tard. Pour envisager comment il pourrait être immunisé à une maladie… à une capacité, qu’elle a pourtant usé sur lui – ça ne colle pas, clairement.
Mais il évacue ces pensées ; plus tard. Il s’en occupera, plus tard.


« Je… »

Dane mouille ses lèvres, rendues sèches par l’eau de mer et les événements. Il tente de donner plus de vigueur à sa voix, brisée par le contrôle.

« Je… sais pas. »

Il esquisse un sourire timide.

« Mais… j’suis content. »

Un soupir suit, léger.

« J’veux t’aider. »

Et il sent, au fond, qu’elle est réceptive.
Même si, soudain, il en doute – quand elle bouge. Quand elle recule. Quand elle quitte, croise les bras, et fixe ses yeux étranges sur elle.
Un frisson parcourt, pour une seconde, son échine ; la peur. La peur que ça recommence. La peur que le contrôle revienne. La peur qu’il se perde, encore.
Mais cela ne dure pas.
Le frisson s’évapore ; il se contrôle, lui. Et il veut l’aider, elle. Quels que soient les risques.

Elle reparle, alors ; elle l’interroge.
Mais différemment.
Comme… une enfant. Comme… une gamine. Comme… une innocente.
Comme une gamine innocente, perdue ; paumée dans ses pouvoirs, et sa vie. Le reliquat de vie qu’elle doit avoir, depuis que tout cela a commencé – il le comprend. Il commence à le comprendre.


« Ha. »

Il esquisse un sourire sincère, enfantin également ; et répond.
En gardant les bras le long du corps – tout sauf agressifs. Pour la rassurer.


« Pas encore… mais j’y travaille. »

Un léger ricanement s’échappe de sa gorge.

« Mais… j’ai mieux. »

Il se tourne, légèrement, pour offrir une partie de son profil à Kara ; et laisser, l’autre, vers la route. Si proche, mais si loin également.

« Les taxis new-yorkais… paraît que ça vaut tous les pégases. J’attends d’voir, mais… ça peut être utile. »

Dane lève sa main, siffle furieusement – et hurle, ensuite.

« HEEEP… TAXI ! »

Un cliché ambulant, clairement ; mais ils sont à New York, dans un quartier perdu, là où une foule s’est amassée. En présence d’une surhumaine, et d’un type maudit par une lame asgardienne.
Un taxi qui arrive maintenant, ce serait le moindre des miracles, non ?


VROUM

Et le taxi arrive, et vient stationner à quelques mètres.
Dane, alors, se tourne vers elle, et l’invite de la main ; avec un immense sourire, qui se veut doux et rassurant.


« Viens. Je… on peut parler. On peut voir. On peut… au moins manger, okay ? Juste manger. Laisse-moi te donner un peu à manger, okay ?
J’demande rien d’autre ; juste t’aider. Et… et j’t’en dirais plus, alors. Sur moi. Si ça te dit. »


Il sourit, et attend alors ; espérant, sincèrement, qu’elle accepte.
Car, franchement, il n’a aucune envie de se remettre à courir maintenant !

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